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21/10/2019

Le Corbeau d'Oxford, Faith Martin

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Trudy Loveday est une stagiaire de la police d'Oxford mais elle peine à trouver la place qu'elle mérite au sein de son équipe exclusivement masculine. Nous sommes en 1960 et beaucoup considèrent que sa place n'est pas au commissariat. Après avoir arrêté un voleur et un exhibitionniste particulièrement recherchés, Trudy espère participer activement à l'affaire qui ébranle la police : un riche industriel d'Oxford est la victime d'un corbeau. Ce dernier ne se contente pas de croasser, il tue sa première victime exactement à la date et à l'heure qu'il avait annoncées. Loin de l'intégrer à l'équipe, le chef de Trudy lui ordonne d'assister le vieux coroner et médecin Clement Ryder qui souhaite ouvrir un dossier bâclé selon lui cinq plus tôt. Le coroner agace la police en remettant en cause ses conclusions mais Trudy se rend compte que l'affaire classée mérite une nouvelle enquête et surtout, qu'elle pourrait bien avoir un lien avec le mystérieux corbeau...


J'ai adoré ce cozy mystery que j'ai dévoré en deux jours. Le duo de la jeune stagiaire sous-estimée par tous et du vieux coroner grognon est original et attachant. Le rythme est rapide, l'intrigue prenante, des touches humour sont présentes et l'ambiance d'Oxford donne envie de filer dare-dare en Angleterre. La résolution de l'enquête m'a surprise. Les références à Thomas Hardy et à Agatha Christie apportent la touche finale aux nombreux charmes du roman.

 

Un grand merci à Babelio et les éditions Harper Collins !

 

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19/10/2019

L'homme qui chaussait du 62, Daniel Crozes

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Ulysse a vingt ans, il mesure 2,20 mètres, pèse 170 kilos et sa croissance n'est pas terminée. En 1903, il passe le conseil de révision et stupéfie les médecins. Un photographe immortalise sa carrure, il devient le plus grand conscrit de France. Sa vie en est alors chamboulée. Des journalistes veulent rencontrer le géant, des agents artistiques lui proposent des contrats. Ulysse est un cordonnier vivant dans un petit village de l'Aveyron une vie modeste et heureuse avec les siens. Il a le cœur tendre et naïf des rêveurs. Malgré sa peur de quitter sa famille, il va accepter la proposition d'un agent : former un duo de musiciens avec un lilliputien, faire une tournée en France, puis en Europe. La coquette somme qu'il percevra et qu'il reversera à sa famille vivant dans des conditions de plus en plus précaires va le décider à surmonter son angoisse de devenir une bête de foire moquée par les spectateurs. Le lecteur suit alors le géant durant plusieurs années dans ses tournées musicales qui feront de lui une célébrité. Sa renommée le mènera jusqu'aux Etats-Unis. 

Pour écrire ce roman, Daniel Crozes s'est inspiré de la vie d'Henri Cot, géant aveyronnais né en 1883 et mort dans des conditions mystérieuses en 1912. L'historien plonge le lecteur dans l'Aveyron du début du XXe siècle, dans la folie des nuits parisiennes et de la tournée américaine mais aussi dans vie d'un duo au physique peu ordinaire. 

 

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Le thème des hommes et femmes au physique extraordinaire au début du XXe siècle, la vie de cet homme m'intéressaient énormément pourtant j'ai eu du mal à rentrer véritablement dans ce roman. Malgré le caractère de ce bon géant, j'ai eu l'impression d'être tenue à distance du héros, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être que le choix du narrateur externe contribue à cette distanciation. L'homme qui chaussait du 62 est un roman intéressant mais que je n'ai pas trouvé assez émouvant. La fin est cependant très surprenante et nous donne envie de faire des recherches sur Henri Cot. Ce fut une lecture en demi-teinte pour ma part.

 

Je remercie vivement Babelio et les éditions Rouergue pour cette découverte.

 

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19/06/2019

L'Assassin du Marais, Catherine Cuenca

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Au printemps 1849, Paris est en effervescence. Une épidémie de choléra décime la ville. Jeanne Deroin se présente aux élections législatives. C'est la première femme qui ose se présenter comme candidate. Elle demande instamment l'égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes, faisant fi des menaces, des quolibets et des critiques de ses contemporains comme Proudhon et George Sand. 

Alexandre, un jeune enquêteur, voyou repenti, se rend sur une scène de crime. Une célibataire de 29 ans, couturière et membre actif du club des Femmes d'Eugénie Niboyet a été étranglée. Bientôt, une autre femme est retrouvée étranglée dans Paris. Elle était aussi une militante active de la cause féministe. Alexandre en est alors certain, ces femmes ont été assassinées pour leur engagement politique. La haine, la misogynie est l'unique mobile de ces meurtres. Un homme, quelque part dans Paris, veut faire taire ces femmes. Lâché par son supérieur Dubon qui sent venir le fiasco de cette affaire, Alexandre Delage sera forcé de mener son enquête seul, risquant la vie d'autres femmes s'il ne se montre pas assez efficace mais aussi sa propre carrière.

