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29/10/2017

Quatre livres pour Halloween

Pour ce mois d'octobre j'ai eu envie frissonner avec quelques lectures de circonstances. J'ai choisi un roman jeunesse, un roman gothique classique, un roman policier et une pièce de théâtre.

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Dans Autopsie, Kerri Maniscalco revisite le mythe de Jack L'Éventreur. Audrey Rose, une jeune fille, passionnée par la science, étudie avec son oncle médecin légiste les corps des femmes tuées par Jack L’Éventreur. Ne supportant plus ces horreurs, elle décide avec Thomas, un élève de son oncle, de mener l'enquête. Elle est persuadée que l'éventreur fait partie de son entourage...

Ce roman jeunesse est réussi malgré quelques faiblesses. Le suspense est présent tout au long du roman. L'héroïne est un bon exemple du sort des femmes du XIXe siècle pour les jeunes d'aujourd'hui: enfermée par son père, pressée par sa tante pour trouver un bon parti, elle lutte pour apprendre et pour exercer le métier qu'elle aime. Cette lecture fut agréable sans être un coup de cœur.

 

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Alexandre Dumas est le narrateur de ce roman. Il retrouve par hasard Alfred de Nerval, un ami qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps. La dernière fois qu'ils s'étaient vus cet ami était accompagné par une jeune femme malade et avait eu un comportement étrange. Alfred de Nerval lui remonte le temps et lui explique qui était cette femme, pourquoi son comportement était si étrange ....

Le récit principal et emboîté dans le premier commence. Alfred de Nerval, passionnément amoureux de Pauline, traîne sa peine et essaie, par tous les moyens, d'oublier celle qui vient de se marier au comte de Beuzeval. Alors qu'une tempête se lève et que sa barque se fend, Alfred s'abrite toute une nuit dans une vieille abbaye abandonnée située dans le domaine du comte Beuzeval. Il est tiré de son fragile sommeil par des bruits curieux : un homme, dont il ne distingue pas le visage, enterre une clé sous une pierre tombale à quelques mètres de lui. En sécurité le lendemain matin, il apprend que Pauline Beuzeval est morte. Il se fait passer pour un apprenti médecin afin d'apercevoir une dernière fois le corps de sa bien aimée. Mais à sa grande stupeur, la femme étendue dans la maison du comte n'est pas Pauline. Pourquoi le comte fait-il passer une inconnue pour son épouse ? Pourquoi fait-il croire à la mort de Pauline ? Où est Pauline ? Alfred décide donc de retourner la nuit dans l'abbaye, de déterrer la clé et d'ouvrir la vieille porte par laquelle l'homme était sorti.

Abbaye abandonnée, événements mystérieux, disparition inexpliquée et personnages inquiétants, Alexandre Dumas réunit tous les ingrédients pour faire frisonner son lecteur. J'ai beaucoup aimé cette lecture pour cette atmosphère inquiétante. 

 

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J'aime tellement Les Diaboliques de Clouzot que je voulais découvrir le roman qui a inspiré ce film.

J'ai tout autant aimé le roman de Boileau -Narcejac. Même en connaissant la fin et les moments de tension, le suspense était bien présent et je me suis fait quelques frayeurs en le lisant avant de m'endormir. J'ai été étonnée par les nombreuses modifications apportées par Clouzot mais elles ne m'ont pas vraiment dérangées. Si vous ne connaissez pas le film ou le roman je vous les conseille vivement !

Ravinel prépare le meurtre de son épouse avec Lucienne, sa maîtresse. Cet assassinat leur apportera la liberté et deux millions de francs versés par les assurances. Mireille est tuée et le couple met en place son plan machiavélique. Ravinel doit faire semblant de découvrir le corps de Mireille dans le lavoir au fond du jardin avec pour témoin le facteur. Seulement voilà, le corps a disparu. Ravinel reçoit alors une lettre de Mireille, postée le jour même, et lui annonçant qu'elle est partie pour quelques jours. Tout cela simple impossible. Mireille a été noyée dans une baignoire, transportées dans une camionnette... Mireille a-t-elle survécu ? Revient - elle pour se venger ? Ravinel et Lucienne vivent dans une peur de chaque instant... 

