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20/06/2016

Freddie Friday, Eva Rice

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Marnie est l'élève exemplaire d'un lycée privé, douée en mathématiques et belle fille d'un acteur célèbre. Miss Crewe est sa brillante professeur de mathématiques, ancienne danseuse et amoureuse blessée depuis de longues années. Marnie et Miss Crewe sont tour à tour narratrices. Pour fêter sa réussite spectaculaire à un examen de mathématiques, Marnie et son amie Rachel font l'école buissonnière. Devant l'usine de la ville, elles rencontrent un jeune homme mystérieux, Freddie Friday, qui attire Marnie comme un aimant. Elles boivent plus que de raison et lorsqu'elles rentrent au lycée pour participer à la traditionnelle cérémonie qui consiste à nager dans la piscine, dans l'obscurité et en tenant une chandelle dans la main, un drame se produit. La vie de Marnie est alors bouleversée. Elle se rappelle de ce jeune homme rencontré avant le drame: Freddie Friday. Son obsession est de le retrouver. Freddie est un électricien qui passe ses samedis après-midi à danser clandestinement dans l'usine dans laquelle il travaille. Il ne vit que pour la danse malgré les réticences de son grand-père chez lequel il vit depuis le décès de ses parents. Marnie découvre son rêve de gloire et lui propose de lui trouver un professeur pour l'aider à progresser: Miss Crewe, l'ancienne danseuse qui a dû devenir professeur de mathématiques. Miss Crewe accepte sur un coup de tête de s'embarquer dans l'aventure proposée par Marnie : elle passe ses samedis avec Marnie et Freddie dans l'usine. Ces cours à la sauvette la replonge dans son propre passé, dans ses aventures à New-York alors qu'elle cherchait à être remarquée et à vivre de sa passion et dans ses rêves d'amour auprès de Jo. Elle remue des souvenirs qu'elle désire enterrer depuis de longues années mais dont elle ne parvient pas tout à fait à se défaire. Marnie, quant à elle, a l'impression d'avoir tout perdu et s'accroche aux rêves de Freddie comme si c'était les siens. Chaque membre du trio vit dans l'attente de ces retrouvailles du samedi après-midi. Des relations complexes se tissent entre les personnages. La rencontre de ce trio laissera une trace indélébile dans la vie de chaque personnage.

Freddie Friday est un roman d'apprentissage très agréable à lire et Eva Rice ne cherche jamais la facilité dans sa narration ou dans les personnalités des personnages et leurs relations. Le lecteur n'a pas l'impression que tout est tracé dès le début. Le roman réserve des surprises au lecteur. J'ai beaucoup aimé la double narration féminine: celle de Marnie qui cherche une lumière pour sortir de l'obscurité dans laquelle elle est plongée, qui découvrira un secret familial et qui est follement amoureuse de Freddie et celle de Miss Crewe, tournée vers le passé et qui lui permet de dépasser ses blocages. Les trois personnages principaux sont une grande qualité du roman: ils tous les trois attachants et ne sont pas lisses ou mièvres même si l'un des grands thèmes du roman est l'amour. Mention spéciale pour le frère de Marnie, Caspar, jeune homme intelligent et a l'humour noir.

N'étant pas une fanatique des mathématiques (...) et la danse n'étant pas la forme artistique qui me plait le plus, j'avais un peu peur de passer parfois "à côté" de certains passages du roman mais ce ne fut pas du tout le cas !

Freddie Friday est un roman touchant et agréable qu'il faut lire au plus vite ! Je le vois très bien trôner très vite sur les chaises longues de jardin et serviettes de plage cet été.

Je remercie vivement les Editions Baker Street et Madame Liebow qui m'a fait découvrir la fameuse Eva Rice dont les deux premiers romans ont été des succès !

Fanny

Lu dans le cadre du mois anglais et de la journée auteur anglais contemporain organisés par Cryssilda et Lou.

