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10/10/2017

Le destin d'Anna Pavlovna, Alekseï Pisemski

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Alekseï Pisemski est un contemporain d'Ivan Tourgueniev peu connu en France. C'est avec un grand plaisir que j'ai découvert cet auteur russe avec Le destin d'Anna Pavlovna.


Alekseï Pisemski plonge le lecteur dans la Russie rurale du XIXe siècle. Nouvellement mariée, l'héroïne s'installe avec son époux dans un petit village organisé par quelques nobles, propriétaires de domaines. Malade, fragile, brutalisée par son mari, Anna Pavlovna dépérit alors que toute la petite noblesse provinciale se régale de commérages. Deux hommes de son passé ressurgissent alors dans sa vie: elle retrouve un vieux comte, ami de son père qui tombe follement amoureux d'elle et un jeune homme sans le sous qu'elle a aimé dans sa jeunesse et tout cela sous l’œil jaloux de son époux. Ces retrouvailles vont bouleverser sa vie. 


J'ai beaucoup aimé ce roman qui ressemble énormément à une tragédie. L'héroïne semble poursuivie par des puissances qui la dépassent et qui prennent diverses formes: la petite noblesse qui s'ennuie, qui fait et détruit des réputations et des êtres au gré de ses commérages mais aussi les hommes tout puissants au XIXe qui ne sont guidés que par des pulsions dévastatrices. Anna Pavlovna, héroïne courageuse, ressemble alors à une marionnette aux mains d'hommes capricieux, lâches et inconstants. Dans Le destin d'Anna Pavlovna, Alekseï Pisemski offre au lecteur un beau portrait de femme du XIXe siècle. Il nous donne aussi le reflet d'une Russie cruelle à observer : une société rurale dans laquelle les hommes fortunés régentent et détruisent selon leur bon vouloir la vie des "âmes" qu'ils possèdent : celles de leurs serfs et des femmes.

Je remercie Babelio et Les Editions Ateliers Henry Dougier pour cette belle découverte !

Lu dans le cadre du Challenge XIXe siècle organisé par Fanny

Fanny

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04/09/2017

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre

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Je ne comprends pas pourquoi j'ai attendu tant d'années pour lire Au revoir là-haut.... Je me suis empressée de le sortir de ma PAL en découvrant la bande annonce de l'adaptation cinématographique d'Albert Dupontel prévue pour fin octobre. 

Prix Goncourt 2013, ce roman de Pierre Lemaitre est un énorme coup de coeur. Il raconte la vie de trois hommes d'un même régiment à la fin de la première guerre mondiale. Début novembre 1918, Edouard et Albert savent que la guerre se termine même si les offensives se poursuivent. Henri, gradé du régiment et ancien aristocrate déchu, espère que cette fin de guerre lui apportera les lauriers dont sa famille a tant besoin. Il est prêt à forcer la chance pour tirer profit de cette guerre. Un an plus tard, Henri, devenu héros de guerre, brille en société alors qu'Albert et Edouard, gueules cassées rejetées par leur pays, vivent misérablement. Ils imaginent alors une arnaque d'envergure nationale. 


J'ai tout adoré dans ce roman qui me laisse très admirative: les personnages sont complexes, terriblement humains et passionnants. Mention spéciale pour Henri D'Aulnay-Pradelle que j'ai tant aimé détester! L'intrigue est surprenante, très romanesque et le lecteur a terriblement envie de poursuivre sa lecture. Pierre Lemaitre montre également toutes les ambiguïtés de la société française : elle glorifie ses morts et abandonne les survivants que l'on regarde d'un oeil méfiant. Comme si tous les héros étaient morts et qu'il ne restait que les peureux. L écriture de Pierre Lemaitre, cynique et pleine de vie, est magnifique. 
Un incroyable roman du début à la fin. 


Je vous laisse avec les premières lignes du roman: " Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre justement. Aussi, en octobre, Albert reçut il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande. "

Fanny

Lu dans le cadre du Challenge Première guerre mondiale organisé par Claire.

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29/08/2017

Une promenade littéraire à New York et un point lecture

De retour de New York je voulais faire un article qui combinerait un petit point sur les lectures faites en prévision de ce voyage et partager avec vous un aperçu des endroits "littéraires" que je voulais voir dans la ville. 

Au printemps, j'avais choisi plusieurs livres à lire en vue de ce voyage : j'ai réussi à tous les lire et quelques livres sont venus s'ajouter. J'ai rédigé mon avis sur le blog pour certains. 