 

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En 1692, la terreur règne sur la ville de Salem. Un groupe de jeunes filles affirme que le diable leur ait apparu et que des femmes de la ville sont des sorcières. Abigail est la première à l'affirmer et les autres filles la suivent. Elle est la nièce du révérend M.Parris et a été mise à la porte par Mme Proctor parce qu'elle était devenue la maîtresse de son mari. Alors que toutes les femmes tremblent, Abigail donne les noms des sorcières. M.Hale, le révérend d'une autre ville, vient aider M.Parris à vaincre le diable et les juges arrivent à Salem. La ville perd la tête et les premiers procès ont lieu. Les femmes sont pendues. Abigail finit par affirmer que Mme Proctor est une sorcière. M.Proctor défend bec et ongle sa femme et n'hésite pas à accuser de meurtres Abigail et toutes les autres jeunes femmes qui ne pensent qu'à se venger. Catastrophé par les événements et par les procès bâclés, M.Hale s'oppose à son confrère et prend partie pour les Proctor et pour tous les innocents accusés de sorcellerie.


En 1953, alors que l'Amérique est en proie au maccarthysme et organise sa chasse aux sorcières, Arthur Miller utilise cette histoire vraie de 1692 pour nous montrer la folie des hommes. Cette pièce nous interroge sur la justice, le fanatisme, la religion et les superstitions. Ce qu'il nous dit de l'hystérie des foules est effrayant parce que cette folie contagieuse est toujours véridique aujourd'hui. Je vous conseille cette lecture qui ne vous laissera pas de marbre. J'aimerais beaucoup voir cette pièce mise en scène mais pour le moment je vais me contenter de l'adaptation cinématographique avec Simone Signoret et Yves Montand.

 

Fanny

10/10/2017

Le destin d'Anna Pavlovna, Alekseï Pisemski

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Alekseï Pisemski est un contemporain d'Ivan Tourgueniev peu connu en France. C'est avec un grand plaisir que j'ai découvert cet auteur russe avec Le destin d'Anna Pavlovna.


Alekseï Pisemski plonge le lecteur dans la Russie rurale du XIXe siècle. Nouvellement mariée, l'héroïne s'installe avec son époux dans un petit village organisé par quelques nobles, propriétaires de domaines. Malade, fragile, brutalisée par son mari, Anna Pavlovna dépérit alors que toute la petite noblesse provinciale se régale de commérages. Deux hommes de son passé ressurgissent alors dans sa vie: elle retrouve un vieux comte, ami de son père qui tombe follement amoureux d'elle et un jeune homme sans le sous qu'elle a aimé dans sa jeunesse et tout cela sous l’œil jaloux de son époux. Ces retrouvailles vont bouleverser sa vie. 


J'ai beaucoup aimé ce roman qui ressemble énormément à une tragédie. L'héroïne semble poursuivie par des puissances qui la dépassent et qui prennent diverses formes: la petite noblesse qui s'ennuie, qui fait et détruit des réputations et des êtres au gré de ses commérages mais aussi les hommes tout puissants au XIXe qui ne sont guidés que par des pulsions dévastatrices. Anna Pavlovna, héroïne courageuse, ressemble alors à une marionnette aux mains d'hommes capricieux, lâches et inconstants. Dans Le destin d'Anna Pavlovna, Alekseï Pisemski offre au lecteur un beau portrait de femme du XIXe siècle. Il nous donne aussi le reflet d'une Russie cruelle à observer : une société rurale dans laquelle les hommes fortunés régentent et détruisent selon leur bon vouloir la vie des "âmes" qu'ils possèdent : celles de leurs serfs et des femmes.

Je remercie Babelio et Les Editions Ateliers Henry Dougier pour cette belle découverte !