Julie Paupelier est une vendeuse dans grand magasin parisien. Elle a fui la campagne et sa famille qui voulait la marier de force à un homme qu'elle n'aimait pas. Sur sa route, elle a croisé Sidonie, victime tout comme elle, des traditions patriarcales. Elles se considèrent comme des sœurs, travaillent côte à côte et se méfient des hommes. Mais Sidonie est tombée amoureuse. Un jour, Sidonie ne vient pas travailler. Elle a disparu, elle semble s'être volatilisée. Julie demandera alors l'aide de la police qui ne prend pas la disparition de Sidonie au sérieux. La jeune vendeuse, craignant pour la vie de son amie dans ce climat de peur, cherchera un soutien auprès de Léa, une spirite, capable de communiquer avec les défunt, femme adultère, mère séparée de son enfant et mise au banc de la société depuis qu'elle a divorcé de son époux.

Alexandre, Julie et Léa joindront alors leurs forces pour arrêter cet assassin qui sème la panique dans le quartier du Marais et plus particulièrement au sein des clubs politiques féminins. 

 

J'ai adoré ce roman policier que j'ai trouvé ambitieux et novateur et qui s'adresse à de jeunes adultes. Choisir pour cadre l'année 1849 porteuse d'espoirs mais aussi de déceptions entraînés par la toute récente République de 1848 et les clubs féministes est original. Le contexte est donc extrêmement intéressant, le roman très documenté devient alors un moyen d'acquérir de nombreuses connaissances historiques tout en suivant une intrigue pleine de suspense et de rebondissements. Quelques pages à la fin du livre sont consacrées à certaines féministes ayant véritablement vécu et que l'on retrouve dans le roman.

Le personnages sont attachants et le parcours des diverses héroïnes donne un aperçu de toutes les inégalités que subissaient ces générations de femmes sacrifiées dans la sphère publique et privée: femme mariée de force, rejetée par leur famille si elles n'obéissaient pas, exclue par tous en cas d'adultère, séparée de leur enfant selon la volonté de l'époux, assassinée sans véritable intérêt de la part de la police, privées du droit de vote, de s'exprimer librement, d'être élue ... Catherine Cuenca n'offre pas une vision manichéenne de la société française de 1849, certains hommes comme Alexandre ne tolère pas la misogynie de ses supérieurs. 

Le roman se dévore en quelques jours tant l'intrigue est prenante et le rythme soutenu. Catherine Cuenca lance son lecteur sur de nombreuses pistes pour sa plus grande joie. 

Roman policier, historique, féministe, L'Assassin du Marais offre un très bon moment de lecture.

 

Un grand merci à Babelio et aux éditions Scrineo.

 

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15/06/2019

Rendez-vous avec le mal, Les détectives du Yorkshire, Julia Chapman

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Comme beaucoup d'entre vous je suis tombée sous le charme de la série des Détectives du Yorkshire l'année dernière. L'Angleterre, un duo d'enquêteurs attachants, une intrigue plaisante et les sublimes couvertures d'Emily Sutton ont suffi à me conquérir dès le premier tome, Rendez-vous avec le crime.

J'ai donc retrouvé Samson O'Brien, Delilah Metcalfe et les habitants du village de Bruncliffe avec joie en lisant ce second tome.

Tout commence avec la visite de Mme Shepherd à l'Agence de Recherche des Vallons appartenant à Samson. La vieille dame est persuadée que de curieux événements ont eu lieu à la maison de retraite de Fellside Court, la maison de retraite dans laquelle le père de Samson vit également. Elle dit avoir été témoin de plusieurs vols et se pense en danger. Samson croit tout d'abord avoir affaire à une vieille dame un peu sénile, dont l'imagination s'emballe. Pourtant, quand Mme Shepherd est retrouvée morte et que ses camarades témoignent de la peur qu'elle a manifestée durant les heures précédant son décès, Samson regrette de ne pas avoir pris sa demande d'aide au sérieux. Il peut alors compter sur Delilah pour l'épauler dans cette nouvelle enquête.

Rendez-vous avec le mal offre un très bon moment de lecture. Je l'ai même préféré au premier tome. Même si l'intrigue policière n'est pas très complexe, j'avais découvert l'assassin rapidement alors que d'habitude je ne brille pas dans la résolution des enquêtes, elle est agréable à suivre et pleine de rebondissements. Les personnages sont attachants, le duo d'inspecteurs que l'on aime suivre dans leur déboires personnels, mais aussi la troupe de personnes âgées de la maison de retraite. L'humour est également bien présent dans les dialogues. Même si nous ne sommes pas dans la saison propice, j'ai aimé me retrouver à Noël dans le village de Bruncliffe.

