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19/10/2019

L'homme qui chaussait du 62, Daniel Crozes

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Ulysse a vingt ans, il mesure 2,20 mètres, pèse 170 kilos et sa croissance n'est pas terminée. En 1903, il passe le conseil de révision et stupéfie les médecins. Un photographe immortalise sa carrure, il devient le plus grand conscrit de France. Sa vie en est alors chamboulée. Des journalistes veulent rencontrer le géant, des agents artistiques lui proposent des contrats. Ulysse est un cordonnier vivant dans un petit village de l'Aveyron une vie modeste et heureuse avec les siens. Il a le cœur tendre et naïf des rêveurs. Malgré sa peur de quitter sa famille, il va accepter la proposition d'un agent : former un duo de musiciens avec un lilliputien, faire une tournée en France, puis en Europe. La coquette somme qu'il percevra et qu'il reversera à sa famille vivant dans des conditions de plus en plus précaires va le décider à surmonter son angoisse de devenir une bête de foire moquée par les spectateurs. Le lecteur suit alors le géant durant plusieurs années dans ses tournées musicales qui feront de lui une célébrité. Sa renommée le mènera jusqu'aux Etats-Unis. 

Pour écrire ce roman, Daniel Crozes s'est inspiré de la vie d'Henri Cot, géant aveyronnais né en 1883 et mort dans des conditions mystérieuses en 1912. L'historien plonge le lecteur dans l'Aveyron du début du XXe siècle, dans la folie des nuits parisiennes et de la tournée américaine mais aussi dans vie d'un duo au physique peu ordinaire. 

 

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Le thème des hommes et femmes au physique extraordinaire au début du XXe siècle, la vie de cet homme m'intéressaient énormément pourtant j'ai eu du mal à rentrer véritablement dans ce roman. Malgré le caractère de ce bon géant, j'ai eu l'impression d'être tenue à distance du héros, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être que le choix du narrateur externe contribue à cette distanciation. L'homme qui chaussait du 62 est un roman intéressant mais que je n'ai pas trouvé assez émouvant. La fin est cependant très surprenante et nous donne envie de faire des recherches sur Henri Cot. Ce fut une lecture en demi-teinte pour ma part.

 

Je remercie vivement Babelio et les éditions Rouergue pour cette découverte.

 

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27/06/2019

Les Brontë, Jean-Pierre Ohl

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La famille Brontë me fascine, leurs oeuvres m'impressionnent. Les Hauts de Hurlevent est mon indiscutablement roman favoris.

La biographie Les Brontë de Jean-Pierre Ohl retrace le parcours de la famille Brontë de leur enfance jusqu'à leur disparition. L'auteur revient sur la construction du mythe Brontë auquel Elizabeth Gaskell a largement participé. Il cite les romans des trois soeurs, leurs correspondances et des témoignages recueillis par Gaskell, une grande amie de Charlotte. La correspondance de Charlotte étant la plus prolifique et la romancière ayant survécu quelques années à sa fratrie, c'est surtout les traces de l'aînée des soeurs Brontë que nous suivons. 

J'ai déjà lu quelques biographies de la famille Brontë et j'ai eu l'impression que Jean-Pierre Ohl m'apportait de nouvelles connaissances et enrichissait ma vision de la famille. La biographie est sensible et l'auteur semble véritablement fasciné par les soeurs Brontë. Alors que nous connaissons leur si triste destin, Jean-Pierre Ohl parvient à nous émouvoir, tout comme un romancier pourrait le faire. Ce texte nous donne également envie de lire et relire infiniment Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent ou La Recluse de Wildfell Hall.

J'ai adoré cette biographie et marcher une nouvelle fois à Haworth, sur les pas des ma chère fratrie Brontë. 

Lu dans le cadre de la lecture commune d'une biographie de Jean-Pierre Ohl organisée par Lou et Titine

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26/06/2019

Jeunesse perdue, Daphné du Maurier

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Jeunesse perdue est le sixième roman de Daphné du Maurier que je découvre. Jusqu'à présent, je les ai tous aimés mais pour celui-ci j'aurais dû passer mon chemin.