J'ai donc lu :  La Cloche de détresse de Sylvia Plath (ici),  La trilogie New-Yorkaise de Paul Auster , La vie à deux de Dorothy Parker (ici ) , L'enfer commence avec elle de John O'Hara, Les New-Yorkaises d'Edith Wharton, New-York de Sasek auxquels sont venus s'ajouter L'attrape-coeurs de Salinger et le recueil New York, escapades littéraires.

Voici un avis succinct de L'attrape-coeurs et des New-Yorkaises.

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L' Attrape-coeurs est un roman culte qui raconte la déambulation dans New York d'un adolescent renvoyé de son lycée. J'ai souvent lu d'excellents avis mais aussi de très mauvaises critiques sur ce roman . Mon avis est moins catégorique: j'ai apprécié cette lecture mais ce ne fut pas un coup de coeur. J'ai beaucoup aimé l'écriture oralisée de Salinger qui m'a fait penser à celle de Céline. Ce type d'écriture est toujours déroutant mais dans L Attrape-coeurs la langue retranscrit parfaitement l'errance et le mal être du héros. Je comprends tout à fait que ce roman soit considéré comme un chef d'oeuvre mais, sur le même thème, j'ai été davantage touchée par l'héroïne Frankie Addams de Carson McCullers. 

 

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 Les New-Yorkaises ce sont trois femmes d'une même famille: Pauline Manford, la mère qui mène une vie réglée à la minute près et qui court de mondanités en mondanités en oubliant sa famille, Nona, la fille de 20 ans qui regarde ce petit monde avec cynisme et lucidité et enfin Lita, la belle fille, qui ne vit que pour s'amuser et s'ennuie dans sa vie d'épouse et de mère. Alors que Lita ne cesse de sortir la nuit et que Pauline ne se préoccupe que des dîners mondains, l'équilibre familial se fissure. Mr Manford souffre de solitude et exècre les réceptions que son épouse lui inflige. Lita fuit son époux, son enfant et annonce qu'elle veut divorcer. Mr Manford et Lita se rapprocheront alors dangereusement sous le regard de Nona, jeune fille discrète et intelligente qui comprend tous les non - dits. Comme elle sait si bien le faire, Edith Wharton égratigne la société New Yorkaise de son époque dans ce roman. Elle se moque de ces gens obsédés par les apparences et qui cachent à qui mieux mieux leurs sentiments et pensées sous couvert d'un sourire faux et on aime tant ricaner avec elle ! Ce roman est une critique sociale des privilégiés de la fin du XIXe siècle mais c'est aussi une tragédie familiale intemporelle.

 

En allant à New York, je souhaitais vraiment voir certains endroits liés à des auteurs ou des livres que j'aime. Malheureusement, New York ne met pas en valeur son héritage littéraire, les maisons d'auteurs ne portent pas de plaques. Mieux vaut faire des recherches et ouvrir l'oeil pour trouver les maisons ! Voici quelques photographies : 

Washington Square est le quartier bohème de New York. De nombreux artistes vécurent ici, dont Edith Wharton et Henry James qui donne le nom du quartier à l'un de ses romans (que je compte lire bientôt ! ) Cette maison rouge, au 7 Washington Square, fut celle d'Edith Wharton lorsqu'elle avait 20 ans. Elle y vécut avec sa mère, non loin de la maison d'enfance d'Henry James qui devint plus tard son ami.  

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Aux numéros 130-132 de Macdougal Street, chez son oncle, Louisa May Alcott écrivit une grande partie des Quatre filles du docteur March.  

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La New York Public Library est une merveille à visiter. Elle se trouve sur la Cinquième Avenue. IMG_0923.JPG

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Central Park possède de multiples endroits dédiés à la littérature. On trouve la célèbre statue d'Alice au Pays des merveilles, celle d'Andersen (une fois par semaine, un conteur vient lire des histoires à cet endroit) ou encore celle de Shakespeare. Le dramaturge a également inspiré l'élaboration d'un jardin à l'intérieur du parc qui ne contient que les plantes et fleurs évoqués dans ses tragédies. 

