Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/01/2015

Frankie Addams, Carson McCullers

10930100_699947963455901_3248643228653098824_n.jpg

Frankie Addams, adolescente aux jambes de sauterelle, a 12 ans et ne trouve plus de place dans sa vie qu'elle trouve trop étroite. Sa mère est décédée à sa naissance, son père l'ignore, les filles de son quartier ne veulent pas l'accepter dans leur club parce qu'elle est trop jeune, son cousin de six ans, John Henry, l'ennuie et l'agace et Bérénice, la femme à tout faire noire, la bouscule parce qu'elle comprend trop bien son mal être. Frankie souffre: elle ne supporte plus de vivre dans cette maison et dans cette ville du Sud des Etats-Unis qu'elle trouve laides, elle se sent prisonnière d'elle-même et elle a l'impression d'être abandonnée par tous car elle n'appartient à rien en étant trop jeune pour les adolescentes, trop vieille pour les enfants du quartier. Le passage de l'enfance à l'âge adulte est douloureux. Alors que cet été s'étire sans fin, que la radio annonce la Libération de Paris, que les parties de cartes dans la cuisine avec Bérénice et John Henry se multiplient, Frankie apprend que son frère va se marier. Elle rêve alors de quitter la ville avec son frère et sa fiancée pour les accompagner lors de leur lune de miel et faire ainsi le tour du monde. Ce rêve devient une obsession et une nécessité. Frankie étouffe et son comportement oscille entre profonde mélancolie et violence contre le monde mais aussi contre elle-même. 

Ce roman est singulier: je n'ai jamais rien lu qui puisse y ressembler. Le lecteur entre petit à petit dans l'univers de cette adolescente en souffrance. Le début peut paraître un peu long car Carson McCullers est soucieuse de plonger le lecteur dans l'esprit de Frankie. Dès lors les doutes, les souffrances et le mal être de Frankie deviennent ceux du lecteur. Cette lecture n'est pas aisée parce qu'elle met le lecteur dans des situations délicates: il se sent enfermé, parfois violent et mélancolique tout comme son héroïne. Le dénouement est inattendu et notre gorge se noue lorsque l'on tourne la dernière page. Je pense vraiment que ce roman ne peut pas laisser indifférent.

Vous l'aurez compris, ce roman est un véritable coup de coeur que je ne suis pas prête d'oublier et Carson McCullers est une sublime découverte! Un grand classique américain à lire au plus vite !

images (1).jpg

"- Je voudrais que demain ne soit pas vendredi mais dimanche. Je voudrais déjà être partie d'ici.

- Il viendra ce dimanche, avait dit Bérénice.

- J'en doute. Il y a si longtemps que je veux quitter cette ville. Après le mariage, je voudrais ne pas revenir ici. Je voudrais aller quelque part, et que ce soit pour de bon. Je voudrais avoir cent dollars et pouvoir m’en aller vraiment et ne plus jamais revoir cette ville.

- Les choses que tu voudrais, ça fait beaucoup à mon avis.

- Je voudrais être n'importe qui excepté moi. "

Fanny

18/01/2015

Mille femmes blanches, Jim Fergus

mille feùùes blanches.jpg

Septembre 1874. Little Wolf, chef d’une tribu cheyenne, rencontre le président américain Ulysses S. Grant et lui propose d’échanger mille chevaux contre le même nombre de femmes blanches. L’objectif du chef cheyenne est de faire de ces femmes des épouses pour son peuple, dont la descendance, grâce au métissage, favoriserait l’intégration au sein du peuple américain. Si officiellement les autorités américaines se disent choquées par la proposition, en coulisse le rassemblement de femmes blanches « volontaires » s’organise. Certaines femmes sont recrutées grâce à une annonce promettant aventure et exotisme à de jeunes femmes désireuses de se marier ; mais l’essentiel des effectifs est en réalité puisé dans les prisons et asiles. Parmi ces femmes il y a May Dodd, 25 ans. Issue d’une riche et importante famille, May a été placée en asile par son père pour être tombée amoureuse de l’un de ses contremaîtres, avoir vécu avec lui hors des liens du mariage et donné naissance à deux enfants. En se portant volontaire pour cette « mission », May voit surtout un moyen de s’échapper de l’asile et de fuir les mauvais traitements qu’elle y subit. Les femmes s’engagent à intégrer une tribu indienne pour deux années à la fin desquelles elles seront libres de rejoindre la civilisation. Pour May il y a donc au bout de ces deux années un espoir de liberté et la possibilité de retrouver ses enfants.