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09/06/2016

Le cottage natal de Thomas Hardy et Max Gate, Dorchester

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Voici enfin le second billet sur mon voyage en Angleterre ! Je me replonge avec plaisir dans ce voyage avec mes photos et les livres que j'ai achetés sur place. Vous pouvez agrandir les images si vous le souhaitez en cliquant dessus.

Le mercredi 13 avril, avant d'aller à Chawton nous avons passé la journée à Dorchester. Après avoir tant aimé les oeuvres de Thomas Hardy mais aussi Hiver de Nicholson je rêvais de visiter le cottage de Thomas Hardy. Contrairement à ce que je croyais après ma lecture du roman Hiver, l'auteur n'a pas vécu toute sa vie dans ce cottage.

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Avant les visites, nous avons pique-niqué dans la forêt qui entoure la maison natale de Thomas Hardy. La mise en scène de la découverte de la maison est incroyable. Le visiteur doit choisir un sentier de randonnée: celui de 15 minutes ou celui de 35 minutes. Ce chemin le mènera jusqu'à la maison de l'auteur qu'il pourra apercevoir depuis un promontoire avant d'arriver sur les lieux. Le cottage de la famille et le jardin sont plein de charme. Construit par son grand père, le cottage abrita la famille sur plusieurs générations. Thomas Hardy est né dans ce cottage, entouré par ses deux soeurs et son frère. Thomas Hardy a écrit ses premières oeuvres dans ce cottage dont Loin de la foule déchaînée. Dans chaque pièce, nous pouvons trouver un petit livre qui contient tout ce qu'il y a à savoir sur l'endroit et sur ses habitants. On apprend alors, qu'un jour, la mère de Thomas Hardy a trouvé un serpent dans le berceau de l'enfant endormi ou encore que l'auteur aimait se trouver dans la cuisine avec sa grand-mère pendant qu'elle repassait et qu'elle lui racontait la vie de Napoléon. Le cottage, le jardin, le décor qui l'entoure sont très émouvants. Avec ce ciel bleu, j'avais l'impression de me trouver dans l'endroit le plus apaisant au monde. Si le paradis existe, j'imagine qu'il ressemble à cet endroit ! Plusieurs petites randonnées sont possibles autour du cottage et sont très agréables à faire.

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Ensuite, nous avons repris la voiture pour aller visiter Max Gate, la maison dessinée par Thomas Hardy et construite par son frère après les succès littéraires de l'auteur. Max Gate est une belle et grand demeure mais qui n'a pas tout le charme du cottage. Thomas Hardy a vécu dans cette maison avec ses deux épouses, il y a écrit la majorité de ses oeuvres et il y est décédé.

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L'accueil est exceptionnel. Les gens qui travaillent dans Max Gate sont véritablement passionnés par Thomas Hardy et ils étaient si heureux de voir des Françaises de moins de 60 ans que nous avons été traitées comme des reines ! Nous avons d'abord été reçues comme Thomas Hardy recevait ses invités: nous nous asseyons près de la cheminée, le guide s'assoit quant à lui dans le siège principal, à la place de Thomas Hardy et nous raconte l'histoire de l'auteur et de la maison. Wessex, le chien favori de Thomas Hardy est même présent près de la cheminée sous la forme d'une peluche. Aucun objet de la maison n'est d'époque donc le guide vous encourage à toucher les bibelots ou à s'asseoir où l'on veut pour avoir l'impression d'être un hôte de Thomas Hardy. J'ai adoré cet aspect de la visite. Le jardin est magnifique également.

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Nous nous sommes ensuite promenés dans Dorchester qui est une petite ville agréable. Nous avons pu voir la maison qui a inspiré la demeure du héros dans  Le Maire de Casterbridge mais aussi la statue de Thomas Hardy qui fut inaugurée par son ami James Matthew Barrie.