Lu dans le cadre du Challenge XIXe siècle organisé par Fanny

Fanny

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30/06/2017

L'Aventure du ruban moucheté et Le Diadème de Béryls, Arthur Conan Doyle et Christel Espié

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Les éditions Sarbacane publient des textes classiques accompagnés par de superbes illustrations. Christel Espié a illustré deux nouvelles d'Arthur Conan Doyle qui mettent en scène Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le docteur Watson.

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Dans L'Aventure du ruban moucheté, une jeune femme implore l'aide du célèbre détective. Elle vit dans un vieux manoir avec son beau-père. Elle se sent seule depuis la mystérieuse mort de sa soeur. Une nuit, elle entend un sifflement dans sa chambre. Quelques instants avant de mourir, sa soeur lui avait parlé de ce mystérieux bruit.... Craignant pour sa vie et ne supportant plus d'ignorer les causes de la disparition de sa soeur, elle demande à Sherlock Holmes de percer le mystère. 

Un homme affolé et désespéré débarque un jour chez Sherlock Holmes dans Le diadème de Béryls. Il raconte au détective que son propre fils lui a dérobé un diadème précieux confié à ce financier par un célèbre personnage de l'Etat. Il ne parvient pas à y croire mais il a surpris son fils dans la nuit alors qu'il tenait le diadème dans ses mains. Sherlock Holmes cherchera alors a innocenté ce fils et à retrouver les diamants disparus.   51hL1j3CbZL.jpg

J'ai adoré ces deux lectures : les intrigues d'Arthur Conan Doyle sont toujours plaisantes à lire même si ces nouvelles plus courtes ne maintiennent pas aussi bien le suspense que ses romans. Le lecteur peut découvrir facilement le dénouement des intrigues. J'ai eu une petite préférence pour l'intrigue de L'Aventure du ruban moucheté. Les illustrations de Christel Espié ont été une très belle découvertes pour moi : les dessins et les couleurs nous plongent avec plaisir dans l'Angleterre du XIXe siècle. Ils sont très élégants et conviennent parfaitement au héros d'Arthur Conan Doyle.

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Je pense poursuivre ma découverte de cette illustratrice avec Tom Sawyer détective publié également aux éditions Sarbacane.

Lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda

Fanny

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24/06/2017

Meurtre en Mésopotomie, Agatha Christie

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Pour la lecture commune polar du mois anglais j'ai choisi un Agatha Christie qui n'est pas son roman le plus "british" .... mais je l'avais depuis un moment dans ma pile à lire et j'avais particulièrement envie de le lire !

J'aime beaucoup me plonger dans les romans de la reine du crime: on est rarement (voire jamais) déçu et elle me donne toujours un petit coup de jeune. Quand je lis un Agatha Christie, j'ai l'impression d'être de nouveau l'adolescente de 13 ans qui terminait vite ses devoirs pour se plonger dans Dix Petits nègres, Mort sur le Nil ou La mort n'est pas une fin.

Dans Meurtre en Mésopotamie, la narratrice est une infirmière: Amy Leatheran. Cette jeune femme vient s'installer dans un chantier de fouilles pour s'occuper de Mrs Leidner, l'épouse d'un archéologue. Terrifiée, celle-ci affirme qu'un homme portant un masque l'observe par la fenêtre la nuit, qu'elle reçoit des lettres anonymes de menaces et que quelqu'un cherche à la tuer. Amy se rend compte que l'ambiance sur le chantier est empoisonnée par des rancunes et que chacun a un ragot à lui raconter sur sa patiente. Mrs Leidner est finalement assassinée alors que personne ne prenait au sérieux ses angoisses.... 

Hercule Poirot sera confronté à un mystère de taille : personne ne semble être entré dans la cour qui donne accès à la chambre de la victime durant toute l'après-midi du meurtre. Il devra comprendre la personnalité énigmatique de la victime en fouillant dans son passé pour trouver son assassin. 