Nous suivons le destin de May ainsi que celui de ses compagnes au travers de carnets dans lesquels May écrit des lettres pour sa famille et y décrit l’aventure dans laquelle elle se retrouve embarquée. Ces femmes, sans trop savoir ce qui les attendent, entament un incroyable voyage pour aller à la rencontre de leurs futurs époux indiens dont elles ignorent tout du mode de vie, des croyances et coutumes mais aussi de la langue. Si May et ses compagnes croient tout d’abord, comme il leur a été expliqué, qu’elles ont un rôle à jouer dans l’intégration des Indiens, en leur apportant la « culture » et le « savoir », elles vont vite se retrouver totalement oubliées et perdues derrière les conflits entre les forces américaines et les Indiens. Quelques mois après l’intégration de ces femmes au sein des tribus indiennes, les relations entre Indiens et Américains se détériorent du fait des enjeux de la possession des territoires Black Hills. Les Américains ont découvert que ces territoires offrent beaucoup d’or et souhaitent donc en déloger les Indiens pour les installer dans des réserves. Au sein de cette guerre des territoires, difficile pour ces femmes de savoir quelle est leur identité…

J’ai beaucoup apprécié ma lecture car elle m’a permis d’entamer un véritable voyage dans le temps mais aussi vers les territoires indiens d’Amérique et de découvrir de petits bouts du mode de vie, des croyances ainsi que des traditions indiennes ce qui a été très intéressant. Ce roman est également marquant car Jim Fergus nous offre des portraits de femmes incroyables que j’ai eu plaisir à suivre tout au long du roman. On s’attache bien sûr à la courageuse May dont on suit les aventures le plus en détails du fait de la forme de journal de ses carnets de lettres, mais ses compagnes sont tout aussi marquantes et attachantes. A travers chacune d’elles on découvre des réactions, intégrations et évolutions différentes au cœur de la tribu.

Le récit de Jim Fergus est une fiction. Little Wolf a bien rencontré le président Ulysses S. Grant mais l’échange de ces mille femmes blanches est imaginé par l’auteur. Le récit n’en est pas moins tout à fait prenant et l’auteur nous offre ici une très belle lecture !

Emilie

02/01/2015

Louisa May Alcott, Vivianne Perret

louisa.jpg

C'est avec une grande joie que j'ai découvert cette nouvelle biographie de Louisa May Alcott, l'auteur du célébrissime Les Quatre filles du docteur March, sous mon sapin de noël.

Vous connaissez déjà mon grand amour pour ce roman et pour ses personnages qui ont bercé mon enfance.

Mon sentiment sur cette biographie est mitigé: j'ai appris une montagne de choses et j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir les véritables sœurs de Louisa May Alcott et le contexte historique de la vie de l'auteur. Cependant, la première partie de la biographie concernant le père et la mère de l'auteur est trop longue selon moi. La moitié du livre leur est consacrée. Il est bien entendu nécessaire de connaître la vie, les passions et les engagements des parents d'un auteur pour mieux comprendre son enfance et les influences subies. Après cette première partie, j'ai eu l'impression que la lecture de la vie même de l'auteur allait bien trop vite!

Louisa May Alcott était une femme de luttes et cette biographie nous offre une large palette des combats qu'elle a pu mener au cours de sa vie pour l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, entre les Noirs et les Blancs ainsi que contre l'alcoolisme qui engendrait de véritables problèmes dans la société. Son parcours de femme engagée dans son pays et dans la société qu'elle désire améliorer est admirable.