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Le lendemain matin, avant de reprendre la route pour Chawton, nous sommes allées jusqu'à Stinsford qui est un hameau collé à Dorchester afin de visiter l'église dans laquelle Thomas Hardy a été baptisé et qu'il avait l'habitude de fréquenter. La dépouille de Thomas Hardy se trouve à l'Abbaye de Westminster à Londres mais son coeur est enterré dans le petit cimetière accolé à l'église auprès de sa famille et de ses deux épouses.

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Comme vous l'avez certainement compris, j'ai été extrêmement émue par cette journée et par ses visites. Je réalisais l'un de mes rêves. Si un jour vous avez l'occasion de visiter Dorchester et ces deux maisons, n'hésitez surtout pas !

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Fanny

Billet écrit dans le cadre du mois anglais et de la journée consacrée à la campagne anglaise organisés par Lou et Cryssilda 3127445033.jpg

 

01/06/2016

Manderley for ever, Tatiana de Rosnay

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L'an dernier lorsque Manderley for ever est sorti, j'ai eu très envie de le lire, tout comme beaucoup de lecteurs. Les éloges fleurissaient sur les blogs. J'avais déjà lu Le monde infernal de Branwell Brontë, L'Auberge de la Jamaïque et Le Bouc émissaire mais je voulais lire Rebecca avant de découvrir Manderley for ever.

En préparant ma PAL pour le mois anglais j'ai eu très envie de sortir cette biographie de ma bibliothèque, enfin.

Tatiana de Rosnay retrace la vie de Daphné du Maurier en parcourant les lieux chers à l'auteur. Chaque partie de la biographie est dédiée à un lieu de vie de Daphné et ces parties débutent par la découverte de ces endroits par Tatiana de Rosnay en 2013. J'ai beaucoup aimé le choix de cette structure qui révèle l'amour passionné de Daphné du Maurier pour les lieux, les demeures et les jardins dans lesquels elle a vécu de son enfance à son décès.

Petites filles d'un artiste et écrivain, filles d'un acteur, les soeurs du Maurier sont nées dans une berceau protégé par la fée des Arts qui leur a attribué le don de l'imagination et de la création. Dès leur plus jeune âge, Daphné et son aînée Angela écrivent alors que Jeanne, la petite dernière, peint. Elles fréquentent des comédiens, des auteurs comme James Batthew Barrie qui est un intime de la famille et le tuteur de leurs cousins germains. Devenue jeune fille, Daphné séjourne en France pour apprendre le Français, la langue de ses ancêtres et perfectionner son éducation. Elle tombe amoureuse de Fernande Yvon, la directrice de son école. De retour en Angleterre, Daphné sait déjà qu'elle veut gagner son indépendance grâce à ses nouvelles et romans. Très rapidement, Daphné se marie et connaît le succès avec L'Amour dans l'âme, L'Auberge de la Jamaïque et vient enfin la gloire avec Rebecca. Daphné devient une des auteurs les plus lues au monde. Ses ancêtres français, les lieux, les voyages l'inspirent pour ses romans qui sont la plupart du temps des succès populaires mais que les critiques égratignent. Daphné, à son grand désespoir, est cataloguée comme auteur "romantique" et "gothique" malgré ses protestations. Les malheurs, tourments se multiplient et la mémoire de Daphné est effacée petit à petit par un brouillard que l'auteur ne parviendra pas à faire disparaître.

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L'amour profond de Tatiana de Rosnay pour Daphné Du Maurier fait de Manderley for ever une réussite. Parfois, les biographies semblent écrites par des gens qui n'aiment pas la personne dont il retrace la vie et le livre paraît alors froid et distant. L'admiration du biographe pour son sujet est une nécessité selon moi pour écrire une biographie agréable à lire. Manderley for ever est une biographie passionnée qui se lit comme un roman que l'on ne peut plus abandonner.

