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04/12/2019

Imelda et le roi des Gobelins, Briony May Smith

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La maison d'Imelda se trouve à l'orée des bois. La fillette mène une existence proche de la nature et vit en harmonie avec les habitants de la forêt, la reine des fées et ses sujets. L'existence est douce jusqu'à l'arrivée du terrible roi des Gobelins. Les fées tentent de vivre en paix avec ce nouveau peuple et monarque mais leurs efforts sont vains. Le monstre enlève la reine des fées et chasse son peuple. Imelda semble alors la seule capable d'aider ses amies fées et leur reine. Elle est prête à tout pour chasser ce roi qui martyrise le peuple des Gobelins et les habitants de la forêt.

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Imelda est une fillette courageuse, rusée et intelligente. Mignonne comme tout avec ses joues roses et ses couettes, elle pourra conquérir sans mal le coeur des petits. L'histoire de Briony May Smith s'adresse aux jeunes enfants, le texte présent sur chaque page est court et laisse la part belle à l'illustration mais l'intrigue n'est jamais infantile. Le vocabulaire est particulièrement recherché. J'ai beaucoup aimé les illustrations et les couleurs d'Imelda mais aussi des habitants de la forêt et de la nature. Je suivrai dorénavant les sorties de Briony May Smith.

Cette lecture est toute douce. Même si le texte est bien plus simple et s'adresse à de jeunes enfants, cette lecture n'est pas sans nous rappeler Une sorcière chez les Sorcières, titre phare des éditions Lumignon. Imelda et le roi des Gobelins est donc un parfait cadeau de Noël pour les petits, à la fois mignon et intelligent.

 

Je remercie vivement Babelio et les éditions Lumignon ( la carte postale et le marque page envoyés avec le livre étaient de charmantes surprises !)

Fanny

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21/10/2019

Le Corbeau d'Oxford, Faith Martin

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Trudy Loveday est une stagiaire de la police d'Oxford mais elle peine à trouver la place qu'elle mérite au sein de son équipe exclusivement masculine. Nous sommes en 1960 et beaucoup considèrent que sa place n'est pas au commissariat. Après avoir arrêté un voleur et un exhibitionniste particulièrement recherchés, Trudy espère participer activement à l'affaire qui ébranle la police : un riche industriel d'Oxford est la victime d'un corbeau. Ce dernier ne se contente pas de croasser, il tue sa première victime exactement à la date et à l'heure qu'il avait annoncées. Loin de l'intégrer à l'équipe, le chef de Trudy lui ordonne d'assister le vieux coroner et médecin Clement Ryder qui souhaite ouvrir un dossier bâclé selon lui cinq plus tôt. Le coroner agace la police en remettant en cause ses conclusions mais Trudy se rend compte que l'affaire classée mérite une nouvelle enquête et surtout, qu'elle pourrait bien avoir un lien avec le mystérieux corbeau...


J'ai adoré ce cozy mystery que j'ai dévoré en deux jours. Le duo de la jeune stagiaire sous-estimée par tous et du vieux coroner grognon est original et attachant. Le rythme est rapide, l'intrigue prenante, des touches humour sont présentes et l'ambiance d'Oxford donne envie de filer dare-dare en Angleterre. La résolution de l'enquête m'a surprise. Les références à Thomas Hardy et à Agatha Christie apportent la touche finale aux nombreux charmes du roman.

 

Un grand merci à Babelio et les éditions Harper Collins !

 

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19/10/2019

L'homme qui chaussait du 62, Daniel Crozes

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Ulysse a vingt ans, il mesure 2,20 mètres, pèse 170 kilos et sa croissance n'est pas terminée. En 1903, il passe le conseil de révision et stupéfie les médecins. Un photographe immortalise sa carrure, il devient le plus grand conscrit de France. Sa vie en est alors chamboulée. Des journalistes veulent rencontrer le géant, des agents artistiques lui proposent des contrats. Ulysse est un cordonnier vivant dans un petit village de l'Aveyron une vie modeste et heureuse avec les siens. Il a le cœur tendre et naïf des rêveurs. Malgré sa peur de quitter sa famille, il va accepter la proposition d'un agent : former un duo de musiciens avec un lilliputien, faire une tournée en France, puis en Europe. La coquette somme qu'il percevra et qu'il reversera à sa famille vivant dans des conditions de plus en plus précaires va le décider à surmonter son angoisse de devenir une bête de foire moquée par les spectateurs. Le lecteur suit alors le géant durant plusieurs années dans ses tournées musicales qui feront de lui une célébrité. Sa renommée le mènera jusqu'aux Etats-Unis. 

