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29/03/2017

La Cloche de détresse, Sylvia Plath et La vie à deux, Dorothy Parker

Mes deux dernières lectures furent de belles découvertes que j'ai voulu réunir dans ce billet. Il s'agit d'un roman et d'un recueil de nouvelles d'auteures américaines trop peu connues en France.


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La Cloche de détresse est un roman féministe et fortement autobiographique de Sylvia Plath. Esther Greenwood a été sélectionnée pour participer à la rédaction d'un magazine durant un été à New-York. La jeune fille découvre pour la première fois la vie New-Yorkaise et celle des cocktails et des mondanités. Pourtant tout cela passe à côté d'elle sans la frôler: elle est spectatrice de ces événements. Elle se sent loin de tout et tous et des pensées morbides l'envahissent petit à petit jusqu'à la plonger dans une véritable dépression.

Esther est une jeune américaine des années 50 enfermée sous une cloche de verre et elle voit le monde à travers ce verre déformant. Sylvia Plath livre des réflexions féministes très modernes et qui semblent si proches de celles qu'elle a eues: pourquoi choisir un destin alors qu'il faudra renoncer à tant d'autres possibilités d'avenir ? Comment avoir une vie de famille en ayant le temps et l'énergie d'écrire ? Comment se sentir libre alors que chaque rapport sexuel porte la menace d'un enfant dont on ne veut pas ? Comment vivre alors que chacun attend que vous meniez une vie qui ne correspond pas à vos attentes ?


J'ai été chamboulée par cette lecture: lire ce roman en ayant des connaissances sur la vie de Sylvia Plath et sur sa fin de tragique est bouleversant. Comment ne pas lire La Cloche de détresse comme une confession désespérée ou un long appel au secours ?

 Mon ressenti durant la lecture de La cloche de détresse m'a fait penser à celui de la découverte de Frankie Addams de Carson McCullers. Je me suis sentie proche d'Esther /Sylvia en ressentant un certain trouble et beaucoup d'empathie. Le roman n'est jamais mièvre et l'écriture de Sylvia Plath est très épurée et belle. 

 " Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n’était qu’un mauvais rêve. "

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La Vie à deux est un recueil de nouvelles de Dorothy Parker. L'auteur pique nos petits coeurs et détruit toute illusion possible sur l'amour, l'amitié, le bonheur ou encore la famille.

Dans certaines nouvelles, Dorothy Parker se moque cruellement de nos espoirs et de ceux du personnages. Elle piétine les idéaux pour nous ouvrir les yeux et dénoncer la société américaine de son époque qui n'a que peu de différences avec la nôtre. Chez Dorothy Parker, les couples sont incapables de communiquer et de se comprendre. Etre marié, c'est être éternellement seul tout en devant supporter la présence de cet étranger qui ne nous écoute pas et ne nous comprend pas. Les adultes se débarrassent de leurs parents devenus âgés et encombrants en attendant un héritage qui serait le bienvenu. Les amies n'en sont pas, les racistes sont submergés par leur bêtise : persuadés de ne pas être racistes, ils enchaînent les préjugés et les réflexions racistes. 

Heureusement, tout n'est pas ironique et désespéré chez Dorothy Parker, nous rencontrons aussi de beaux portraits de femmes. Je pense particulièrement à cette amoureuse abandonnée par son amant qui a l'impression de le voir dans la foule dès qu'elle sort de chez elle et qui souffre sincèrement ou encore à la grande blonde, blessée par les hommes et qui devient alcoolique pour tout oublier. L'histoire de Big Lannie est celle qui m'a le plus émue : cette travailleuse noire perd toute sa famille et doit élever et protéger son petit fils aveugle. 

Dorothy Paker est une conteuse pleine de talent qui touche nos points sensibles et nous bouscule. 

" Quand je pense à tous ces gens qui se marient et puis qui gâchent leur vie en se disputant pour des riens. Oh, je ne veux pour rien au monde ressembler à ces gens-là, chéri. On sera différents, nous deux, n'est-ce pas ?" 

 

Fanny

Ces deux livres font partie de deux petits challenges personnels lancés depuis le début de l'année :

PAL 12 classiques à lire en 2017 : Un barrage contre le Pacifique, La Fortune des RougonLe Maire de Casterbridge, Le Portrait de Dorian Gray, Adrienne Mesurat, Une Maison de poupée,  Le Tour du monde en 80 jours, Le Coeur est un chasseur solitaire, Une mort très douce ou Mémoires d'une jeune fille rangée, L'Amant de lady Chatterley, La Cloche de détresseLe Fantôme et Mrs Muir.