La personnalité de Daphné du Maurier est complexe: déterminée, passionnée par ses amours et par son domaine Menabilly, intransigeante, éprise de liberté, indépendante mais aussi égoïste et préférant désespérément son fils à ses filles. Manderley for ever nous donne envie de visiter Fowey et de lire les romans de Daphné, plus particulièrement Ma cousine Rachel dans mon cas. Tatiana de Rosnay, par un tour de force, nous montre si bien la passion profonde de Daphné pour l'écriture qu'elle en vient presque à donner envie au lecteur d'écrire. L'écriture de Tatiana de Rosnay est très agréable.

Je vous conseille de lire Manderley for ever qui est une véritable réussite !

" Daphné fait partie de ces écrivains qui préfèrent regarder en arrière, pas de l'avant, qui sont capables de noircir des pages entières sur ce qui fut, un lieu, une trace, mettre des mots sur la fugacité de l'instant, la fragilité du souvenir qu'il faut embouteiller comme un parfum. "

Fanny

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda

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22/05/2016

Le mois anglais

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Le mois anglais est de retour et je suis ravie ! C'est mon rendez-vous préféré de l'année et il m'est impossible de le rater !
Merci beaucoup à Lou et à Cryssilda pour l'organisation ! 
 
J'essaierai de respecter les délais de ces lectures communes :
 
- Campagne anglaise le 9 juin avec un billet sur mon voyage à Dorchester sur les pas de Thomas Hardy. 
- Un écrivain contemporain au choix le 20 juin avec Freddie Friday d'Eva Rice 
 
Je lirai également Manderley forever, la biographie de Daphné Du Maurier par Tatiana de Rosnay et
L'été avant la guerre de Helen Simonson.
 
Je n'ai choisi que des pavés (je ne suis pas sûre que ce soit très raisonnable !) , j'espère réussir à m'y tenir et si je le peux j'ajouterai un Conan Doyle ou un Agatha Christie
 
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Bon mois anglais à tous !
 
Fanny
 
 

19/05/2016

La Cuisinière, Mary Beth Keane

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1899. New-York. Mary Mallon, cuisinière de son état, s'occupe du petit Kirkenbauer qu'elle aime beaucoup et qui souffre de fièvres alors que sa mère a elle-même attrapé la typhoïde. L'enfant et la mère décèdent et Mary quitte son emploi. Commence alors pour Mary un long parcourt de cuisinière qui l'a fait passer d'années en années au service de riches familles, recevant du beau monde et faisant de la cuisine de Mary leur fierté. Ces années sont passées sous silence dans le roman et cette ellipse nous amène directement au jour de l'arrestation de Mary, suspectée d'avoir volontairement transmis la typhoïde à de nombreux membres des familles pour lesquelles elle a travaillé. Interrogée comme une criminelle, étudiée comme un cas unique, analysée comme un cobaye, enfermée comme un animal dangereux, Mary est méfiante, agressive et ne comprend pas ce qu'il se passe. Oubliée par son conjoint, observée par les journalistes, les docteurs et la population new-yorkaise toute entière Mary devra alors lutter pour retrouver sa liberté et prouver son innocence. Ce résumé ne concerne que les premières centaines de pages du roman mais pour ne pas trop vous en dire je m'arrête ici !

Les recherches de Mary Beth Keane pour reconstituer si finement la vie de Mary Mallon, surnommée la porteuse de germes ou Mary Typhoïde et pour installer une atmosphère et un décor si précis doivent être titanesques. Ce livre semble ne rien laisser au hasard ou à l'imagination de Mary Beth Keane même s'il ne s'agit pas d'une biographie mais d'un roman. J'ai apprécié la description des conditions de vie misérable des hommes et des femmes de cette époque ou encore les allusions aux grands événements de l'époque comme l'incendie qui tua de nombreuses ouvrières dans une usine ou le naufrage du Titanic. L'aspect documentaire du roman est très intéressant.

