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18/01/2016

Passé imparfait, Julian Fellowes

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Après un silence de quarante ans, Damian Baxter écrit au narrateur pour l'inviter dans sa grande et belle demeure. Il a fait fortune et c'est l'ennemi juré du narrateur depuis un mystérieux événement ayant eu lieu quarante ans auparavant lors de vacances au Portugal. Poussé par la curiosité, le narrateur accepte cette invitation et retrouve son ancien ami à l'article de la mort. Damian a reçu, il y a fort longtemps, une lettre lui annonçant qu'il a un fils qu'il n'a pas reconnu et l'insultant pour son comportement passé. Ne possédant plus les forces de partir à la recherche de l'expéditeur de cette lettre anonyme afin de retrouver son fils, il demande au narrateur, comme le dernier service que l'on doit bien à un mourant même s'il est votre pire ennemi, de retrouver la femme qui lui a envoyé cette lettre. Il fournit alors une liste de six jeunes femmes qui auraient pu avoir un enfant de lui à l'époque dont il est question dans la lettre anonyme. Le narrateur était ami avec toutes ces jeunes femmes qu'il n'a pas vues depuis la fameuse soirée au Portugal. Marqués par cet événement, tous les protagonistes de la soirée n'ont plus voulu se revoir, se sont distancés les uns des autres au point de presque oublier l'existence de ces anciens jeunes gens aristocrates devenus des hommes et des femmes en prise avec le monde moderne qui cherche à les faire disparaître. Par sens du devoir, le narrateur accepte cette mission et retrouve chaque femme afin de retrouver le fils de Damian qui héritera d'une fortune colossale d'ici peu.

Le narrateur va devoir se plonger dans son propre passé et dans celui de Damian afin de comprendre pourquoi celui-ci provoqua cet événement apocalyptique qui fit de lui l'ennemi du héros. Cette mission engendrera chez le narrateur de difficiles mises au point personnelles sur son amour fou pour Serena, une jeune fille qui n'avait d'yeux que pour Damian pendant leur jeunesse. Il constatera avec lucidité et sévérité ce que sont devenus l'aristocratie à laquelle il appartenait dans sa jeunesse et ces jeunes gens aveuglés par leur sentiment de supériorité qui n'ont pas su s'adapter au monde des années 70.

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J'ai moins aimé Passé imparfait que ce que je l'aurais souhaité. Après l'épisode final de Downton Abbey j'ai eu envie de rester en compagnie du monde de Julian Fellowes et cette lecture fut en partie une déception. Le livre n'est pas ennuyeux mais il est très lent et très long à lire. Les ravages du temps sur des générations et la chute d'une caste sont les principaux sujets de roman et ils nécessitent évidemment un nombre de pages conséquent. Avec de tels thèmes, la longueur du roman semble inévitable mais j'ai tout de même souffert avec quelques longueurs.  Je ne suis pas parvenue à m'attacher aux personnages: le narrateur, Damian et Serena m'ont agacé. Je reconnais que la description de l'aristocratie est très intéressante et j'ai beaucoup aimé l'ironie présente tout au long du roman.

Fanny

     Lu dans le cadre de A year in England chez Titine !logo-by-eliza1.jpg

 

 

02/01/2016

And then there were none, BBC et Agatha Christie

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And then there were none est une adaptation de la BBC de Dix petits nègres d'Agatha Christie. Cette mini-série compte trois épisodes de 55 minutes environ. La chaîne britannique a adapté ce célèbre roman à l'occasion des 125 ans de la naissance de la reine du crime.

Dix hommes et femmes sont invités par courrier à retrouver Monsieur et Madame Owen sur l'Ile du soldat, une île qui se trouve sur les côtes du Devon.

Ils sont médecin, juge, secrétaire, général, dévote, dandy, officier de police, militaire et ne se connaissent pas. Ils n'ont jamais vu leurs hôtes. Arrivés sur l'île, Monsieur et Madame Owen sont absents et un couple de domestiques les attend. La maison des Owen est la seule sur l'île. Alors que les dix convives se trouvent dans la même salle, un disque accuse chaque convive d'avoir tué une ou plusieurs personnes. Chaque invité nie les accusations portées par la mystérieuse voix enregistrée sur le disque mais l'un des convive meurt subitement alors qu'il boit un verre d'alcool. Tous croient que le dandy est mort à la suite d'une trop grande consommation de drogue mais lorsque Véra découvre qu'une des statuettes du salon a disparu et qu'il n'en reste que neuf, elle soupçonne un meurtre. Une chanson se trouvant dans chaque pièce de la maison annonce le crime de chaque convive ....

