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24/08/2014

Karen Blixen, Judith Thurman

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La Ferme Africaine fait partie de mes livres préférés et comme je suis partie quelques jours au Danemark cet été, j'ai voulu me plonger dans une biographie très riche ( 800 pages!) sur Karen Blixen. Pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur danoise du Xxe siècle, sa vie a été portée à l'écran par Sydney Pollack dans Out of Africa. La superbe Meryl Streep prête ses traits à Karen Blixen.

Les premières pages de cette biographie reviennent sur la vie des parents de l'auteur et sur leurs antagonismes: sa mère était une bourgeoise élevée pour être une jeune fille parfaite alors que son père aristocrate était très libre, il a parcouru le monde et vécu avec des Indiens.

Ces premières pages sont parfois un peu longues mais elles sont toutefois intéressantes et importantes pour comprendre les paradoxes de la personnalité de Karen Blixen.

Le lecteur vit avec Karen Blixen son enfance, le suicide de son père et il la suit jeune fille à Paris alors qu'elle étudie l'art. Ayant une vingtaine d'années et ne trouvant pas d'époux, Karen Blixen étouffe dans son pays et cherche par tous les moyens à le quitter. Ce moyen se présente alors sous le visage de son cousin suédois Bror Blixen qu'elle épouse à condition qu'ils partent ensemble pour un pays lointain. Ce sera l'Afrique. Ils achètent une ferme au Kenya, plantent du café et Karen Blixen tombe alors amoureuse de ce pays et de ses habitants. Alors que son époux prend de multiples maîtresses et ne l'aide pas à la ferme, elle tombe sous le charme de Denys Finch Hatton, un anglais qui organise des safaris.

La passion de Karen Blixen pour l'Afrique durera toute sa vie alors même qu'elle aura fait faillite, qu'elle aura perdu sa ferme et qu'elle sera forcée de rentrer au Danemark. Elle écrira alors des contes mais aussi La Ferme Africaine qui était en lice pour recevoir le prix Nobel de littérature.

Le film Out of Africa s'arrêtant à son retour d'Afrique, je ne raconterai pas le reste de sa vie au Danemark pour ne pas tout vous révéler.

 

Pour conclure cette biographie sur Karen Blixen est très plaisante à lire. Judith Thurman réussit à transmettre de manière passionnante la formidable et très riche vie de Karen Blixen.

 Fanny

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09/08/2014

Les Roses de Somerset, Leila Meacham

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Le roman s'ouvre sur une dispute entre Mary Toliver, l'héroïne âgée alors de quatre-vingts ans et son notaire. Mary, malade et connaissant son espérance de vie limitée, décide contre toutes attentes de déshériter sa nièce Rachel de sa plantation de coton alors qu'elle y a consacré sa vie. Rachel, véritable double de Mary, est passionnée par la plantation et toute désignée pour reprendre la suite. Le choix de l'héroïne est donc totalement incompréhensible et elle se trouve confrontée aux supplications du notaire qui lui demande de revoir sa décision. Mary, inflexible, désire expliquer son choix à sa nièce avant que ce dernier soit rendu public mais elle meurt peu avant. Pourquoi Mary Toliver, viscéralement attachée à la plantation de son grand-père et de son père décide-t-elle au dernier moment de déshériter sa nièce au profit d'un de ses vieux amis? Le roman est une réponse à cette question. 

Le lecteur remonte alors dans le temps et dans les souvenirs de Mary pour comprendre le choix de l'héroïne. La vie de Mary nous est révélée petit à petit et contient des secrets, des non-dits, des amours contrariées, des sacrifices, des incompréhensions entre les personnages et une mystérieuse malédiction. L'histoire de la famille Toliver se répéte à l'infini et seule l'héroïne semble être capable d'arrêter ces schémas familiaux qui sont devenus des cercles vicieux.