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Le début du roman est très accrocheur et la fin contient de nombreux rebondissements mais je dois bien admettre que j'ai trouvé certains passages bien trop longs. Afin de se faire un avis sur la culpabilité ou l'innocence de Mary, les médecins, juges et journalistes étudiaient à la loupe sa vie privée mais j'ai trouvé que la relation entre Mary et Alfred prenait trop de place dans le roman. Le rythme me semblait parfois trop lent, peut-être que j'attendais trop du roman. Ma lecture a donc traînée et ce n'est pas un bon signe ! Le destin de Mary Mallon est incroyable et parfaitement digne d'un roman mais il manque quelques petites choses pour transformer ce livre en une véritable réussite, peut-être un peu plus de rythme ou une héroïne un peu plus attachante.

Vous l'aurez compris je suis un peu déçue par cette lecture même si elle n'est pas totalement négative.

Lu dans le cadre de la lecture commune organisée par Fanny pour le challenge XIXe siècle.

Fanny

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04/05/2016

L'extraordinaire voyage de Sabrina, P.L Travers

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Sabrina Lind, une jeune fille d'une dizaine d'années, vit avec ses parents et son petit frère, James, dans le Sud Est de l'Angleterre. La seconde guerre mondiale atteint finalement son petit village paisible et sa vie heureuse vole en éclats. Les parents de Sabrina et James décident d'envoyer les enfants chez une tante et un oncle en Amérique. Sabrina débute alors son journal intime afin de raconter et de ne pas oublier cette aventure.

La première partie du roman raconte la traversée des enfants avec Pel et Romulus, une tante et son bébé. La narratrice, Sabrina, décrit ses journées: ses rencontres avec de nouveaux enfants qui deviennent ses amis, ses jeux avec Pel qui consistent à imaginer leur vie sur une île déserte ou encore le jour où les enfants ont tenu la gouvernail du navire. Sabrina raconte ensuite son arrivée en Amérique, sa rencontre avec sa "nouvelle famille américaine". Sa tante Harriet n'aura alors de cesse de divertir les enfants pour diminuer leur souffrance et pour qu'ils ne s'abandonnent pas à la mélancolie. Sabrina et James découvriront New York, la Statue de la Liberté, l'Exposition Universelle et la vie américaine.

Ce roman jeunesse est un classique inspiré par une histoire vraie, celle de l'auteur elle-même. La forme du journal intime choisie par P.L Travers pour son roman lui permet d'insérer de nombreuses mignonneries et commentaires naïfs, tendres mais toujours lucides et intelligents de son héroïne sur le monde des adultes et sur la vie. Pendant ce voyage et grâce à l'écriture Sabrina devient une jeune fille prête à affronter le quotidien. J'ai particulièrement aimé le jeu des enfants consistant à devenir l'un après l'autre le conteur de leurs aventures sur une île déserte ou encore le jeu de la "boîtes à amoureux" de la cousine de Sabrina. Chaque jour il faut piocher le nom d'une jeune homme pendant un mois et le dernier nom restant dans la boîte sera celui de votre futur époux. Contrairement au célébrissime Mary Poppins, L'extraordinaire voyage de Sabrina ne contient pas d'éléments merveilleux. Ce roman de P.L Travers est plein de poésie et retranscrit avec justesse le monde de l'enfance fait de rêveries, de moments d'insouciances mais aussi de gravité :

" Quand vous êtes au lit, vous êtes en sécurité. Rien ne peut vous faire du mal. Et une bonne façon d'arrêter de penser, c'est de faire le tour du monde dans votre tête. Le Vésuve qui crache des flammes, l'Afrique du Sud où Oncle Cédric a capturé un gorille, le Brésil où le café pousse dans les arbres et la Chine où on garde des oeufs pendant cent ans et où les cités sont interdites. [...] Vous tournez, vous tournez et, si vous faites bien attention, vous ne vous arrêtez pas à l'endroit important avant de vous endormir. Et alors tout va bien. Mais parfois, vous glissez de votre parcours et vous vous retrouvez en Angleterre et vous ne pouvez plus faire semblant et vous êtes tout triste. " (p164)

L'extraordinaire voyage de Sabrina est un roman mignon, tendre mais aussi mélancolique illustré par les très beaux dessins de Gertrude Hermes qui apportent un charme supplémentaire à l'histoire et à l'objet livre.