PAL Pérou/ New-York Carnet du Pérou: Sur la route de Cuzco , La tante Julia et le scribouillard,  La Cloche de détresse,  La trilogie New-Yorkaise, La vie à deux, L'enfer commence avec elle, Les New-Yorkaises, New-York. 

22/03/2017

PAL Pérou/ New-York

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Avant de visiter Lima et le Sud du Pérou et ensuite New-York en août, je voudrais commencer par voyager entre les pages de bons livres !

Après quelques recherches dans ma bibliothèque et sur internet, je me suis constituée une PAL de romans  et guides touristiques à lire avant ces deux périples. 

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Pour le Pérou : 

- Carnet du Pérou: Sur la route de Cuzco est un reportage graphique de Fabcaro.

La tante Julia et le scribouillard est un roman autobiographique du Prix Nobel péruvien Mario Vargas Llosa. Le roman alterne les thèmes à chaque chapitre : l'histoire amoureuse d'un adolescent et de sa tante et des anecdotes sur le Pérou. 

- Deux guides de voyage, l'un édité par Hachette et l'autre par Michelin. J'achète toujours les guides verts de Michelin habituellement mais pour l'occasion j'ai voulu essayer aussi une autre édition.

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Pour New-York : 

- La Cloche de détresse, un roman autobiographique devenu un classique féministe écrit par Sylvia Plath

- La trilogie New-Yorkaise du célèbre Paul Auster que je lirai pour la première fois

- La vie à deux, un recueil de nouvelles de Dorothy Parker dont j'ai découvert l'existence grâce aux romans policiers de J.J Murphy

- L'enfer commence avec elle, un roman de John O Hara que j'ai trouvé chez un bouquiniste sans en avoir jamais entendu parler. 

- Les New-Yorkaises, un roman d'Edith Wharton que je n'ai pas encore lu. 

- New-York, un livre de dessins et d'anecdotes sur la ville destiné aux enfants crée par Sasek

- Un guide vert édité par Michelin

 

Si vous avez des livres ou des endroits à me conseiller à New-York ou au Pérou, je vous écoute ! 

Fanny

 

01/02/2017

Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes

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Afin d'être sensible aux parodies contenues dans Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes j'ai voulu me replonger dans une aventure inventée par Conan Doyle. Je n'en avais plus lue depuis mon adolescence et c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai lu Une étude en rouge. Si vous aimez le plus célèbre des détectives, ce recueil de nouvelles est une petite pépite faite pour vous !

Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes rassemble des dessins en noir et blanc de trois illustrateurs différents qui parcourent l'ensemble du livre et rendent l'objet très beau.

Ce recueil contient aussi des parodies des aventures du célèbre détective et de son acolyte. Ces réécritures sont autant d'hommages rendus à Sherlock Holmes par des admirateurs de Conan Doyle. Ces courts textes peuvent être tendres, cocasses ou encore satiriques et datent des XIXe, XXe et XXIe siècle. Ils ont été écrits par de grandes plumes comme James Matthew Barrie, Maurice Leblanc, Jean Giraudoux, Jack London ou Conan Doyle lui-même mais aussi par des admirateurs de Sherlock Holmes moins connus.

Tous ces textes apportent quelque chose de différent à l'image du mythe anglais et nous permettent de découvrir les mille et un visages de Sherlock Holmes et Watson.

Ainsi, les deux amis résolvent des énigmes totalement farfelues ou très compliquées à Londres, à New York ou encore à Prague ! Le détective et le docteur sont partout et leurs enquêtes transcendent toutes les époques : Sherlock Holmes est appelé à la rescousse par un homme suspecté d'avoir tué sa maîtresse prêt à le quitter, il aide son frère à tirer au clair un scandale qui n'est pas sans rappeler celui de Dominique Strauss-Kahn et il tente de prouver l'inefficacité de Scotland Yard.

Ces enquêtes ne sont pas les seules aventures du détective : il simule sa mort pour se débarrasser de son acolyte encombrant, il est remplacé par sa fille, ridiculisé par Arsène Lupin mais il aussi est sommé de quitter sa résidence de Baker Street par sa propriétaire agacée par les dégâts engendrés par ses enquêtes.

Parmi tous ces textes, j'ai eu trois coups de coeur. J'ai particulièrement aimé la parodie de James Matthew Barrie dans laquelle l'auteur écossais se représente aux côtés de son ami Arthur Conan Doyle afin d'interroger le détective pour comprendre les raisons de l'échec de la pièce de théâtre qu'ils ont écrite ensemble. J'ai été très touchée par l'hommage de Jack London, rêvant toute sa vie de rencontrer son idole, Conan Doyle, qui l'a amené à la lecture et à l'écriture. Enfin, j'ai été séduite par l'aventure qui oppose le détective anglais à Arsène Lupin.