Alors que Mary n'est qu'une jeune fille, son père meurt et lui lègue toute la plantation en excluant de l'héritage son épouse et son fils. L'attachement viscéral de Mary et son combat permanent pour conserver sa plantation de conton débute par des jalousies et disputes familiales. Elle sera accompagnée dans cette entreprise par deux figures masculines qui lui seront fidèles chacun à sa manière durant toute sa vie: Percy Warwick patron de scieries et Ollie Dumont qui possède de grands magasins en ville. Les trois amis sont liés par une histoire commune: ils sont des descendants des familles qui s'opposèrent durant la guerre des Roses en Angleterre et qui finalement devinrent alliés lors de leur émigration en Amérique. Ils perpétuèrent cependant la tradition de cultiver des roses rouges et blanches qu'ils s'échangent pour demander pardon (la rose rouge) et pour accorder un pardon (la rose blanche). Ces trois personnages sont très attachants et j'ai particulièrement été touchée par la relation des fils d'Ollie et de Percy.

J'ai particulièrement aimé la narration à trois voix qui nous fait entendre l'histoire de Mary mais aussi de ces trois familles tour à tour racontée par l'héroïne, puis par Percy et enfin par Rachel. J'ai également aimé le traitement du temps et l'étendu de l'histoire sur plusieurs générations qui nous permet de parcourir de grands événements historiques comme la seconde guerre mondiale. C'est un roman prenant qui fait voyager le lecteur dans le temps et dans le sud des Etats-Unis en compagnie de personnages touchants.

 

Fanny

07/08/2014

Avec vue sur l'Arno, E.M Forster

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 Lucy Honeychurch, jeune fille de la bonne société, voyage à Florence en étant accompagnée par une cousine vieille fille. Tout débute par un souci d'ordre pratique: Lucy et sa cousine avaient réservé dans leur pension des chambres avec vue sur l'Arno seulement voilà, les chambres sont déjà occupées par un monsieur jugé grossier par les gens bien comme il faut et par son jeune fils: Les Emerson. Ces derniers, comble de l'impolitesse, proposent de laisser leur chambre avec vue sur l'Arno aux demoiselles qui acceptent finalement en étant choquées par leur comportement. Suite à cette rencontre inconvenante, Lucy et sa cousine découvrent Florence et rencontrent une série de personnages tous porteurs de la bonne morale. Florence offre à la jeune fille une éducation sensible et sensuelle qui empiète peu à peu sur l'éducation stricte qu'elle a reçue depuis son enfance. Alors que Lucy est témoin du meurtre d'un Italien lors de l'une de ses escapades en ville, elle s'évanouit et George Emerson la ramène à la pension. Il ose lui voler un baiser. Honteuses, Lucy et sa cousine quittent Florence pour Rome.

Une ellipse temporelle nous permet de retrouver Lucy fiancée à Cecil, un jeune homme snob et prétentieux qui méprise sa famille, ses connaissances et son éducation. Cependant, Lucy n'est plus la même depuis Florence et le retour des Emerson qui louent une maison tout près de la sienne va semer des doutes dans l'esprit de l'héroïne.

J'ai trouvé que les cent premières pages du roman étaient un peu longues car les actions sont très peu nombreuses et les conversations lentes mais cette lenteur est nécessaire pour permettre au lecteur de se plonger dans cet univers du début du XXe siècle étouffé par une successions de conventions qui rendent la vie pesante.  L'auteur use également de l'humour pour se moquer de cette société. Le reste du roman est un délice. Certaines pages, particulièrement sur la condition des femmes, sont sublimes. Le lecteur prend plaisir à suivre l'apprentissage de Lucy qui doit se trouver et s'affirmer mais qui doit également faire un choix entre deux hommes et deux conceptions de la vie. Enfin, les personnages ne laissent jamais indifférents, certains sont détestables et d'autres admirables comme Monsieur Emerson ou drôles comme le frère de Lucy. Avec vue sur l'Arno est donc un très beau roman à lire au plus vite.