Julia Chapman et ses détectives du Yorkshire sont une solution idéale pour passer un agréable moment et si vous cherchez un roman qui se dévore.

Lu dans le cadre de la journée Julia Chapman organisée par Lou et Titine.

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14/06/2018

Miss Charity, Marie-Aude Murail

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Miss Charity est une enfant de cinq ans, renfermée sur elle-même, vivant au troisième étage de la maison, loin de ses parents qu'elle ne doit pas déranger, en compagnie d'une domestique écossaise qui la nourrit d'histoires de fantômes et de ses animaux auxquels elle apprend des tours farfelus.  Un perceptrice française rejoint le petit monde clos de Charity et le transforme du tout au tout en lui enseignant le dessin. Miss Charity dépasse bientôt son maître : ses illustrations sont admirées par son entourage.

La fillette devient une adolescente, reconnue pour son intelligence mais non pour sa beauté, coincée entre deux cousines exubérantes qui cherchent déjà à attirer les regards des jeunes hommes. Ses deux cousines se battent pour obtenir l'attention de Kenneth Ashley, un jeune homme amusant et solaire, aimé par tous. 

Alors que ses cousines s'occupent de leurs prétentants, que sa préceptrice française la quitte pour épouser Her Schmal le percepteur allemand de son cousin, Miss Charity se demande ce qu'elle va faire de sa vie et quel événement pourrait bien venir chambouler cette existence monotone qui l'ennuie. Son père est préoccupé par des problèmes financiers, sa mère ne cesse de lui reprocher sa mauvaise tenue en société, sa domestique écossaise tient des propos de plus en plus inquiétants. Charity dessine, pour conjurer l'ennui mais aussi pour le bonheur des plus petits, des histoires qui mettent en scène ses animaux. Elle sent en elle une volonté et une force de caractère qu'elle ne sait comment employer. Herr Schmal l'encourage alors à chercher un éditeur. 

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Miss Charity est un coup de coeur absolu. La jeunesse de Beatrix Potter romancée par Marie-Aude Murail est un délice.

Le roman est illustré par Philippe Dumas et ses dessins accompagnent parfaitement cette histoire. Le début, lorsque l'héroïne n'a que cinq ans, est plutôt enfantin et léger. Les aventures et jeux de Charity avec ses animaux sont mignons et charmeront les petits et les grands. La suite du roman est plus sérieuse et touchante selon moi. Cette Miss Charity, talentueuse et peu sûre d'elle, est très émouvante et attachante. J'ai adoré suivre le parcours de cette jeune femme, se sentant pleine de volonté et d'idées, mais ne sachant comment les utiliser. J'ai beaucoup aimé la façon dont Marie-Aude Murail décrit la condition des femmes artistes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle au sein de leur famille et de la société. L'autrice explique d'ailleurs qu'elle a choisi de romancer la vie de Beatrix Potter mais elle aurait pu tout autant retracer le destin de Jane Austen, la Comtesse de Ségur, George Sand ou Charlotte Brontë. L'écriture est exquise et les petites touches d'humour ne cessent de nous faire sourire. Enfin, les clins d’œil littéraires sont disséminés tout au long du roman : certains extraits sont des hommages à Jane Eyre, Oscar Wilde surgit sous les yeux émerveillés du lecteur et des extraits des pièces de Shakespeare accompagnent l'héroïne et le lecteur. 

Si vous n'avez pas encore lu Miss Charity, vous avez manqué une lecture délicieuse et un pur moment de bonheur. Miss Charity fait partie de ces romans que nous avons du mal à quitter et qui laissent une empreinte en nous encore longtemps après que nous les ayons refermés.

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 " Qu'est-ce qu'elle a ? Est-elle malade ?

- Elle est folle. Elle récite du Shakespeare au milieu de tout un ramassis de bestioles !

J'ignore d'où elle tenait son information, mais je dus reconnaître que que c'était un assez bon résumé de ma vie."

 

" Je lisais et je me mettais à aimer violemment des gens que je n'avais jamais vus, à les aimer comme je n'avais jamais aimé personne, et à vouloir leur bonheur de toutes mes forces." 

 

Fanny

Lu dans le cadre de la lecture commune d'un roman jeunesse organisée par Cryssilda et Lou

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01/03/2018

Mémoire espionne du coeur, Frédéric Ferney

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 Mémoire espionne du coeur est un recueil de textes variés. Ces textes peuvent se lire d'une traite sans éprouver la moindre lassitude tant ils sont différents ou se déguster petit à petit. 