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J'ai lu Dix petits nègres à 12 ans et ce fut une révélation. J'attendais une adaptation digne du roman d'Agatha Christie et c'est chose faite avec And then there were none !

 Le casting est impressionnant et les acteurs sont tous convaincants. Ceux et celles qui ont l'habitude de regarder des productions de la BBC vont retrouver certains acteurs présents dans Meurtre à Pemberley ou Jane Eyre : Maeve Dermody, Anna Maxwell Martin, Sam Neil et Toby Stephens (mon Rochester favoris). J'ai particulièrement aimé la manière de dresser les portraits des personnages grâce à des flash-back pour nous faire comprendre leur passé et leur personnalité.

Le suspens est intense et l'atmosphère angoissante est très bien rendue: la mer déchaînée, les orages qui coupent l'électricité, le bruit du vent dans les arbres, des meurtres sanguinolents et des personnages tous plus inquiétants les uns que les autres. Ce qui est véritablement moderne dans cette adaptation c'est la tension psychologique que le spectateur ressent même s'il connait le nom du meurtrier.

Cette adaptation est une réussite et je vous la conseille vivement !

Fanny

Vu dans le cadre de A year in England chez Titine 

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22/12/2015

Christmas pudding, Agatha Christie

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Christmas pudding est un recueil de nouvelles d'Agatha Christie. Hercule Poirot enquête dans cinq nouvelles et Miss Marple est l'héroïne du dernier texte. Seule la première nouvelle, qui a donné son titre au recueil, a pour cadre les fêtes de fin d'année.

Dans Christmas pudding, Hercule Poirot s'infiltre dans un manoir sous prétexte d'assister à de traditionnelles fêtes de fin d'année anglaises mais il cherche véritablement rubis volé à un prince étranger.

Dans Le Mystère du bahut espagnol, en lisant le journal, Hercule Poirot découvre un meurtre mystérieux: un homme a été retrouvé mort dans un coffre dans un salon où la veille une soirée entre amis avait eu lieu. Personne ne semble avoir pu commettre le crime dans une pièce fermée lors d'une soirée mais pourtant un cadavre se trouve bien dans le coffre....

Le souffre-douleur débute par le meurtre d'un vieil homme acariâtre dont l'assassin semble déjà trouvé grâce à des témoignages accablants mais la veuve ne croit pas à cette version des faits. Hercule Poirot est invité à vivre avec cette famille afin de démasquer le véritable assassin.

Hercule Poirot dîne avec un ami au début du Mort avait les dents blanches. Par l'une des serveuses, il apprend qu'un vieux monsieur, dînant tout seul, vient dans ce restaurant à jour fixe et commande toujours les mêmes plats. La serveuse s'étonne de le voir venir un jour où il n'en a pas l'habitude et s'étonne de sa nouvelle commande. Peu après le vieil homme disparaît et Hercule Poirot part à sa recherche.

Dans Le Rêve, un riche homme d'affaire raconte à Poirot qu'il fait toutes les nuits le même rêve: il se suicide. Il imagine alors qu'un homme essaie de le tuer en manipulant ses pensées et en le poussant au suicide. Il fait appel à Hercule Poirot.

Le Policeman vous dit l'heure est l'unique nouvelle dans laquelle Miss Marple enquête. Un membre de sa famille est témoin du meurtre de sa patronne et la police est face à trois solutions impossibles.

Les nouvelles de ce recueil sont toutes de qualité. Christmas Pudding est certainement la moins prenante mais l'atmosphère de noël donne un charme supplémentaire au texte.

Ce recueil est agréable à lire et je vous le recommande. On est rarement déçu avec Agatha Christie !

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Jane Austen dans mon sapin

Je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année et des instants de bonheur avec ceux que vous aimez.

Fanny

 Lu dans le cadre de  A year in England chez Titine !