Fanny

Lu dans le cadre du challenge Les 100 livres à lire au moins une fois chez Bianca

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29/07/2014

La curiosité est un péché mortel, Ann Granger

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Lizzie Martin, qui ne supporte plus sa tante et que sa tante veut envoyer au loin, se rend à New Forest pour tenir compagnie à une jeune femme: Lucy. Elle a perdu son bébé et clame à qui veut l'entendre qu'il n'est pas mort et qu'on le lui a enlevé. Lucy vit dans un village isolé avec ses deux tantes vieilles filles. Mais les choses tournent mal lorsqu'un personnage inquiétant, un chasseur de rat, est retrouvé assassiné dans le domaine des deux vieilles filles. Alors qu'elle a faussé compagnie à Lizzie, Lucy est assise e à côté du mort lorsqu'il est retrouvé, les mains tachées de sang et les soupçons se portent bien facilement sur elle.... Lizzie comprend que la jeune fille, à laquelle elle s'est attachée et qu'elle tente de soutenir dans sa solitude, va avoir besoin d'une enquête solide pour ne pas être accusée du meurtre. Ross Ben, de Scotland Yard, entre alors en jeu pour mener l'enquête avec l'aide et le sens de l'observation de Lizzie.

J'ai lu beaucoup de romans policiers lorsque j'étais au collège, particulièrement des Agatha Christie, mais je n'en lis que rarement aujourd'hui. Ann Granger et Lizzie Martin vont me faire changer mes habitudes! J'ai été emballée par ce roman! Que ce soit l'intrigue, les personnages ou encore la description et l'ambiance du XIXe siècle, tout m'a plu dans ce roman. J'ai aussi beaucoup aimé la double narration qui nous fait plonger dans l'aventure du côté de Lizzie mais aussi de Ben Ross. Cette narration permet de plus à l'auteur de changer de tonalité selon le narrateur et l'humour est souvent présent lorsque le point de vue de Ben Ross est adopté.

 

Ce second volume des aventures de Lizzie est donc à dévorer au plus vite ! (et je vais de mon côté corriger mon erreur et lire le premier volume! )

Fanny

Lu dans le cadre du challenge du XIXe siècle chez Fanny   2071237519.png

24/07/2014

Chrysis, Jim Fergus

 

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A l’origine de ce roman, il y a une démarche très personnelle de l’auteur. Jim Fergus a enquêté sur Chrysis Jungbluth, peintre ayant réalisé le tableau Orgie, pour lequel sa compagne a eu un véritable coup de cœur dans les derniers mois de sa vie et qu’il lui avait offert. L’auteur est ainsi parti sur les traces de cette artiste pour nous en compter la jeunesse de façon romancée.

Pour en venir à l’histoire de ce tableau, il faut découvrir les deux héros du roman dont nous suivons d’abord les destins respectifs. Bogart Lambert, ou Bogey, est un jeune cow-boy doué en boxe qui décide à l’âge de 17 ans, pendant la Grande Guerre, de quitter le ranch familial dans le Colorado pour rejoindre les rangs de la Légion étrangère afin de combattre pour la France, pays de ses ancêtres. Nous suivons ainsi Bogey et son cheval Crazy Horse lors de leur périple pour rejoindre la France. Sur le front, le cow-boy, toujours accompagné de sa fidèle monture, devient courrier et tous deux se font remarquer pour leur talent à se fondre entre les tirs pour porter les messages entre les différentes lignes de combat.

A l’arrière du front, Chrysis, encore petite fille pendant la guerre, entend parler de cet atypique soldat cow-boy par son père, ancien colonel, qui lui en conte les aventures. C’est finalement plusieurs années plus tard, au hasard des cafés de Montmartre, que les chemins de Bogey et Chrysis vont finir par se croiser pour se lier... Chrysis est alors une jeune femme moderne et indépendante. Passionnée de peinture, elle est particulièrement intéressée par le quartier de Montmartre et l’ambiance libre qui y règne dans les années 1920. Nous y suivons son évolution en tant qu’artiste ainsi que ses différentes découvertes et expériences, qui vont la mener à peindre le fameux tableau Orgie….

J’ai tout de suite été interpellée par l’entrée en matière du roman et touchée par la démarche de l’auteur. Si les destins de Chrysis et Bogey sont ici romancés, j’ai tout de même été captivée par le récit jusqu’au bout. Les deux héros m’ont beaucoup plu car ils sont très différents. J’ai été touchée par la réserve de Bogey, sa relation avec son cheval, tout comme j’ai aimé l’exubérance de Chrysis et sa façon propre de se libérer de son éducation stricte pour croquer la vie, ce qui en fait une jeune femme fascinante. A travers la rencontre des deux personnages ce sont aussi deux ambiances qui sont mises en parallèle ; celle du Montmartre des années 20 et celle de la guerre , ce qui fait la richesse et l’originalité du récit.