Pour écrire ce roman, Daniel Crozes s'est inspiré de la vie d'Henri Cot, géant aveyronnais né en 1883 et mort dans des conditions mystérieuses en 1912. L'historien plonge le lecteur dans l'Aveyron du début du XXe siècle, dans la folie des nuits parisiennes et de la tournée américaine mais aussi dans vie d'un duo au physique peu ordinaire. 

 

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Le thème des hommes et femmes au physique extraordinaire au début du XXe siècle, la vie de cet homme m'intéressaient énormément pourtant j'ai eu du mal à rentrer véritablement dans ce roman. Malgré le caractère de ce bon géant, j'ai eu l'impression d'être tenue à distance du héros, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être que le choix du narrateur externe contribue à cette distanciation. L'homme qui chaussait du 62 est un roman intéressant mais que je n'ai pas trouvé assez émouvant. La fin est cependant très surprenante et nous donne envie de faire des recherches sur Henri Cot. Ce fut une lecture en demi-teinte pour ma part.

 

Je remercie vivement Babelio et les éditions Rouergue pour cette découverte.

 

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19/06/2019

L'Assassin du Marais, Catherine Cuenca

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Au printemps 1849, Paris est en effervescence. Une épidémie de choléra décime la ville. Jeanne Deroin se présente aux élections législatives. C'est la première femme qui ose se présenter comme candidate. Elle demande instamment l'égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes, faisant fi des menaces, des quolibets et des critiques de ses contemporains comme Proudhon et George Sand. 

Alexandre, un jeune enquêteur, voyou repenti, se rend sur une scène de crime. Une célibataire de 29 ans, couturière et membre actif du club des Femmes d'Eugénie Niboyet a été étranglée. Bientôt, une autre femme est retrouvée étranglée dans Paris. Elle était aussi une militante active de la cause féministe. Alexandre en est alors certain, ces femmes ont été assassinées pour leur engagement politique. La haine, la misogynie est l'unique mobile de ces meurtres. Un homme, quelque part dans Paris, veut faire taire ces femmes. Lâché par son supérieur Dubon qui sent venir le fiasco de cette affaire, Alexandre Delage sera forcé de mener son enquête seul, risquant la vie d'autres femmes s'il ne se montre pas assez efficace mais aussi sa propre carrière.

Julie Paupelier est une vendeuse dans grand magasin parisien. Elle a fui la campagne et sa famille qui voulait la marier de force à un homme qu'elle n'aimait pas. Sur sa route, elle a croisé Sidonie, victime tout comme elle, des traditions patriarcales. Elles se considèrent comme des sœurs, travaillent côte à côte et se méfient des hommes. Mais Sidonie est tombée amoureuse. Un jour, Sidonie ne vient pas travailler. Elle a disparu, elle semble s'être volatilisée. Julie demandera alors l'aide de la police qui ne prend pas la disparition de Sidonie au sérieux. La jeune vendeuse, craignant pour la vie de son amie dans ce climat de peur, cherchera un soutien auprès de Léa, une spirite, capable de communiquer avec les défunt, femme adultère, mère séparée de son enfant et mise au banc de la société depuis qu'elle a divorcé de son époux.

Alexandre, Julie et Léa joindront alors leurs forces pour arrêter cet assassin qui sème la panique dans le quartier du Marais et plus particulièrement au sein des clubs politiques féminins. 

 

J'ai adoré ce roman policier que j'ai trouvé ambitieux et novateur et qui s'adresse à de jeunes adultes. Choisir pour cadre l'année 1849 porteuse d'espoirs mais aussi de déceptions entraînés par la toute récente République de 1848 et les clubs féministes est original. Le contexte est donc extrêmement intéressant, le roman très documenté devient alors un moyen d'acquérir de nombreuses connaissances historiques tout en suivant une intrigue pleine de suspense et de rebondissements. Quelques pages à la fin du livre sont consacrées à certaines féministes ayant véritablement vécu et que l'on retrouve dans le roman.