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18/12/2015

Paris est une fête, Ernest Hemingway

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Paris est une fête n'est pas un roman mais une succession de vignettes dans lesquelles Hemingway raconte le Paris des années 20. Le lecteur parcourt les différents "chapitres" comme il pourrait feuilleter un album de photographies. Hemingway nous propose de déambuler avec lui dans différents lieux et quartiers de Paris et de rencontrer ses amis. Scott et Zelda Fitzgerald, Blaise Cendrars ou encore Sylvia Beach, propriétaire de la librairie Shakespeare and company, parcourent les rues de Paris avec Hemingway. L'auteur nous fait découvrir l'ambiance du Paris des années folles sans pour autant décrire les excès et les fêtes auxquelles il ne participait visiblement pas à cause de sa pauvreté. Le Paris d'Hemingway est jeune, heureux, créatif, libre et il lui donne l'impression d'être invulnérable.

Pendant les années 20, Hemingway abandonne son travail de journaliste et se lance dans l'écriture de contes et de nouvelles. Il vit avec Hadley, sa première épouse et la véritable héroïne du livre, et leur fils surnommé Bumby.  Il apprend son métier en observant les gens, en écoutant les expériences de ses amis et en corrigeant sans cesse ses manuscrits.

Paris est une fête a été publié à titre posthume, trois ans après le suicide de l'auteur. Le titre a été choisi par Mary, sa dernière épouse puisque l'auteur n'a pas eu le temps de terminer son ouvrage. En 1961, alors qu'il vit aux Etats-Unis et qu'il ne parvient plus à écrire aussi bien qu'il le souhaiterait, Hemingway se plonge dans "la remise", comme il le dit lui-même, de sa mémoire et de son coeur pour en extraire des souvenirs de sa jeunesse parisienne. C'était le temps de la pauvreté, de la création, de son amour encore intact pour Hadley , de son amitié avec des êtres désormais disparus. Même si le style d'Hemingway est épuré au maximum, la description de cette vie bohème n'en est pas moins mélancolique et touchante.

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Les amoureux aux poireaux, Doisneau, 1950

J'ai apprécié cette lecture qui était agréable mais qui ne sera pas inoubliable pour moi. Il faut laisser Hemingway nous prendre la main pour se promener dans les rues parisiennes et accepter de s'asseoir à un café avec lui pour écouter toutes ses anecdotes. J'ai apprécié les vignettes ajoutées dans l'édition Folio et les fragments qui nous montrent véritablement le travail minutieux du romancier qui réécrit à l'infini un même extrait.

Il était important pour moi de participer à la lecture commune organisée par Eliza. 

Je crois qu'une petite bougie sera allumée en chacun de nous pendant très longtemps afin de ne pas oublier ceux et celles qui ont perdu la vie, ainsi que leur famille, le vendredi 13 novembre 2015. A nous de ne pas la laisser s'éteindre.

" Ce fut la fin de notre première période parisienne. Paris ne fut plus jamais le même. C'était pourtant toujours Partis, et s'il changeait vous changiez en même temps que lui.... Il n'y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu'en gardent tous ceux qui y ont vécu diffère d'une personne à l'autre. Nous y sommes toujours revenus, et peu importait qui nous étions, chaque fois, ou comment il avait changé, ou avec quelles difficultés -ou quelles commodités- nous pouvions nous y rendre. Paris valait toujours la peine, et vous receviez toujours quelque chose en retour de ce que vous lui donniez. Mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux. "

Fanny

 

08/12/2015

La terre qui penche, Carole Martinez (MRL15)

 

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La terre qui penche débute par le récit d'une catastrophe naturelle qui a eu lieu au Moyen-âge. Le lit de la Loue s'est asséché et, alors que des hommes, des femmes et des enfants se trouvaient à l'intérieur pour venir admirer cette étrangeté, les eaux sont remontées et ont noyé ces humains. Une vieille âme raconte de cet événement tragique même si elle annonce que la petite fille qu'elle était est morte la veille. Le récit est raconté par deux voix: celle de la vieille âme et celle la petite fille morte qui n'a jamais vieilli et qui prend la parole pour raconter ce que la mémoire de la vieille âme a oublié au fil des siècles. Cette petite fille disparue à 12 ans en 1361 se nomme Blanche et elle est une fille légitime et mal aimée du seigneur Martin qui passe ses journées à faire la guerre et à courir après toutes les femmes. La voix de la vieille âme nous annonce dès le début du roman que la petite fille qui vit à ses côtés est morte à douze ans et, qu'ensemble, elles vont retracer sa courte existence et les événements qui l'ont amené jusqu'à sa disparition.