Je remercie vivement les éditions Zethel et Babelio.

Fanny

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26/04/2016

Bath et Chawton, un rêve éveillé chez Jane Austen

 Du 10 avril au 15 avril nous sommes allées à Londres et dans le Sud de l'Angleterre avec ma soeur et nous avons réalisé certains de mes doux rêves (c'est neuneu, certes, mais c'est la vérité ) : visiter Bath, Chawton et Dorchester.

Nous avons d'abord passé le dimanche après-midi et le lundi à Londres. Nous nous sommes promenées dans Kensington gardens et Hyde park ( je crois que ce sont mes endroits préférés à Londres), comme le veut la tradition nous avons salué la statue de Peter Pan (un amour de jeunesse), puis nous avons mangé à Camden. Le lendemain matin, nous avons remonté la Tamise à pied depuis la Tour de Londres, en passant sur le Tower Bridge, devant le Globe, Big Ben et nous avons mangé à Trafalgar. L'après-midi, nous avons visité la British Library afin de voir l'exposition consacrée à Alice au pays des merveilles et les célèbres manuscrits conservés dans cet endroit. Si un article sur Londres agrémenté par des photographies vous tente, n'hésitez pas à me le dire.

Mardi 12 avril, au petit matin nous avons pris un train pour aller jusqu'à Bath. Il ne faut qu'une heure trente pour rejoindre Bath depuis Londres.

Après avoir déposé les bagages à l'hôtel, nous avons commencé par visiter The Jane Austen Centre qui se trouve dans la rue (Gay Street) dans laquelle Jane Austen a vécu mais pas dans la véritable maison qui est aujourd'hui devenue un cabinet de dentistes. Le centre est amusant à visiter : les personnes qui y travaillent sont tous déguisés, une jeune fille vous explique la vie de Jane Austen et de sa famille, ses liens avec Bath et vous pouvez ensuite voir les copies des portraits de Jane Austen, des photographies de tous les acteurs ayant joué dans une adaptation ou encore la récente statue faite à partir des quelques descriptions physiques de Jane Austen. Le centre est plaisant à visiter et ludique mais l'âme de Jane Austen n'est pas véritablement là. On est amusé mais pas ému. ( Vous pouvez voir en grand toutes les photos en cliquant dessus).

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Nous avons remonté la rue pour trouver la maison dans laquelle Jane Austen a vécu le plus longtemps à Bath.

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Après avoir mangé dans la plus vieille taverne de la ville, nous avons visité les bains romains. Les bains se trouvent à côté de l'Abbey de Bath et de The Pump room. L'ensemble est magnifique. La visite des bains est très complète et riche. The pump room, lieu de rendez-vous dans Northanger Abbey et Persuasion, est devenu un restaurant et un salon de thé très fréquenté.


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Enfin, comme Anne Elliot, nous avons cherché et couru après Frederick Wenthworth aux abords du Royal Crescent et du Circus. Je ne pense pas avoir à vous venter la beauté de l'endroit, les photographies parlent d'elles-mêmes !

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Nous avons ensuite cherché les Assembly rooms, désormais musée de la mode et lieu hautement Austenien dans lequel a lieu le rendez-vous raté entre Anne et Frederick lors d'un concert de musique. Nous n'avons pas pu y entrer puisque le musée était déjà fermé. 

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Je ne peux vous dire qu'elle joie se fut de marcher dans les pas de Jane Austen et de ses héroïnes. Après avoir été émerveillée par Bath dans sa jeunesse, comme Catherine Morland, Jane se lassa rapidement de la ville et de ses habitants qu'elle trouvait trop superficiels, tout comme Anne Elliot. Pour ma part, en ce premier jour, j'étais davantage Catherine Morland s'extasiant de tout qu'Anne Elliot !