J'ai toujours beaucoup aimé les enquêtes qui se déroulaient en Afrique. Meurtre en Mésopotamie nous fait voyager mais nous pousse aussi à utiliser nos petites cellules grises ! (pour une fois j'avais trouvé l'assassin et le mobile mais pas le moyen employé pour arriver à ses fins...)

Lu dans le cadre de la lecture commune polar pour le mois anglais de Lou et Cryssilda. 

Fanny

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14/06/2017

Lettres choisies de la famille Brontë

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Pour la première fois, les lettres de la famille Brontë sont traduites en Français. Etant une véritable quiche en Anglais, je suis ravie de pouvoir enfin les lire !

Ce recueil rassemble surtout des lettres de Charlotte adressées à son amie d'enfance Ellen Nussey, à ses éditeurs devenus de véritables amis mais aussi à Elizabeth Gaskell. On peut également trouver des écrits du Pasteur Brontë qui nous permettent de découvrir un homme moins austère que le portrait habituel qui dressé de lui dans les biographies de ses filles. Quelques lettres nous montrent la déchéance et les nombreux égarements de Branwell. Les lettres de Charlotte témoignent de son désespoir vis-à-vis de ce frère devenu un fardeau pour tous. Les écrits d'Emily et d'Anne sont malheureusement peu nombreux : quand Emily vivait à Bruxelles, elle laissait à Charlotte le soin d'écrire à leur famille.

Quelle joie de se plonger dans les esprits et la vie quotidienne de cette famille unique ! Cette lecture m'a permis non seulement de me remémorer des choses que j'avais déjà apprises lors de la lecture de biographies mais aussi de percevoir les sentiments précis des membres de la famille lors d'événements. La pudeur de Charlotte laisse certaines zones d'ombres que j'espérais voir un peu "éclairées" par ses lettres. Elle se refuse à parler de son amour pour M. Héger et reste très discrète sur l'écriture et la création de Jane Eyre, des Hauts de Hurlevent ou d'Agnès Grey.

Les lettres de Charlotte sur la maladie, le décès d'Emily et d'Anne sont bouleversantes. Les descriptions de la maison vide le sont tout autant. Préparez bien votre petit coeur pour lire ces instants de vie.

On découvre en étant un peu gêné l'admiration sans borne de Charlotte pour Emily qu'elle surnomme "le soleil" de la maison mais aussi ses remarques un peu condescendantes vis-à-vis d'Anne qu'elle juge faible. Peut-être que cette impression négative que j'ai eue ne tiens qu'à moi. Si vous avez-lu ces lettres avez-vous ressenti la même chose ?

On admire surtout la force et le courage sans faille de Charlotte, vivant seule avec son père, continuant à écrire, oubliant son propre bonheur, alors qu'en six mois elle a perdu ses sœurs et son frère.

Dernier délice de cette lecture: refaire dans mon esprit mon voyage à Haworth d'il y a quelques années en tournant les pages de ce recueil. 

Fanny

Lu dans le cadre de la lecture commune sur les auteurs Victoriens pour le mois anglais chez Cryssilda et Lou !

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09/06/2017

Le Château de Cassandra, Dodie Smith

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Pour la lecture commune consacrée à un roman de jeunesse ou un album j'ai choisi Le château de Cassandra de Dodie Smith. Ce roman jeunesse est devenu un classique de la littérature.

L'héroïne et narratrice, Cassandra, mène une existence farfelue dans laquelle sa famille pauvre vit dans un château, sa belle-mère Topaz accumule les excentricités comme faire des ballades nue pour communier avec la nature ou encore son père, écrivain à succès, refuse d'écrire de nouveau.

Les vies de Cassandra et de sa grande soeur Rose sont chamboulées par l'arrivée de deux voisins américains propriétaires du château dans lequel elles vivent. Simon et Neil intriguent les jeunes filles et les jeunes gens sympathisent. Ce début n'est pas sans nous rappeler celui d'Orgueil et Préjugés. Avant l'arrivée des deux jeunes hommes, les deux sueurs vivaient dans une innocence presque enfantine protégée par ce château hors du temps. Sous la forme d'un journal intime, Cassandra racontera au lecteur les aventures amoureuses et les amitiés qui la transformeront en jeune adulte.