Dès le premier chapitre, Dick est sur un pont de Londres. Le jeune homme est le fils d'un grand poète anglais, il vit dans l'ombre de son père et ne supporte plus cette situation. Il regarde la Tamise en contrebas et franchit le parapet. Il est prêt à se jeter dans le fleuve lorsqu'une main appuie sur son épaule. C'est Jake, un jeune homme, un peu plus âgé que Dick, qui parvient à le ramener à la raison. Dick suit alors Jake comme son ombre, semble fasciné par le personnage. Ils décident de s'embarquer ensemble sur un navire, en tant que marins, en partance pour la Scandinavie. 

Les aventures de Dick le mèneront ensuite à Paris où il rencontrera le grand amour et tentera de faire concurrence à son père qui n'a pas daigné répondre à l'une de ses lettre. Il se lance dans l'écriture d'un roman. 

Comme vous l'avez déjà compris, je n'ai pas aimé ce roman. Les premiers chapitres étaient très prometteurs : les extraits décrivant le trouble psychologique du héros et sa rencontre presque surnaturelle avec Jake, son guide et son ami dès les premiers regards, sont beaux. Mais très vite le livre s'essouffle, et particulièrement le centre du roman se déroulant à Paris. Dick m'a souvent agacée et son apprentissage de la vie adulte ne m'a pas du tout touchée alors que j'aime les romans d'initiation. 

Mon avis est assez radical, j'en ai bien conscience, mais malheureusement je me suis vraiment ennuyée en lisant Jeunesse perdue. J'ai eu l'impression de ne pas lire du Daphné du Maurier. Quelques réflexions sur l'amour, le désamour, le temps qui passe étaient pourtant belles, comme celle-ci : 

"Je me dis que, à quel point que deux êtres puissent se donner l'un à l'autre, faire partie l'un de l'autre, ils sont bien obligés de constater avec un peu de désespoir que chacun reste en face de soi-même dans un grand abime de solitude."

 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Titine et Lou.

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21/06/2019

Shirley, Charlotte Brontë

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Shirley était le dernier roman des soeurs Brontë qu'il me restait à découvrir. C'est avec une émotion un peu particulière que je l'ai lu, d'autant plus que Charlotte a commencé le roman avant de perdre Branwell, Emily et Anne et l'a terminé difficilement après cette succession de drames. Elle intitule ainsi le premier chapitre qu'elle rédige après toutes ces pertes : " La vallée de l'ombre de la mort.''

Shirley se déroule dans le Yorkshire, à l'heure des guerres napoléoniennes. La pauvreté et la misère poussent les ouvriers des manufactures à se révolter et à détruire les nouvelles machines de leur patron. Robert Moore, propriétaire d'une filature, est confronté à toutes ces difficultés. Dès le début du roman, homme sans pitié, il s'apprête à traquer ses ouvriers qui se préparent à détruire des machines qui doivent lui être livrées. 

Sa cousine, la douce et intelligente Caroline est amoureuse de lui. Il semble partager ses sentiments mais trop occupé par ses affaires, il n'est pas prêt à se marier.  Arrive alors dans la région, l'héroïne éponyme, Shirley qui change la vie des personnages. La jeune héritière n'a pas sa langue dans sa poche. Elle est curieuse des affaires et des révoltes ouvrières et ne tarde pas à attirer tous les personnages : Moore reconnait sa détermination, Caroline aime être en sa compagnie et la considère bientôt comme son amie. 

Caroline, consciente de l'ambition sociale de son cousin, sait bien que la riche Shirley serait un bon parti pour Robert. Elle ne tarde pas à tomber malade alors que le frère de Robert, un précepteur dénué d'un quelconque désir d'ascension, s'installe en ville. Ce nouveau personnage vient bouleverser le destin des trois héros. 