Ce recueil est un bonheur de lecture. Fédéric Ferney réalise les rêves de tous les lecteurs.  Qui ne rêve pas de pouvoir écrire une épitre à un artiste qu'il aime ? Qui n'aurait pas adoré assister aux échanges plein de verve et d'ironie des artistes ? 

Avec une grande liberté de ton et de cadre spatio-temporel, Fédéric Ferney met à mal toutes les barrières que l'on pourrait s'imposer. Le lecteur assiste aux rencontres d'auteurs, de peintres, d'hommes politiques de la Renaissance à nos jours. 

Par delà la mort, il s'adresse avec une joie évidente aux auteurs ou personnages qu'il admire comme Arthur Rimbaud ou d'Artagnan. Il fait correspondre des artistes ennemis ou amis : ainsi Charles Baudelaire entretient une correspondance avec le critique Sainte-Beuve pour régler ses comptes. Ces joutes verbales sont un régal à lire ! Il imagine aussi des dialogues entre de grands auteurs ou de grands peintres comme Balzac, Oscar Wilde et Nathalie Sarraute qui débattent sur la question de la création des personnages. 

Ce recueil est plaisant à lire : les textes montrent tous la grande érudition de Fédéric Ferney et donnent envie d'en apprendre davantage sur les artistes dont il est question. Les tons de ces textes sont tour à tour caustiques, grinçants, émouvants ou drôles. On est touché par la déclaration d'amour de Debussy à Toulouse -Lautrec puis on rit sous cape en lisant la lettre qu'Emmanuel Macron n'a jamais envoyé à François Hollande. Enfin, certains textes sont illustrés par Jean-Pierre Cagnat.

Mémoire espionne du coeur est un grand hommage à la culture et à l'esprit de liberté. 

"Monsieur, ou bien devrais-je dire: canaille". Baudelaire à Sainte-Beuve. 

"Tu seras enterré au cimetière de Ramatuelle dans ton costume du Cid: "Perdican ne pouvait vieillir", se lamente Aragon. Et Mauriac: "Je ne le connaissais pas. Je n'en prends pas moins ma part de chagrin. " Étrange formule: le chagrin est un bloc, il ne se divise pas." L'auteur à Gérard Philipe.

Merci aux Editions Baker Street.

Fanny

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08/02/2018

Rimbaldo, Serge Filippini

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Dans Rimbaldo, Serge Filippini imagine la journée durant laquelle la mystérieuse photo de Rimbaud, retrouvée par hasard en 2010, a été prise. Sur ce cliché de 1880, Rimbaud est assis au milieu d'autres Européens à Aden, il est l'un des seuls à regarder l'objectif. Serge Filippini a conservé les noms des sept personnes photographiées et certains détails biographiques mais ce récit est bien une fiction. L'auteur réinvente cette journée durant laquelle Jules Suel, propriétaire d'un hôtel, demande à un photographe de venir immortaliser son groupe d'amis à des fins publicitaires. Ces exilés, liés par l'aventure qu'ils vivent en Afrique, par les mésaventures vécues en France qu'ils ont fuies, se déchirent ce jour-là. Les vies de ces six hommes et de cette femme s'entrecroisent durant les deux heures précédent la prise du cliché. Loin de l'image du bel adolescent, le regard clair et intelligent, rêvant de poésie, le lecteur découvre une nouvelle fois un Rimbaud aventurier, impulsif, secret et mutique, bien plus humain et touchant que le Rimbaud des biographies. Il n'est qu'un personnage comme un autre dans ce récit. Rimbaud est au centre de toutes les attentes du lecteur au début du roman mais l'auteur parvient à détourner nos premiers espoirs. Il capte notre attention en relatant les vies des autres personnages et ne la perd plus. J'ai été touchée par le parcours d'Emilie Bidault, une jeune femme malheureuse en amour, rêvant de liberté en Afrique, d'égalité entre les hommes et d'amour absolu. 

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J'ai adoré ce roman qui ressemble à une pièce de théâtre par son action regroupée sur quelques heures et dans un seul lieu. Lorsque cette photographie a été découverte en 2010 j'étais fascinée, j'adore les histoires de ces trésors trouvés par hasard, qui ont bien failli se perdre pour toujours et j'aime tant Rimbaud. La plume de Serge Filippini est très belle : elle parvient à nous plonger dans l'atmosphère lourde de l'Afrique et les dialogues sont émouvants. Que vous aimiez ou non la poésie de Rimbaud ou son personnage d'aventurier, je vous conseille vivement ce roman.


"Rimbaud crachait au vent sa chique de qât, il secouait ses rênes, il s'efforçait de se rincer le cerveau en gueulant après le cheval qui tirait sa carriole dans le sable et la fournaise. Il traversait une journée détestables qui durait depuis sa naissance". 

Je remercie Babelio et  Les Editions Libretto.

Fanny

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