Dans tout le roman, Blanche cherche partout une image ou un souvenir de sa mère qu'elle n'a jamais connue et dont elle pourrait s'emparer. Blanche, petite et maigrelette, a survécu à la peste qui a ravagé le monde lorsqu'elle était enfant et qui a emporté sa mère. Elle vit avec ses frères et soeurs légitimes, avec ses soeurs bâtardes et passe ses journées à coudre en silence alors qu'elle rêve d'apprendre à lire et à écrire. Selon Martin, ces choses là ne s'apprennent pas aux jeunes filles, il ne faut pas faire entrer le diable dans son esprit. Blanche est gênante au château parce qu'elle parle dans son sommeil, révèle la haine qu'elle ressent pour son père, conteste l'éducation qui lui est donnée. Son destin sera alors tranché par son père et elle devra le suivre. Elle imagine alors le pire, son père la livrera-t-elle au diable ? La sacrifiera-t-elle pour que la peste ne sévisse plus jamais ?

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La Terre qui penche est un conte pour adulte, un poème lyrique et un roman initiatique. J'ai adoré la double narration qui mêle la voix et les souvenirs de l'enfant à ceux de la vieille âme. J'ai aimé l'intrigue dont les péripéties surprennent le lecteur et plus particulièrement à la fin. L'atmosphère du roman est très prenante et nous déambulons avec Blanche dans ces forêts inquiétantes, dans ce château médiéval posté sur une terre qui penche et nous sentons également l'eau de la Loue sur notre peau grâce à l'écriture sensuelle de Carole Martinez. Sous sa plume le monde est fascinant et mystérieux: une rivière devient une belle femme en colère et amoureuse, un cheval couleur terre se transforme en chemin sur lequel l'héroïne avance et un enfant idiot et fou s'imagine poisson. Son écriture poétique et incantatoire ensorcelle le lecteur qui est porté par les phrases et par les mots qu'il répète lentement et à haute voix pour mieux s'en imprégner. Ce roman est très original et je pense qu'il ne laisse pas indifférent. Pour ma part, je l'ai adoré. Je suis ravie d'avoir découvert cette auteur avec La terre qui penche.

Je remercie vivement Price Minister et les matchs de la rentrée littéraire (MRL15) pour ce très beau roman !

" A tes côtés, je m'émerveille.
Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.
Tu dors, ô mon enfance,
Et, pour l'éternité, dans la tombe, je veille.
Tout aurait dû crever quand tu as gagné ton trou, gamine,
Au lieu de quoi la vie a dominé, sans joie.
Seule la rivière a tenté quelque chose pour marquer ton départ, ma lumineuse."

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny et Kheira .

Fanny

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24/11/2015

Sylphide fée des forêts, Philippe Lechermeier et Olivier Desvaux

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Chaque nuit James rêve d'une belle sylphide embaumant la forêt qui vient danser pour lui. Le jeune homme est sur le point de se marier avec la douce Effie, la plus belle jeune fille de la région. Tous les jeunes hommes l'envient mais James, lui, ne pense qu'à cette mystérieuse créature qui le hante.

Le jour du mariage, une vieille femme vivant dans les bois et ayant des dons de sorcellerie cherche refuge chez les futurs époux. James la rejette alors qu'Effie lui demande de lui prédire l'avenir. Madge la sorcière lui annonce que son futur époux ne l'aime pas et en aime follement une autre. James persuade Effie du contraire et le mariage a finalement lieu. Alors que les époux échangent leur alliance, la sylphide apparaît et vole la bague de la mariée. James se lance alors à sa poursuite dans les bois. En courant désespérement après l'incarnation de la jeune femme parfaite mais imaginaire, James prend le risque de perdre Effie et Magde, la sorcière qu'il a repoussée, est bien décidée à se venger ...