Pour conclure, toutes ces parodies se dégustent comme des bonbons et font le bonheur des amoureux de Sherlock Holmes et du docteur Watson.

Je remercie Madame Liebow et les éditions Baker Street.

Lu dans le cadre de A year in England chez Martine.

Fanny

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26/12/2016

Les douze indices de Noël et autres récits, P.D James

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J'ai lu il y a quelques années La Mort s'invite à Pemberley , j'étais curieuse de lire un nouveau roman de P.D James. J'étais ravie de me plonger dans des nouvelles policières.

Le recueil Les douze indices de Noël regroupe quatre nouvelles qui se déroulent toutes en Angleterre pendant la période de Noël.

Ces nouvelles mettent en scène l'inspecteur Adam Dalgliesh qui enquête sur la mort d'un vieil homme. Il se serait suicidé, comme son père avant lui : ses descendants en sont persuadés mais l'inspecteur trouve que les circonstances sont suspectes. Dans une autre nouvelle, il enquête pour un homme qui voudrait savoir si l'argent dont il va hériter a été acquis grâce à un meurtre. Sa tante, des années auparavant, a été suspectée d'avoir tué son mari. Le lecteur rencontre également un auteur de romans policiers qui évoque un crime dont elle a été témoin. Sa grand-mère l'avait invitée à passer les fêtes de Noël dans son manoir avec deux cousins qu'elle ne connaissait pas. L'un des deux fut tué et ce meurtre a influencé sa vie et sa carrière. Enfin, un employé de bureau, qui s'introduit tous les vendredis soirs de manière illégale dans un appartement, observe un couple adultère qui se retrouve dans l'immeuble d'en face et assiste à un meurtre.

Toutes les nouvelles sont très plaisantes à lire et m'ont parfois fait penser aux romans d'Agatha Christie. J'ai aimé me plonger dans cette ambiance cocooning de Noël et de l'Angleterre. P.D James parvient à construire des intrigues intelligentes et prenantes en quelques pages. Les chutes sont réussies, particulièrement la dernière qui est sordide et qui surprend le lecteur.

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Ce recueil de nouvelles policières est idéal pour passer un bon moment en attendant Noël ou pour rester dans cette ambiance une fois les fêtes passées.

Lu dans le cadre du Challenge A Year in England chez Martine.

Fanny

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04/12/2016

La fille du professeur, Joann Sfar et Emmanuel Guibert et Agatha Christie, le chapitre disparu, Brigitte Kernel

Ces dernières semaines, j'ai lu une bande dessinée et un livre qui entraient dans le cadre du challenge A year in England chez Martine mais j'ai hésité puis tardé à en parler sur le blog. J'ai décidé de le faire finalement mais de manière assez brève.

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Sur un coup de tête et après un coup de coeur pour la couverture, j'ai acheté récemment La fille du professeur d'Emmanuel Guibert et de Joann Sfar. Ce dessin en couverture plonge immédiatement le lecteur dans le Londres de la fin XIXe siècle et je n'en avais pas besoin de plus pour me laisser persuader.

Cette bande dessinée est une comédie romantique farfelue. Liliane, la fille d'un archéologue, est amoureuse d'Imotep IV, un pharaon momifié retrouvé par le professeur. Tous deux se sentent prisonniers de l'archéologue : Liliane, sa fille unique doit lui obéir, Imotep IV est sa momie. Ils décident de s'enfuir ensemble mais rien ne se passe comme prévu et des aventures loufoques les attendent: ils rencontrent une autre momie, font irruption dans Buckingham Palace et se font également enlever. Cette succession de péripéties rocambolesques rythme toute la bande dessinée et crée des scènes rigolotes.

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J'ai adoré les dessins et leur colorisation. Ils sont poétiques et rappellent des peintures impressionnistes ou des aquarelles aux couleurs vaporeuses ou sépia. Cependant, l'intrigue pleine de rebondissements ne m'a pas totalement convaincue.

 

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Agatha Christie est l'une des grandes héroïnes de mon adolescence. Sa personnalité et sa vie m'ont toujours intriguée; j'avais commencé la lecture de son autobiographie sans jamais l'achevée. Lorsque ce livre est paru l'an dernier j'ai immédiatement eu envie de le lire.