 

Shriley est en partie un roman social rendant compte des crises ouvrières, et parfois de leurs dures répressions, qui secouèrent le Yorkshire au début du XIXe siècle. Mais les histoires d'amour, les sentiments et rêveries de Shirley et Caroline prennent le dessus sur la peinture sociale. La satire des riches propriétaires et des vicaires isolés de cette région austère a également une place importante dans le roman. Cela ne plairait guère à Charlotte qui détestait les romans de Jane Austen mais certaines descriptions des vicaires peuvent amuser le lecteur, tout comme le faisait son aînée.

Shirley est aussi un hommage, une nouvelle vie offerte par Charlotte à Emily et Anne. L'écriture permet alors de conjurer la mort et de soigner la douleur. Caroline, intelligente, timide et calme n'est autre qu'Anne. Shirley, téméraire, déterminée et libre est l'incarnation d'Emily. Certaines scènes du roman sont des représentations littéraires de scènes réelles : Shriley se fait mordre par un chien et cautérise elle-même sa plaie avec un fer chaud comme le fit Emily à Haworth.

Ce roman est touchant : les héroïnes le sont, le contexte de l'écriture l'est aussi. Shirley est pavé qui se lit avec beaucoup de plaisir, l'écriture y est belle mais le roman n'emporte pas le lecteur dans cette fougue romanesque et lyrique comme est capable de le faire Jane Eyre. J'ai préféré Shriley à Vilette, lu il y a quelques années, mais il reste en deçà de Jane Eyre selon moi. 

" Dans ces dernières années, une abondante pluie de vicaires est tombée sur le nord de l’Angleterre. Les collines en sont noires : chaque paroisse en a un ou plusieurs ; ils sont assez jeunes pour être très actifs, et doivent accomplir beaucoup de bien. Mais ce n’est pas de ces dernières années que nous allons parler ; nous remonterons au commencement de ce siècle. Les dernières années, les années présentes, sont poudreuses, brûlées par le soleil, arides ; nous voulons éviter l’heure de midi, l’oublier dans la sieste, nous dérober par le sommeil à la chaleur du jour et rêver de l’aurore."

 

Lu dans le cadre de la Journée victorienne organisée par Lou et Titine.

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19/06/2019

L'Assassin du Marais, Catherine Cuenca

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Au printemps 1849, Paris est en effervescence. Une épidémie de choléra décime la ville. Jeanne Deroin se présente aux élections législatives. C'est la première femme qui ose se présenter comme candidate. Elle demande instamment l'égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes, faisant fi des menaces, des quolibets et des critiques de ses contemporains comme Proudhon et George Sand. 

Alexandre, un jeune enquêteur, voyou repenti, se rend sur une scène de crime. Une célibataire de 29 ans, couturière et membre actif du club des Femmes d'Eugénie Niboyet a été étranglée. Bientôt, une autre femme est retrouvée étranglée dans Paris. Elle était aussi une militante active de la cause féministe. Alexandre en est alors certain, ces femmes ont été assassinées pour leur engagement politique. La haine, la misogynie est l'unique mobile de ces meurtres. Un homme, quelque part dans Paris, veut faire taire ces femmes. Lâché par son supérieur Dubon qui sent venir le fiasco de cette affaire, Alexandre Delage sera forcé de mener son enquête seul, risquant la vie d'autres femmes s'il ne se montre pas assez efficace mais aussi sa propre carrière.

Julie Paupelier est une vendeuse dans grand magasin parisien. Elle a fui la campagne et sa famille qui voulait la marier de force à un homme qu'elle n'aimait pas. Sur sa route, elle a croisé Sidonie, victime tout comme elle, des traditions patriarcales. Elles se considèrent comme des sœurs, travaillent côte à côte et se méfient des hommes. Mais Sidonie est tombée amoureuse. Un jour, Sidonie ne vient pas travailler. Elle a disparu, elle semble s'être volatilisée. Julie demandera alors l'aide de la police qui ne prend pas la disparition de Sidonie au sérieux. La jeune vendeuse, craignant pour la vie de son amie dans ce climat de peur, cherchera un soutien auprès de Léa, une spirite, capable de communiquer avec les défunt, femme adultère, mère séparée de son enfant et mise au banc de la société depuis qu'elle a divorcé de son époux.