Il est également passionnant de constater l'influence autobiographique dans Les Quatre filles du docteur March et les similitudes et différences entre la vie de l'auteur et de ses trois sœurs et celles des sœurs de papier. L'indépendance et la modernité de la vision de la femme défendue par l'auteur étonneront les lecteurs qui trouvent que Les Quatre filles du docteur March est trop"moralisateur". Viviane Perret a également fourni de nombreux documents très instructifs à la fin du livre et nous apprenons que, malheureusement, aucune traduction française n'a encore respecté le texte de Louisa May Alcott: chapitres supprimés, fin changée, personnage francisé (en pleine guerre mondiale, le fiancé allemand de Jo est devenu un alsacien fuyant les Allemands en se réfugiant en Amérique).

postcard.jpg

 Pour conclure, ce portrait de femme résolument moderne est très instructif et étonnant malgré certaines longueurs au début. Comme toute bonne biographie, ce livre donne aux lecteurs l'envie de se replonger dans les œuvres de Louisa May Alcott et de lire enfin une véritable traduction des Quatre filles du docteur March. 

Fanny

Lu dans le cadre du Challenge XIXe siècle chez Fanny 2071237519.png

24/12/2014

Noël à Thompson Hall, Anthony Trollope

 

9782851977373FS.gif

Noël à Thompson Hall regroupe quatre nouvelles d'Anthony Trollope dont deux se déroulent à noël.

Dans la première nouvelle, Noël à Thompson Hall, Mrs Brown cherche par tous les moyens à persuader son mari de se rendre en Angleterre, dans sa famille, pour fêter Noël. Cela fait huit ans que Mrs Brown n'a pas fêté Noël dans sa famille et dans son pays mais cette année elle ne cèdera pas aux caprices de son mari !Cette nouvelle multiplie les quiproquos et les malentendus qui feront sourire le lecteur et qui lui rappelleront une comédie de boulevard.

Dans La Jeune fille du télégraphe, Lucy, jeune femme modeste mais possédant une détermination exemplaire, rencontre des difficultés financières lorsque son frère décède et qu'elle doit devenir indépendante. Cette héroïne, petite soeur de Jane Eyre, force l'admiration par sa modernité, son indépendance et son regard sur la condition féminine. Elle deviendra une amie mais aussi une sorte de guide pour Sophy, jeune fille cherchant un mari. Un nouveau voisin viendra perturber l'équilibre et l'entente entre les deux jeunes femmes colocataires.

Dans la nouvelle Alice Dugdale, Trollope fait encore la part belle aux jeunes femmes volontaires, déterminées et indépendantes. Alice Dugdale, jeune fille modeste s'occupant des enfants de sa belle-mère, est courtisée par le major Rossiter, jeune militaire admiré dans toute la région. Néanmoins, la mère de ce jeune homme a pour ambition d'avoir pour belle-fille une jeune femme en vue et non une modeste fille de médecin. Rossiter s'éloigne de son amour de jeunesse, Alice, pour passer des séjours chez l'important couple Wanless et ses nombreuses filles. Madame Wanless cherchera à marier l'une des filles, la plus belle bien entendu, à Rossiter au grand regret d'Alice. Le major ne saura plus quelle jeune femme épouser...

Les deux héroïnes de Plumplington met en scène Polly, fille d'un commerçant ayant fait fortune et Emily, fille d'un riche banquier. Ces deux jeunes femmes ont un point commun: elles veulent toutes deux épouser un homme que leur père juge d'une condition inférieure. Polly et Emily s'allient pour déjouer les plans de leur père respectif afin d'épouser les hommes qu'elles aiment. Aidées par le pasteur de la ville, elles ont l'ambition de faire céder leurs pères avant les fêtes de Noël !

 

L'objet livre est très beau: la couverture est magnifique et la maison d'édition L'Herne a glissé dans les nouvelles de belles illustrations de petite taille mais aussi sur des pages entières.

Ce recueil de Trollope fut ma première lecture de cet auteur que je lirai de nouveau avec plaisir ! Sans être inoubliables, ces nouvelles furent plaisantes à lire. J'ai particulièrement aimé me plonger dans les nouvelles ayant pour cadre les fêtes de Noël. Enfin, Trollope dresse de beaux portraits de personnages féminins résolument modernes et indépendantes.

Fanny

 

Lu dans le cadre du Challenge XIX siècle chez Fanny2071237519.png

14/12/2014

Cris, Laurent Gaudé

41MshYn-+CL._SS500_.jpg

 

En superposant les courts récits de nombreux soldats, Laurent Gaudé dresse un immense tableau de tous ces hommes sacrifiés et magnifiques.