Durant l'hiver 1926 la célèbre Agatha Christie disparaît pendant 11 jours. Où est elle ? Que lui est-il arrivé ? Nul ne le sait à l'époque, la presse s'empare de l'affaire et encore aujourd'hui le mystère reste total. Agatha Christie a passé sous silence cette disparition dans son autobiographie. En se glissant dans l'esprit de la reine du crime, Brigitte Kernel retranscrit ces 11 jours. À cette époque, Agatha Christie est déjà une auteur reconnue et admirée, elle se remet difficilement du décès de sa mère et son premier époux demande le divorce afin d'épouser sa maîtresse. Agatha fait alors ce qu'elle sait faire de mieux: elle crée une énigme et élabore minutieusement sa propre disparition comme elle le ferait pour l'un de ses personnages.


Ma lecture de ce roman fut compliquée parce que j'avais de fausses attentes dès le début. Sans me renseigner sur le contexte de cette disparition, j'ai toujours imaginé que pendant ces 11 jours, l'intrépide Agatha Christie était partie dans un pays lointain à la recherche d'aventures, mais il n'en est rien. J'ai été déçue par cette lecture parce que je ne me suis pas particulièrement attachée à l'héroïne de mon adolescence. Je l'ai trouvée peu crédible. Je préfère conserver l'image de mon Agatha Christie, téméraire et intrépide, quand bien même elle serait fausse. Mon imagination et l'image d'Agatha Christie donnée par ce roman étaient bien trop éloignées.

Avez-vous lu ce roman ou cette bande dessinée ? Qu'en avez-vous pensé ?

Fanny

Lus dans le cadre du challenge A year in England chez Martine. fichier-02-07-2016-20-14-56.png

 

18/11/2016

La scène des souvenirs, Kate Morton

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J'ai découvert pour la première fois Kate Morton sur le blog de Claire et j'avais acheté ce roman depuis quelques temps mais je ne l'avais pas encore sorti de ma bibliothèque. C'est chose faite désormais !

Laurel retourne dans le Suffolk, sur les pas de son enfance, pour se rendre au chevet de sa mère, Dororthy, qui est sur le point de mourir. Elle y retrouve ses trois plus jeunes sœurs et son unique frère. Malgré les circonstances, la fratrie est heureuse de se retrouver et de se souvenir, ensemble, de leur enfance heureuse vécue sous les yeux aimants de leurs parents. Rose, une jeune sœur de Laurel, a trouvé dans les affaires de Dorothy un exemplaire de Peter Pan dans lequel une photographie était glissée. Deux jeunes femmes, sa mère et une inconnue, sourient à l'objectif du photographe. Qui est cette autre femme dont Dorothy n'a jamais parlée ? Qui est cette Vivien qui a offert Peter Pan à sa mère et a noté sur la page de garde cette inscription: Une amitié véritable est une lumière dans les ténèbres ? Ce mystère éveille en Laurel une autre énigme de son adolescence, refoulée avec le temps. Un jour, alors qu'elle se posait mille et une questions sur sa vie d'adolescence, perchée dans la cabane dans un arbre, un homme inquiétant s'approcha de la maison familiale. Seuls Dorothy et Gerry, encore bébé, étaient présents dans la maison. Lorsque Dorothy vit cet homme dans le jardin, elle sortit, échangea quelques mots avec lui et le poignarda. L'affaire fut rapidement classée par la police. Avec la découverte de cette photographie, les interrogations de Laurel, seule témoin consciente du meurtre, apparaissent de plus belle. Adulte désormais et sur le point de perdre sa mère, elle se rend compte qu'elle ne sait rien de la vie de Dorothy avant son mariage. Laurel décide alors de repartir sur les traces du passé de sa mère à Londres durant la seconde guerre mondiale.

La scène des souvenirs est un roman construit de manière très intelligente et ingénieuse. La construction des chapitres qui alternent les lieux et les époques pourrait être confuse mais Kate Morton ne perd jamais son lecteur. La structure du roman en elle-même est très ambitieuse et se concentre sur trois grandes figures féminines: Laurel, Dorothy et Vivien. Les trois personnages sont très attachants, un seul petit bémol pour Dorothy qui est parfois agaçante. Chaque époque et chaque personnage apporte de nouvelles pièces pour le puzzle que le lecteur tente de construire en même temps que Laurel. Au fur et à mesure, le lecteur et Laurel émettent des hypothèses sur le mystérieux passé de Dorothy mais Kate Morton bouleverse toutes les cartes à la fin et crée un véritable effet de surprise. Malgré quelques longueurs au centre du roman dans les chapitres concernant Dorothy, l'ensemble du roman et surtout la fin sont très réussis. J'ai également beaucoup aimé les thèmes abordés par Kate Morton : la mémoire, l'enfance, la fratrie et certaines pages sur ces sujets sont très poétiques.