Alexandre, Julie et Léa joindront alors leurs forces pour arrêter cet assassin qui sème la panique dans le quartier du Marais et plus particulièrement au sein des clubs politiques féminins. 

 

J'ai adoré ce roman policier que j'ai trouvé ambitieux et novateur et qui s'adresse à de jeunes adultes. Choisir pour cadre l'année 1849 porteuse d'espoirs mais aussi de déceptions entraînés par la toute récente République de 1848 et les clubs féministes est original. Le contexte est donc extrêmement intéressant, le roman très documenté devient alors un moyen d'acquérir de nombreuses connaissances historiques tout en suivant une intrigue pleine de suspense et de rebondissements. Quelques pages à la fin du livre sont consacrées à certaines féministes ayant véritablement vécu et que l'on retrouve dans le roman.

Le personnages sont attachants et le parcours des diverses héroïnes donne un aperçu de toutes les inégalités que subissaient ces générations de femmes sacrifiées dans la sphère publique et privée: femme mariée de force, rejetée par leur famille si elles n'obéissaient pas, exclue par tous en cas d'adultère, séparée de leur enfant selon la volonté de l'époux, assassinée sans véritable intérêt de la part de la police, privées du droit de vote, de s'exprimer librement, d'être élue ... Catherine Cuenca n'offre pas une vision manichéenne de la société française de 1849, certains hommes comme Alexandre ne tolère pas la misogynie de ses supérieurs. 

Le roman se dévore en quelques jours tant l'intrigue est prenante et le rythme soutenu. Catherine Cuenca lance son lecteur sur de nombreuses pistes pour sa plus grande joie. 

Roman policier, historique, féministe, L'Assassin du Marais offre un très bon moment de lecture.

 

Un grand merci à Babelio et aux éditions Scrineo.

 

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17/06/2019

La sorcière de Salem, Elizabeth Gaskell

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De nouveau je triche un peu avec une autrice anglaise mais un fait historique et une intrigue qui se déroule aux Etats-Unis. 

La Sorcière de Salem débute par l'arrivée de Loïs Barclay dans la ville de Boston en 1691. Orpheline, enfant unique, Loïs se voit forcée d'immigrer aux Etats-Unis après le décès de sa mère. Elle quitte la vieille Angleterre pour la Nouvelle Angleterre, le coeur gros et se remémorant la malédiction qu'une vieille sorcière lui a lancée lorsqu'elle était enfant. Cette femme accusée de sorcellerie, maltraitée et insultée par tous, a prédit que la petite Loïs connaîtrait un jour ce sort. 

Loïs se rend à Salem où l'attendent un un oncle, une tante, un cousin et des cousines qu'elle n'a jamais rencontrés puisque sa mère et son oncle ne se sont plus vu depuis fort longtemps après un différend religieux. Loïs vit tout d'abord une existence apaisée à Salem, aux côtés d'une tante qui reste distante avec elle mais aussi de cousines qui s'attachent rapidement à la jeune anglaise. Loïs devient la confidente de Grace, la plus âgée de ses deux cousines. Son étrange cousin, Manasseh, lui demande instamment sa main, jurant qu'il entend une voix les menaçant tous les deux d'une mort terrible s'ils ne deviennent pas époux. Loïs n'a de cesse de repousser le jeune homme. Alors que la tante voudrait éloigner Loïs de son fils, que Grace est jalouse de la complicité de l'anglaise et du jeune pasteur, l'hystérie s'empare de Salem. Des jeunes filles affirment que des sorcières vivent à leurs côtés et tous sont décidés à les croire ... 