Le personnages sont attachants et le parcours des diverses héroïnes donne un aperçu de toutes les inégalités que subissaient ces générations de femmes sacrifiées dans la sphère publique et privée: femme mariée de force, rejetée par leur famille si elles n'obéissaient pas, exclue par tous en cas d'adultère, séparée de leur enfant selon la volonté de l'époux, assassinée sans véritable intérêt de la part de la police, privées du droit de vote, de s'exprimer librement, d'être élue ... Catherine Cuenca n'offre pas une vision manichéenne de la société française de 1849, certains hommes comme Alexandre ne tolère pas la misogynie de ses supérieurs. 

Le roman se dévore en quelques jours tant l'intrigue est prenante et le rythme soutenu. Catherine Cuenca lance son lecteur sur de nombreuses pistes pour sa plus grande joie. 

Roman policier, historique, féministe, L'Assassin du Marais offre un très bon moment de lecture.

 

Un grand merci à Babelio et aux éditions Scrineo.

 

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16/06/2019

Mary Ventura et le neuvième royaume, Sylvia Plath

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J'ai lu pour la première fois Sylvia Plath il y a deux ans et j'ai été époustouflée. La Cloche de détresse fait partie de ces livres qui marqueront ma vie de lectrice. Depuis, je cherche à découvrir la biographie de l'autrice et à lire l'ensemble de ses œuvres. 

Les éditions de La Table ronde ont lancé une nouvelle collection, "La Nonpareille". Cette collection publiera quatre nouvelles inédites par an dans un petit format.

Mary Ventura et le neuvième royaume est la première publication de "La Nonpareille" et l'objet livre est très beau. 

Il s'agit d'une nouvelle que Sylvia Plath a écrit en 1952, quelques mois avant sa première tentative de suicide, alors qu'elle était étudiante. Le magazine Mademoiselle refusa de la publier. 

La nouvelle débute sur le quai d'une gare. Une jeune fille est encouragée par ses parents à monter dans le train. Elle n'en a pas envie, semble craintive mais ses parents insistent et elle s'exécute. Ce voyage et cette séparation d'avec les parents semblent alors devenir symboliquement le passage à l'âge adulte, la découverte de l'indépendance et l'inquiétant choix de notre destin. Elle découvre alors dans le train un monde qui commence par la fasciner, elle se lie avec une autre passagère, profite du wagon-restaurant avec joie mais petit à petit l'atmosphère devient oppressante. La voyageuse qui l'accompagne lui explique que le train ne s'arrêtera pas avant le neuvième royaume. Ce dernier arrêt est un lieu mystérieux et inquiétant mais la plupart des passagers " se résignent" à y descendre selon elle. Mary panique, elle est déterminée à ne pas se résigner et à descendre du train avant d'arriver au neuvième royaume. 

" Il n'y a pas de voyage de retour sur cette ligne, dit la femme avec douceur. on ne revient pas en arrière une fois qu'on est neuvième royaume. C'est le royaume de la négation, de la volonté pétrifiée. Il a un tas de noms différents."

Sylvia Plath qualifiait cette nouvelle de "vague conte symbolique". Ce récit qui semble tout d'abord assez léger se complexifie au fil des pages pour s'enrichir d'une lecture symbolique. Ce voyage en train d'une jeune fille devient la métaphore de diverses interprétations. Mary Ventura et le neuvième royaume est une nouvelle captivante dont la chute est inattendue. Le lecteur trouve déjà en germe les qualités et la complexité de La Cloche de détresse. La plume de Sylvia Plath ne laisse pas le lecteur au repos, il retient son souffle et lit d'une traite ce récit. 

Mary Ventura et le neuvième royaume est une très belle lecture pour les amoureux de Sylvia Plath et pour ceux qui voudraient la découvrir.

Je remercie vivement les éditions de La Table Ronde pour leur confiance et pour la publication de ce petit bijou. 

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17/05/2019

La mort de Camus, Giovanni Catelli

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Albert Camus a-t-il été assassiné ? L'accident de voiture qui a coûté la vie au prix Nobel en était-il vraiment un ? Et si l'Histoire avait passé sous silence la vérité sur ce qu'il s'est passé le 4 janvier 1960  ?