Il nous donne à entendre la voix d'une multitude de soldats et d'un médecin. Qu'ils quittent les tranchées, qu'ils prennent la relève, qu'ils traquent un soldat fou qui hurle à la mort, qu'ils tuent, qu'ils sauvent, qu'ils soignent ou aident à mourir; ces hommes nous racontent leurs petites histoires qui participent à la Grande histoire de la première guerre mondiale. Tout commence lorsque Jules, honteux, quitte les tranchées sans prévenir ses amis, Marius et Boris, qui ne peuvent quitter le front. En traversant les boyaux, il croise la relève et ces nouveaux soldats confient leurs peurs et leur inexpérience au lecteur.

Les voix de ces hommes touchent le lecteur au cœur. Tout comme Jules, il entendra encore longtemps, une fois le livre fermé, les voix des camarades des tranchés ou sera hanté comme Boris et Marius, par ces cris inhumains de cet homme-animal vivant dans le no man's land. Les phrases très courtes et hachées de Laurent Gaudé percutent le lecteur.

J'ai particulièrement aimé la construction du roman qui nous donne à lire le récit de soldats présents tout le long du roman mais aussi pour quelques pages seulement. L'auteur semble ainsi prêter sa voix à des anonymes, que les soldats eux-mêmes oublient dans le roman, à l'image du gazé qui agonise dans un trou d'obus et que les soldats ont oublié en se disant qu'il était certainement mort et qu'il ne servait à rien de risquer sa vie pour aller le chercher.

Cris est un long chant poignant et émouvant mais aussi une immense statue dressée à la mémoire de tous ces hommes. Ce roman est un coup de poing au cœur et au ventre qui laisse le lecteur sonné et ému.

"Je mets des pansements sur les morts et j'ampute les vivants. Il y a trop de cris autour de moi. Je n'entends plus les voix. Et je me demande bien quel visage a le monstre qui est là-haut, qui se fait appeler Dieu, et combien de doigts il a à chaque main pour pouvoir compter autant de morts."

"Je ne pensais pas que la mort pouvait avoir le visage d’un gamin de dix-huit ans. Ce gamin-là, avec ses yeux clairs et son nez d’enfant, c’était ma mort."

"Je ne sais pas ce qui peut produire les cris dont tu parles et que j'ai moi-même entendus, animal ou homme. Je ne sais pas si ce sont des lamentations ou les fous rires d'une bête sauvage. On dit que c'est un soldat, aliéné lors d'une attaque, qui n'a jamais retrouvé ses lignes et qui erre en nous insultant, nous qui n'avons jamais rien fait pour le retrouver. Personne ne peut dire si c'est un Allemand ou un Français. Personne ne peut dire de quoi il vit et où il se terre. Certains affirment que c'est le fantôme écorché du champ de bataille. Qu'il vient hurler à nos oreilles, la nuit, pour nous rappeler nos meurtres du jour."

Fanny

Ps: Merci à ma soeur, admiratrice de Gaudé, qui m'a conseillé ce roman !

Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale organisé par Claire !

3257094219.jpg

 

30/11/2014

La lumière des étoiles mortes, John Banville

 

CVT_LUMIERE-DES-ETOILES-MORTES_7440.jpeg

 

 J'ai acheté ce roman sans connaître son auteur après avoir eu un coup de coeur pour son titre poétique, pour la quatrième couverture et pour une citation du roman parce qu'elle touche une des questions existentielles qui me bouleverse :

" Où tout cela va-t-il donc quand nous mourons, tout ce que nous avons été ? "

Ce roman plonge le lecteur dans deux époques bien distinctes de la vie du narrateur, Alex, qui part à la recherche du temps perdu et se remémore avec certaines difficultés l'été qu'il passa avec son premier grand amour: la mère de son meilleur ami âgée de 35 ans alors qu'il n'en avait que 15. L'auteur nous plonge dans les mécanismes et les méandres de la mémoire qui nous joue des tours, brouille les cartes, nous fait oublier le plus important ou encore ne fixe que les détails insignifiants.