Pour toutes ces raisons, je suis certaine de vouloir poursuivre la lecture des romans de Kate Morton. 

"Curieuse sensation que de se retrouver dans ce refuge si riche de souvenirs d'enfance, d'y croiser le regard de son visage adulte et creusé de rides. Comme Alice tombant dans le terrier du lapin - ou plutôt, y retombant, cinquante ans plus tard, et se rendant compte qu'elle était la seule à avoir changé."

 

Lu dans le cadre du challenge A year en England chez Martine. 

Fanny

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30/10/2016

L' Affaire de la belle évaporée, J.J Murphy

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Dorothy Parker, la reine des répliques cinglantes, fait son grand retour avec son "cercle vicieux" pour mener une nouvelle enquête dans l'Hôtel Algonquin à New York dans ce second volume intitulé L'Affaire de la belle évaporée qui sortira le 3 novembre.

Alors que tous préparent une grande fête pour le 31 décembre dans une suite, un cas de variole est découvert et l'Algonquin est mis en quarantaine. Les clients de l'Hôtel se retrouvent malgré tout pour fêter la nouvelle année à venir dans la suite d'un couple de prestigieux acteurs. Les invités viennent de tous les horizons: Dorothy Parker et ses amis, Bibi Bilelot la vedette du moment et sa concurrente du moment Lydia ou encore Arthur Conan Dolye, le célèbre créateur de Sherlock Holmes et son ami le docteur Hurst. Après une arrivée remarquée et provocante qui échauffe les esprits, Bibi Bibelot se baigne dans une baignoire remplie de champagne alors que Dorothy et ses amis s'amusent au jeu de l'assassin. Comme le veut la tradition, les invités descendent à minuit pour se souhaiter la bonne année dans le hall de l'hôtel. Poursuivant le jeu de l'assassin, Dorothy qui a pioché le rôle du tueur, envoie Woollcoot dans la suite des acteurs pour "l'assassiner". Alors qu'elle prépare une réplique "mortelle" dans la suite, Dorothy découvre le corps de Bibi, assassinée dans la baignoire au champagne. Woollcoot s'autoproclame détective et entend bien débusquer le véritable assassin de Bibi. Dorothy accompagnée par son tendre ami Benchley et par Conan Doyle mène l'enquête de son côté.

Quelle joie de retrouver Dorothy Parker et le cercle vicieux dans ce second volume !

Les éléments qui ont fait le succès du premier se retrouvent dans cette nouvelle enquête. J.J Murphy sait nous transmettre toute la tendresse qu'il ressent pour ses personnages. Le roman est tout aussi farfelu et rigolo, on aime suivre ces personnages qui courent à tous les étages de l'hôtel pour chercher des preuves, retrouver l'assassin, traquer des gangsters déguisés ou encore fuir Woollcott qui les agace. Certains passages de ces courses poursuites dans l'hôtel m'ont fait penser à la scène finale de Certains l'aiment chaud dans laquelle Joe et Jerry, déguisés tour à tour en Daphné et Joséphine, en vieil homme handicapé et en son garde malade ou en serveurs fuient des gangsters. Les réflexions piquantes et acides de Dorothy et les jeux de mots de ses amis font le plaisir des lecteurs. L'ambiance du New York des années 20, de la prohibition et des starlettes de Broadway est toujours aussi bien installée par J.J Murphy. Le personnage d'Arthur Conan Doyle que l'on découvre dans ce second tome apporte un petit charme british au roman. L'intrigue policière n'est pas la plus importante dans ces romans puisque J.J Murphy laisse la plus belle part à l'humour, aux scène cocasses et aux répliques qui fusent avec intelligence. Certains des personnages du roman ont véritablement vécus, J.J Murphy expose rapidement à la fin du roman ce qu'il a modifié de la vie réelle de ses personnages pour les besoins de sa fiction. J'ai trouvé ces quelques pages très intéressantes. L'Affaire de la belle évaporée fut une lecture très plaisante pour toutes ces raisons.

Si vous n'avez pas encore lu le premier tome, Le cercle des plumes assassines, il est désormais disponible en poche chez Folio et vous pouvez lire ou relire ma critique ici. 

" Ma foi, vous savez ce que je dis toujours: si vous n'avez rien d'agréable à dire de quelqu'un, venez vous asseoir à côté de moi."

"Woollcott bomba le torse.

- Je tiens à m'entretenir en personne avec les autorités. Et à obtenir leur autorisation officiellr pour traiter cette folle affaire.

- Vous êtes le seul fou bon à être traité, dans le coin."

 

Merci aux éditions Baker Street pour cette lecture si plaisante !

Fanny
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