C’est sur les bons conseils de Fanny que j’ai lu pour la première fois Jim Fergus, et je compte bien approfondir ma découverte de la bibliographie de cet auteur dont la plume m’a séduite!

 

Emilie

22/07/2014

Villette, Charlotte Brontë

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Villette débute par la jeunesse de Lucy Snowe, jeune orpheline anglaise, qui rend visite à sa marraine et à son fils alors qu'ils accueillent une enfant noble du nom de Polly. Le temps passe sans que le lecteur entende reparler de cette famille et de cette petite fille. Après le décès de la vieille dame qui employait Lucy comme dame de compagnie, notre héroïne se trouve confrontée à de nouvelles épreuves. Etant orpheline, désespérément seule mais courageuse et déterminée, Lucy décide de s'embarquer pour un pays francophone et qui lui est inconnu, Villette, afin d'y trouver une place de dame de compagnie. C'est finalement en tant qu'enseignante d'anglais qu'elle est employée dans le pensionnat pour jeunes filles de Villette. Lucy connaît divers tourments d'ordre psychologique tout d'abord, elle est victime d'une dépression et souffre de son isolement mais elle vit également avec des personnages mystérieux auxquels elle ne peut se fier à l'exemple de sa patronne qui fouille dans ses affaires. Un professeur, M. Paul la malmène mais de vieilles connaissances vont refaire surface, extirper Lucy de son mal être et elle découvrira alors que les choses et les hommes ne sont pas ce qu'ils semblent être.

 

Ma lecture s'est faite en demi-teinte: j'ai adoré le début et la fin du roman mais certains passages du roman m'ont semblé bien longs et en particulier les chapitres consacrés aux différends religieux qui opposent Lucy, anglaise et protestante, aux habitants et professeurs catholiques de Villette. Virginia Woolf et George Eliot considèrent Villette comme supérieur à tous les autres romans de Charlotte et je peux comprendre pourquoi sous certains aspects.

L'écriture, comme toujours avec les Brontë, est magnifique. J'ai apprécie l'héroïne mais je sais que c'est surtout parce qu'elle n'est pas sans rappeler Jane Eyre en étant moins passionnée et plus austère. Lucy, de par son caractère et de par sa place dans la société, ressemble à Jane Eyre: elle possède la même modestie et discrétion mais également la même détermination et la même force de caractère. Elle n'est pas sans rappeler également Charlotte Brontë elle-même: elles sont parties toutes deux vivre dans un pays étranger pour apprendre leur métier (la Belgique pour Charlotte), elles rêvent toutes deux de fonder leur propre école et elles vivent dans la même solitude puisque Villette est le dernier roman de Charlotte.

Le roman porte alors toute la détresse de l'auteur vivant seule avec son père et avec les fantômes de ses soeurs et de son frère disparus. Rien que pour ce désespoir palpable de l'héroïne et dans lequel on reconnaît celui de l'auteur le livre vaut la peine d'être lu.

Villette est une sorte de miroir dans lequel Charlotte s'est regardée et dans lequel nous sommes heureux de pouvoir la voir aujourd'hui. 

Fanny

 

Roman lu dans le cadre du Challenge XIXe siècle chez Fanny  19 e.png

 

 

14/07/2014

Nos collections Jane Austen

C'est avec plaisir que nous avons suivi l'idée de Jane Austen is my wonderland et que nous avons pris en photos nos livres de Jane Austen et nos objets et DVD inspirés de ses romans !

 

La collection d'Emilie

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Ma collection

 

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Pour cause de déménagement, il manque dans cette collection une très belle tasse avec le visage de Jane Austen offerte par Emilie pour un de mes anniversaires, un Orgueil et Préjugé illustré en espagnol et un marque page Jane Austen!