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Le jardin de Shakespeare  

 

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Le prestigieux hôtel de l'Algonquin se trouve sur la 44e rue. Dans les années 20, il fut le point de rencontre du cercle littéraire La Table ronde de l'Algonquin, surnommé le "Cercle vicieux", et régnait sur la vie artistique et mondaine de New York. La caustique et brillante Dorothy Parker était un membre remarqué de ce groupe. Le cercle vicieux ressuscite sous la plume de J.J Murphy dans Le Cercle des plumes assassines ou L'Affaire de la belle évaporée.

J'espère que cette petite promenade dans les rues de New York, à la recherche des ombres de nos chers auteurs, vous aura plu.

Fanny

02/07/2017

Tante Wussi, Kartin Bacher et Tyto Alba

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Wussi, une vieille dame, reçoit souvent la visite de sa petite nièce. Au cours d'un déménagement, elle retrouve des albums photos. En parcourant les pages, Wussi remonte le temps et raconte à sa petite nièce sa vie et celle de sa famille dans une Europe aux multiples guerres.

Au début des années 30, le père de Wussi découvre Majorque au détour de cartes postales. Il tombe amoureux de cette île, quitte l'Allemagne et s'installe à Majorque avec toute sa famille. La vie paisible de la famille est bouleversée par les Franquistes qui prennent possession de l'île et instaurent violences et répressions. Pour fuir la guerre civile espagnole, Wussi et sa famille envisagent de retourner en Allemagne mais la mère de Wussi est d'origine juive.... Alors qu'ils connaissent l'existence des lois discriminantes vis-à-vis des juifs et les risques qu'ils prennent, la famille décide de repartir en Allemagne. Pris au piège entre ces deux guerres et ces deux pays, Wussi et sa famille seront séparés et malmenés par l'Histoire avec sa grande Hache pour reprendre les mots de Georges Perec. 

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Les dessins de Tyto Alba ressemblent à des aquarelles. Les couleurs claires et les formes choisies pour représenter les humains m'ont fait penser aux tableaux de Marie Laurencin. Ce roman graphique est très instructif : j'ai appris beaucoup de chose sur la situation de Majorque pendant la guerre civile. L'histoire de Wussi et de sa famille est très émouvante. Leur double tragédie est un témoignage touchant de la situation catastrophique de l'Europe au XXe siècle. Le lecteur peut découvrir les véritables photographies de Wussi et de sa famille dans les dernières pages du roman graphique. Katrin Bacher achève l'histoire de Wussi par une réflexion douce amère : en quelques dessins, elle nous montre la situation de l'Allemagne d'aujourd'hui hantée par ses vieux démons. Des Allemands s'inquiètent du nationalisme renaissant alors que d'autres, tristes reflets d'une autre époque, prônent le repli du pays.

Je remercie Babelio et les éditions Steinkis.

Fanny

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30/06/2017

L'Aventure du ruban moucheté et Le Diadème de Béryls, Arthur Conan Doyle et Christel Espié

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Les éditions Sarbacane publient des textes classiques accompagnés par de superbes illustrations. Christel Espié a illustré deux nouvelles d'Arthur Conan Doyle qui mettent en scène Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le docteur Watson.

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Dans L'Aventure du ruban moucheté, une jeune femme implore l'aide du célèbre détective. Elle vit dans un vieux manoir avec son beau-père. Elle se sent seule depuis la mystérieuse mort de sa soeur. Une nuit, elle entend un sifflement dans sa chambre. Quelques instants avant de mourir, sa soeur lui avait parlé de ce mystérieux bruit.... Craignant pour sa vie et ne supportant plus d'ignorer les causes de la disparition de sa soeur, elle demande à Sherlock Holmes de percer le mystère. 

Un homme affolé et désespéré débarque un jour chez Sherlock Holmes dans Le diadème de Béryls. Il raconte au détective que son propre fils lui a dérobé un diadème précieux confié à ce financier par un célèbre personnage de l'Etat. Il ne parvient pas à y croire mais il a surpris son fils dans la nuit alors qu'il tenait le diadème dans ses mains. Sherlock Holmes cherchera alors a innocenté ce fils et à retrouver les diamants disparus.   51hL1j3CbZL.jpg

J'ai adoré ces deux lectures : les intrigues d'Arthur Conan Doyle sont toujours plaisantes à lire même si ces nouvelles plus courtes ne maintiennent pas aussi bien le suspense que ses romans. Le lecteur peut découvrir facilement le dénouement des intrigues. J'ai eu une petite préférence pour l'intrigue de L'Aventure du ruban moucheté. Les illustrations de Christel Espié ont été une très belle découvertes pour moi : les dessins et les couleurs nous plongent avec plaisir dans l'Angleterre du XIXe siècle. Ils sont très élégants et conviennent parfaitement au héros d'Arthur Conan Doyle.