Dodie Smith a crée une intrigue agréable et mignonne à découvrir mais cette lecture ne fut pas le coup de cœur tant attendu. J'avais entendu tant de bien de ce roman que j'en attendais certainement trop. Le roman compte quelques longueurs selon moi. Cependant, j'ai beaucoup aimé toutes les références littéraires évoquées par Cassandra comme Jane Austen et les sœurs Brontë. La tonalité empreinte de nostalgie m'a énormément plu dans ce roman initiatique. Cassandra jette parfois des regards tendres et sensibles vers le passé qui nous rappellent forcément nos sentiments à l'adolescence que l'on aurait presque oubliés avec le temps. Ces réflexions douces amères qui nous replongent dans nos propres souvenirs constituaient selon moi les meilleures pages du roman.

Je sais bien que si j'avais lu ce roman enfant je l'aurais certainement adoré mais je serai passée à côté de ce regard rétrospectif vers mon adolescence. 

Fanny

 

Lu dans le cadre de la lecture commune sur un roman jeunesse du mois anglais organisé par Cryssilda et Lou.

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05/06/2017

L'amant de Lady Chatterley, D.H Lawrence

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Je commence le mois anglais avec la lecture commune consacrée à la campagne anglaise. Le choix de L'amant de Lady Chatterley pour ce rendez-vous peut paraître surprenant mais la campagne a un rôle important dans ce roman.

Je voulais lire depuis longtemps ce roman devenu un classique mais qui fit scandale pendant de longues années. Lawrence a été l'un des premiers à évoquer librement le désir féminin dans un de ses romans.

De nombreux lecteurs connaissent la trame de L'amant de Lady Chatterley : à la fin de la première guerre mondiale, Constance retrouve un époux paralysé, impuissant et obsédé par une potentielle carrière littéraire. Elle calque alors son existence sur celle de son mari : enfermée dans leur grande et belle demeure, sa vie est uniquement intellectuelle : elle fait la lecture à son mari, le conseille pour ses écrits et écoute patiemment les amis intellectuels qui viennent rendre visite à son mari. Elle est seule le plus souvent et mène une vie monotone où les apparences sont reines. Elle trouve un petit peu de réconfort en se promenant dans les bois du domaine. Dans cette campagne anglaise des Midlands, Constance s'ennuie et a l'impression de mourir à petit feu. Effrayé par l'avenir du domaine, Clifford, son époux, lui demande alors de choisir un amant pour lui donner un héritier. Par ennui et par lassitude tout d'abord elle va débuter une relation adultère avec le garde- chasse de son mari. Olivier Mellors va redonner vie à son corps mais lui apprendre aussi à regarder le monde avec un autre regard. Avec beaucoup de lucidité, il lui montre que leur campagne anglaise contaminée par la naissance de l'industrialisation étouffe et finira par disparaître.

L'aspect érotique fit scandale: le roman est bien entendu un roman initiatique. La relation de Constance et de Mellors est une éducation sentimentale et sensuelle pour l'héroïne mais finalement ce roman est beaucoup plus riche que cela. Lawrence décrit la montée des désirs chez Constance mais il dresse également le portrait d'une nouvelle Angleterre "faible" et industrielle qui dévore l'ancienne Angleterre rurale et ''virile''. Il montre les dangers de l'industrialisation et du capitalisme sur l'humanité.

J'ai apprécié cette lecture malgré quelques longueurs et quelques passages maladroits, peut-être à cause de la traduction. J'ai eu l'impression que l'écriture de certains extraits avaient été beaucoup plus travaillés que d'autres mais peut-être que cette irrégularité de style est due à la traduction.

Bon mois anglais à vous !

Fanny

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Lu dans le cadre de la lecture commune sur la Campagne Anglaise du mois anglais chez Lou et Cryssilda.