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Cet album est une réécriture du ballet La Sylphide crée en 1832 par Philippe Taglioni. Les peintures d'Olivier Desvaux, dominées par des couleurs lumineuses, sont magnifiques et nous invitent dans l'univers mystérieux et poétique de la Sylphide. J'ai particulièrement aimé la grâce et l'élégance des figures féminines que ce soient les fées mais aussi la mariée. Elles nous rappellent toutes de délicates danseuses classiques. Les textes de Philippe Lechermeier sont poétiques et raffinés à l'image de la délicate Sylphide.

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Cette réécriture est un délice pour les petits relativement grands (les tout petits risquent de ne pas être sensibles à l'intrigue matrimoniale) et pour les adultes.

Je remercie vivement Babelio et les éditions Gautier Languereau pour cet album féerique.

Fanny

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10/11/2015

La Splendeur des Lansing, Edith Wharton

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Chez Romanza, je m'étais fixée comme challenge pour l'année de lire trois romans d'Edith Wharton et nous en sommes bien loin puisque c'est le premier que je lis de l'année (mais je ne désespère pas d'en lire une deuxième d'ici la fin de l'année !).

J'avais énormément aimé Chez les heureux du monde et Le Temps de l'innocence et je désirais découvrir un peu plus cette grande auteure américaine.

La Splendeur des Lansing débute par la lune de miel de Nick Lansing et de sa jeune épouse Susy. Nick et Susy, pauvres parmi les riches, ont toujours vécu de la générosité de leurs protecteurs et des services honnêtes ou malhonnêtes qu'ils leur rendaient en échange. Ils s'aiment, se marient à la grande surprise du beau monde qui les entoure et décident de passer un pacte : ils resteront ensemble autant qu'ils le pourront en vivant des générosités de leur entourage et si l'un des deux trouve un parti plus enviable l'autre doit le laisser briser les liens du mariage. En sachant pertinemment qu'ils vivent sur le dos de cette société hypocrite qui est la leur et qu'ils ne sont pas prêts à travailler ou à abandonner le luxe auquel ils sont trop attachés, ils devinent que leurs jours ensemble sont comptés et qu'un jour viendra où le piège de cette dépendance vis-à-vis des autres se fermera sur eux. Ils passent leur lune de miel chez divers amis qui leur prêtent leur villa ou leur palais vénitien et qui vienne rendre visite au jeune couple. Tout semble merveilleux, jusqu'au jour où Susy, déterminée à "se débrouiller" pour assurer à son couple une vie paisible, accepte de mentir et de poster des lettres de la propriétaire du palais vénitien à son mari pendant que cette dernière se trouve avec son amant. Réprimant sa conscience, Susy accepte cet échange de services alors que Nick réalise soudainement que les choses vont bien trop loin et qu'ils vivent grâce à l'hypocrisie de leurs "amis".

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Edith Wharton est un grand peintre des splendeurs et misères du beau monde du début du Xxe siècle qui s'arrache le dernier manteau à la monde, qui possède un appartement à New-York, une maison coquette dans la campagne parisienne et un palais à Venise. Elle les peint avec férocité et ironie pour exposer aux yeux de tous leurs mensonges, leurs hypocrisies et leurs vies amorales où les amitiés sont intéressées, les mariages minés par l'adultère et les enfants abandonnés aux soins des nourrices. Au milieu de cette foule déchaînée, le lecteur rencontre Susy et Nick, plein de bons sentiments mais dont la conscience est tourmentée. Pourquoi abandonner cette vie facile qu'ils ont toujours eue ? Ne méritent-ils pas mieux que ces mensonges et arrangements ?

La Splendeur des Lansing est une sorte de roman initiatique dans lequel Nick et Susy font leur propre éducation amoureuse et consciencieuse au milieu de ce tumulte.

J'ai aimé le portrait mordant de cette époque et de cette société hypocrite et celui des deux héros mais j'ai trouvé quelques longueurs à ce roman. Comme toujours, la plume distinguée d'Edith Wharton est pleine de charme. La Splendeur des Lansing est agréable à lire mais il ne possède pas les qualités et le charme du Temps de l'innoncence ou de Chez les heureux du monde.

Fanny

Lu dans le cadre du challenge Myself 2015 chez Romanza tumblr_llgpv5j6Ag1qb0j8no1_250.jpg