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Je pense poursuivre ma découverte de cette illustratrice avec Tom Sawyer détective publié également aux éditions Sarbacane.

Lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda

Fanny

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29/06/2017

Le brouillard tombe sur Deptford, Ann Granger

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J'avais été très déçue par Le témoignage du pendu, le cinquième volume des aventures de Lizzie et Ben Ross mais je n'avais pas envie pour autant d'arrêter définitivement la lecture de cette série. En commençant Le brouillard tombe sur Deptford j'espérais vraiment retrouver la qualité des quatre premiers romans. Mes retrouvailles avec les héros ne furent pas complètement réussies. 

Mrs Clifford est retrouvée la nuit dans une ruelle de Deptford, quartier malfamé de Londres. La présence du cadavre de cette femme bien vêtue et respectable dans le quartier trouble les policiers. Dépassés par les nombreuses affaires de Deptford, les inspecteurs du secteur demandent à Scotland Yard de les aider. Benjamin Ross débute son enquête et découvre que le dernier homme à avoir vu cette femme vivante n'est autre qu'un membre de la famille de Lizzie par alliance. Edgar Wellings est un joueur fauché qui avait une bonne raison de vouloir faire taire Mrs Clifford. Alors que Ben aura à coeur de résoudre cette énigme, Lizzie essaiera d'étouffer le scandale et de protéger sa famille.

Cette dernière enquête du couple présente une intrigue moins prenante que celles des premiers volumes. Je l'ai trouvée un peu lente, comme celle du Témoignage du pendu. Un membre de la famille de Lizzie, une jeune femme qui lui demande souvent son soutien, est assez agaçante. Mais Ann Granger installe très bien le cadre de l'histoire et décrit la misère de nombreux Londoniens du XIXe siècle. Pour la première fois de la série, Ann Granger nous donne à voir la grande pauvreté et le lecteur s'interroge vraiment sur les problèmes sociétaux de cette époque.

Lu dans le cadre de la lecture commune sur Ann Granger dans le mois anglais de Lou et Cryssilda.

Fanny

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24/06/2017

Meurtre en Mésopotomie, Agatha Christie

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Pour la lecture commune polar du mois anglais j'ai choisi un Agatha Christie qui n'est pas son roman le plus "british" .... mais je l'avais depuis un moment dans ma pile à lire et j'avais particulièrement envie de le lire !

J'aime beaucoup me plonger dans les romans de la reine du crime: on est rarement (voire jamais) déçu et elle me donne toujours un petit coup de jeune. Quand je lis un Agatha Christie, j'ai l'impression d'être de nouveau l'adolescente de 13 ans qui terminait vite ses devoirs pour se plonger dans Dix Petits nègres, Mort sur le Nil ou La mort n'est pas une fin.

Dans Meurtre en Mésopotamie, la narratrice est une infirmière: Amy Leatheran. Cette jeune femme vient s'installer dans un chantier de fouilles pour s'occuper de Mrs Leidner, l'épouse d'un archéologue. Terrifiée, celle-ci affirme qu'un homme portant un masque l'observe par la fenêtre la nuit, qu'elle reçoit des lettres anonymes de menaces et que quelqu'un cherche à la tuer. Amy se rend compte que l'ambiance sur le chantier est empoisonnée par des rancunes et que chacun a un ragot à lui raconter sur sa patiente. Mrs Leidner est finalement assassinée alors que personne ne prenait au sérieux ses angoisses.... 

Hercule Poirot sera confronté à un mystère de taille : personne ne semble être entré dans la cour qui donne accès à la chambre de la victime durant toute l'après-midi du meurtre. Il devra comprendre la personnalité énigmatique de la victime en fouillant dans son passé pour trouver son assassin. 

J'ai toujours beaucoup aimé les enquêtes qui se déroulaient en Afrique. Meurtre en Mésopotamie nous fait voyager mais nous pousse aussi à utiliser nos petites cellules grises ! (pour une fois j'avais trouvé l'assassin et le mobile mais pas le moyen employé pour arriver à ses fins...)

Lu dans le cadre de la lecture commune polar pour le mois anglais de Lou et Cryssilda. 

Fanny

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