Giovanni Catelli ne se contente pas de se poser ces questions mais il y répond dans La mort de Camus.

Albert Camus est mort depuis bien longtemps lorsque l'auteur découvre une curieuse note dans le journal intime du traducteur et poète tchèque Jan Zàbrana. Durant l'été 1980, il écrit qu'un de ses amis a appris de source sûre que l'accident qui a tué Albert Camus maquillait un meurtre. Le pneu de la voiture de la famille Gallimard aurait été volontairement tailladé. L'ordre de tuer Camus avait été donné par le ministre des affaires étrangères Sepilov et aurait été exécuté par un espion russe. 

Depuis 1957, Albert Camus attaque explicitement ce ministre russe dans des discours en dénonçant son rôle dans les massacres qui suivirent la révolution hongroise de 1956. Les Soviétiques ne pardonnent pas non plus à Camus d'avoir soutenu la candidature et l’obtention du prix Nobel de Boris Pasternak en 1958. Pasternak, dont Le Docteur Jivago est interdit en URSS, est considéré comme un ennemi public. 

Par ses prises de parole, Camus gêne l'URSS mais aussi la France qui s'apprête à organiser une rencontre entre le Général de Gaulle et Krouchtchev en mars 1960. Les services secrets français sont infiltrés par des espions du KGB  qui ont tout intérêt à taire les véritables causes de la mort de Camus.

En suivant les traces de Camus, Pasternak et Zàbrana, entre Paris, Moscou et Prague, l'auteur réunit des témoignages et propose cette hypothèse à laquelle nous avons envie de croire. Le lecteur suit cette enquête avec un plaisir évident découvrant les milieux intellectuels pendant la Guerre froide mais aussi un récit glaçant des faits et gestes du KGB parvenant à dissimuler leurs crimes sous les apparences de simples accidents.  

La mort d'Albert Camus se lit d'une traite, comme un roman policier haletant qui interroge le passé pour tenter de restaurer la vérité des faits.

« Une fois assimilées les preuves présentées par Catelli, il devient difficile de ne pas arriver à cette même terrible conclusion. Ainsi, « accident de voiture » devrait désormais être classé au rang d'assassinat politique » – et c’est ainsi que, à quarante-six ans, Albert Camus a été réduit au silence. »  Paul Auster

 

Je remercie vivement les éditions Balland et monsieur Giovanni Catelli pour cette découverte. 

 

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25/05/2018

Neigeline, Li Lamarre et Odile Santi

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Neigeline est une petite boule de neige qui s'ennuie dans le paysage immaculé de la montagne et rêve de voir un monde tout en couleurs. Un jour, le vent la pousse et elle dégringole les parois de la montagne. Enfin ! Elle découvre un monde coloré, lumineux, dans lequel les fleurs poussent et les animaux vivent. Elle s'étonne de chaque chose et le printemps l'émerveille. Mais le beau temps annonce aussi sa disparition. Sa disparition ? Pas tout à fait puisque Neigeline se transforme en eau qui rejoint le ruisseau dansant. 

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 Neigeline, arrivée en bas de la montagne, prononce ces mots : " C'est un rêve ? Comme c'est beau ! " 

J'ai eu la même impression en lisant cet album poétique et beau à tout points de vue. Ce conte initiatique est doux mais aussi mélancolique. Neigeline remerciant sa montagne pour sa protection, lui expliquant son besoin de partir, nous fait forcément penser à la séparation du jeune adulte d'avec sa famille. Neigeline fondant au soleil nous rappelle notre propre disparition. Cette histoire inventée par Li Lamarre est un très bel apprentissage de la vie et de la liberté.

Les dessins d'Odile Santi laissent rêveur, comme Neigeline dans l'histoire. Ils dégagent une grande poésie, une douceur consolatrice et les couleurs sont lumineuses. La représentation de la montagne et de la vallée est superbe et donnera envie aux petits et grands lecteurs de se promener très vite dans la nature. 

Cet album tout entier est un plaisir pour les yeux et pour l'esprit. Sa lecture fut un véritable coup de coeur ! 

 

Je remercie vivement Babelio et Les Editions Courtes et Longues pour cet instant de poésie. 

Fanny

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