Le lendemain matin nous sommes allées chercher la voiture de location et nous avons roulé une heure trente jusqu'à Dorchester pour visiter la ville et les deux maisons de Thomas Hardy. Je vous parlerai de cette journée dans un article à venir.

Le jeudi matin, après nous être rendues dans le cimetière dans lequel est enterré le coeur de Thomas Hardy (son corps étant à l'Abbey de Westminster), nous avons roulé une heure trente jusqu'à Chawton.

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Chawton est un tout petit, aussitôt arrivé dans le village, vous apercevez le cottage de Jane Austen.

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Le cottage est magnifique à l'extérieur comme à l'intérieur et le printemps ajoute un charme supérieur au jardin. Avant de visiter la maison, une vidéo nous raconte la vie de Jane Austen et l'histoire du cottage. Ensuite, nous visitons la cuisine, la salle à manger dans laquelle se trouve la table sur laquelle Jane écrivait et enfin l'étage et les chambres. L'intérieur de la maison est charmante et la visite est émouvante. On voudrait qu'elle dure trèèèèès longtemps pour rester le plus de temps possible chez Jane Austen. Le seul petit inconvénient réside dans l'attractivité du cottage: nous étions au mois d'avril mais il y avait déjà beaucoup de visiteurs.   

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La veille, nous avions presque été accueillies comme des "reines " dans les maisons de Thomas Hardy puisque nous avions moins de 60 ans et que nous étions françaises, les gens travaillant chez Jane Austen voient bien plus de monde et sont de ce fait moins attentifs ou simplement moins passionnés. Je suis très égoïste quand je visite une maison d'écrivain: je suis tellement "fanatique", je les aime tellement, que j'aimerais être seule dans la maison et pouvoir parler comme je le souhaite, rester autant de temps que je veux dans les pièces et me sentir "invitée" chez cet homme ou cette femme que j'admire tant. Bref, c'est une manie un peu folle mais je voulais tout de même l'expliquer puisque la visite ne fut pas aussi féerique que celle des maisons de Thomas Hardy.Malgré ma folle manie, la visite fut incroyable.

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Si un jour vous avez la chance de visiter Chawton, je vous conseille de prévoir le pique-nique. Il n'y a que deux pubs et nous avons eu du mal à trouver une table avant 15h et encore on nous a fait comprendre qu'il ne fallait pas trop s'attarder. Après notre rapide repas, nous avons marché jusqu'à l'église dans laquelle Jane se rendait et dans le cimetière dans lequel Cassandra et la mère de Jane Austen sont enterrées. Le manoir que le frère de Jane Austen possédait se trouve juste à côté de l'église. Après une promenade dans ce charmant village où les cottages rivalisent de mignonneries, nous avons repris la voiture pour la laisser à Basingstoke et de là nous avons repris un train pour Londres.

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Que ce soit à Bath ou à Chawton, j'étais comme une enfant de six surexcitée par tout mais j'étais également très émue. Mon petit coeur fleur bleu battait bien fort ! Pour toutes personnes aimant Jane Austen, ces lieux sont chargés d'émotions. Je vous les conseille plus que vivement. Depuis mon difficile retour à la réalité, j'ai furieusement envie de relire tous les Jane Austen et de revoir tous les films. Et je ne décroche pas des photos que je regarde inlassablement.

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 J'espère que cet article que j'ai essayé de faire le plus spontanément possible n'est pas trop répétitif ou long et qu'il vous aura plu !

Je reviendrai vers vous pour vous raconter notre journée à Dorchester, chez Thomas Hardy !

 

Article rédigé dans le cadre de A year in England chez Titine !  logo-by-eliza1.jpg

 

Fanny