Elizabeth Gaskell décrit ces événements tragiques qui ont marqué durablement la conscience collective et qui fascinent toujours aujourd'hui. L'autrice nous donne à voir la paranoïa qui s'empare de la ville mais aussi du microcosme de cette famille qui semblait raisonnable. Loïs Barclay ne fait pas partie des véritables personnages historiques ayant vécu ces événements mais la fiction n'empêche pas l'autrice de retranscrire la folie collective et l'atmosphère de délation et de soupçon même si le roman est très court. L'héroïne va croiser sur son chemin des acteurs historiques comme le juge du procès des sorcières, John Hathorne, grand-père de l'auteur Nathaniel Hawthorne.

La Sorcière de Salem est un titre peu connu d'Elizabeth Gaskell. J'ai aimé lire ce court roman mais je regrette que la romancière n'en ait pas fait un récit plus long pour développer la personnalité des personnages et la description de la chasse aux sorcières dans Salem. 

Lu dans le cadre de la journée du surnaturel organisée par Titine et Lou. 

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16/06/2019

Mary Ventura et le neuvième royaume, Sylvia Plath

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J'ai lu pour la première fois Sylvia Plath il y a deux ans et j'ai été époustouflée. La Cloche de détresse fait partie de ces livres qui marqueront ma vie de lectrice. Depuis, je cherche à découvrir la biographie de l'autrice et à lire l'ensemble de ses œuvres. 

Les éditions de La Table ronde ont lancé une nouvelle collection, "La Nonpareille". Cette collection publiera quatre nouvelles inédites par an dans un petit format.

Mary Ventura et le neuvième royaume est la première publication de "La Nonpareille" et l'objet livre est très beau. 

Il s'agit d'une nouvelle que Sylvia Plath a écrit en 1952, quelques mois avant sa première tentative de suicide, alors qu'elle était étudiante. Le magazine Mademoiselle refusa de la publier. 

La nouvelle débute sur le quai d'une gare. Une jeune fille est encouragée par ses parents à monter dans le train. Elle n'en a pas envie, semble craintive mais ses parents insistent et elle s'exécute. Ce voyage et cette séparation d'avec les parents semblent alors devenir symboliquement le passage à l'âge adulte, la découverte de l'indépendance et l'inquiétant choix de notre destin. Elle découvre alors dans le train un monde qui commence par la fasciner, elle se lie avec une autre passagère, profite du wagon-restaurant avec joie mais petit à petit l'atmosphère devient oppressante. La voyageuse qui l'accompagne lui explique que le train ne s'arrêtera pas avant le neuvième royaume. Ce dernier arrêt est un lieu mystérieux et inquiétant mais la plupart des passagers " se résignent" à y descendre selon elle. Mary panique, elle est déterminée à ne pas se résigner et à descendre du train avant d'arriver au neuvième royaume. 

" Il n'y a pas de voyage de retour sur cette ligne, dit la femme avec douceur. on ne revient pas en arrière une fois qu'on est neuvième royaume. C'est le royaume de la négation, de la volonté pétrifiée. Il a un tas de noms différents."

Sylvia Plath qualifiait cette nouvelle de "vague conte symbolique". Ce récit qui semble tout d'abord assez léger se complexifie au fil des pages pour s'enrichir d'une lecture symbolique. Ce voyage en train d'une jeune fille devient la métaphore de diverses interprétations. Mary Ventura et le neuvième royaume est une nouvelle captivante dont la chute est inattendue. Le lecteur trouve déjà en germe les qualités et la complexité de La Cloche de détresse. La plume de Sylvia Plath ne laisse pas le lecteur au repos, il retient son souffle et lit d'une traite ce récit. 

Mary Ventura et le neuvième royaume est une très belle lecture pour les amoureux de Sylvia Plath et pour ceux qui voudraient la découvrir.

Je remercie vivement les éditions de La Table Ronde pour leur confiance et pour la publication de ce petit bijou. 

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