Petit à petit, les souvenirs laissent la place au présent du narrateur, ancien comédien de théâtre, qui expérimente les plateaux de cinéma et qui traîne derrière lui le fardeau de la disparition de sa fille unique, Cass, morte dix ans plus tôt. Puis, le roman trouve un équilibre entre évocation du passé et récit du présent.

La fin du roman est sublime, poignante et laisse un petit pincement au coeur du lecteur.

Les réflexions de l'auteur sur les souvenirs, sur le passé parfois plus vivant que le présent et sur la mort ont su véritablement me toucher et trouveront sûrement un écho chez tous les lecteurs.

L'écriture de John Banville est sensible, délicate et poétique. Tout a su me toucher dans ce roman : les personnages, l'intrigue, les thèmes et l'écriture.

La lumière des étoiles mortes est un très beau roman que je ne risque pas d'oublier et qui ouvre la voie à de prochaines lectures de cet auteur !

"En quel royaume éternel, dois-je croire, lequel dois-je choisir? Aucun, puisque tous mes morts sont tous vivants dans mon coeur, moi pour qui le passé est un présent plus lumineux et éternel; vivants pour moi et néanmoins disparus, sinon dans le fragile au-delà de ces mots."

Roman lu en lecture commune avec Claire !

Fanny

 

16/11/2014

Sylvestre s'en va-t-en guerre, Stéphane Henrich

Sylvestre-340x499.jpg

Présentation de la maison d'édition: La Grande Guerre... une horreur absolue que nous avons tous, quel que soit notre âge, bien du mal à comprendre. Sylvestre, pigeon voyageur à la retraite, sera réquisitionné pour servir sa patrie. De son regard de volatile émerge une perception de la guerre qui est à la fois candide et terrible. 

Mon avis: Je remercie tout d'abord la maison d'édition Kaléidoscope et Babelio pour l'envoi de cet album et pour cette agréable découverte.

Sylvestre s'en va-t-en guerre est un joli album qui cherche à expliquer la guerre aux plus jeunes. Les lecteurs suivent Sylvestre, un pigeon voyageur, et son ami Léon. Ce dernier est un fleuriste qui a sauvé Sylvestre blessé par un chasseur.

Alors qu'un ordre de mobilisation est placardé en ville, Sylvestre et Léon s'apprêtent à reprendre du service et notre pigeon voyageur quitte Célestine, sa fiancée.

Le début de la guerre et l'innocence des soldats persuadés que la guerre sera de courte durée sont très bien retranscrits. Notre héros préfère la compagnie des hommes à celle de ses semblables et le lecteur découvre à travers ses yeux la vie des soldats dans les tranchées et leurs sentiments face à cette guerre qu'ils trouvent désormais trop longue.

Cet album choisit des mots simples mais efficaces pour conter différentes étapes importantes de la première guerre mondiale. Je trouve que Stéphane Henrich a montré d'une manière très intéressante l'évolution de l'état d'esprit des soldats.

 

Sylvestre1-218x148.jpg

Les dessins sont très jolis et ils ne sont pas sans rappeler ceux de Sempé, en particulier pour les dessins des humains. J'ai également aimé le titre qui fait référence à la célèbre chanson et au film Johnny s'en va-t-en guerre.

Je pense que les enfants sont sensibles aux détails et s'en amusent. J'ai trouvé certains détails attendrissants comme cette petite souris qui se cache dans plusieurs dessins des tranchées. Ils sont également instructifs dans cet album comme par exemple l'assassinat de l'archiduc annoncé par un journal tenu par un personnage secondaire.

L'amitié entre l'animal et l'homme saura également toucher les enfants. Les animaux sont humanisés et leur destin est lié à celui des hommes. Ainsi, les pigeons blessés sont couchés aux côtés des soldats tombés sur le champs de bataille et les plumes ou fleurs présents dans le pigeonnier à la place d'un animal abordent d'une manière délicate la mort.

Pour conclure, Sylvestre s'en va-t-en guerre est un très joli et très intelligent album à mettre entre les mains de tous les enfants.

Fanny

Album lu grâce à Babelio et à la maison d'édition Kaléidoscope !

2843307054.png                               99838769.png

 

 

Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale organisé par  Claire

3257094219.jpg