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24/10/2016

Frissonnons en noir et blanc !

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J'ai eu envie aujourd'hui de vous présenter cinq films en noir et blanc et leur réalisateur pour frissonner en cette période d'Halloween, le soir, sous votre couette avec un bon thé ou un chocolat chaud. Vous connaissez peut-être déjà mon amour pour les films en noir et blanc, j'ai choisi 5 films que j'aime particulièrement et qui m'ont effrayé ou dérangé lors de leur premier visionnage et qui me terrifient toujours pour certains !

 

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Le tout premier du classement, qui vous glace le sang, vous donne de la tachycardie et vous fait avoir des sueurs froides sous la douche est forcément Psychose d'Alfred Hitchcock. Même après l'avoir vu plusieurs fois, ce film a toujours un effet fou sur moi. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, précipitez-vous sur ce film culte.

Marion Crane décide avec son amant de voler son patron. En fuite avec une valise remplie d'argent, elle s'arrête pour dormir la nuit dans un motel peu fréquenté. Elle rencontre le jeune homme qui tient ce motel, Norman Bates, qui vit avec sa mère invalide et au caractère difficile. Le vol est découvert, Marion ne donne plus de nouvelles: sa soeur et un inspecteur se mettent alors à enquêter pour retrouver Marion....

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Vous pouvez également frissonner devant La Corde, Rebecca, Soupçon et L'Ombre d'un doute en noir et blanc ou encore devant Les Oiseaux, Sueurs froides, Le Crime était presque parfait et Fenêtre sur cour en couleurs.

 

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Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot est un film culte que j'affectionne autant que Psychose. Il a été adapté du roman Celle qui n'était plus de Boileau-Narcejac. Ce film, moins connu que celui d'Alfred Hitchcock est incroyable. La première fois que je l'ai vu j'étais dans le même état d'angoisse que pour Psychose. D'ailleurs, Hitchcock, jaloux du succès Des Diaboliques considéré comme le film le plus effrayant de l'époque, a réalisé Psychose pour voler la vedette à Clouzot, c'est pour vous dire !

Les Diaboliques raconte la vie de professeurs dans un pensionnat tenu par la main de fer du directeur. Parmi ses professeurs, on découvre l'épouse malmenée et fragile du directeur et sa maîtresse. Les deux femmes humiliées, maltraitées, violentées de toutes les façons possibles, décident de tuer le directeur. Elles le tuent et font disparaître son cadavre dans la piscine de l'école qui n'est jamais nettoyée et ressemble davantage à un marais. Mais lorsque la piscine est vidée, les deux femmes se rendent compte avec épouvante que le corps du directeur n'y est plus ....

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Vous pouvez également aimer d'autres Clouzot très réussis mais moins effrayants: le myhtique Corbeau ou L'Assassin habite au 21.

 

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La Nuit du chasseur est une adaptation du roman de David Grubb qui s'est inspiré d'un tueur en série qui a sévi dans sa ville. La Nuit du chasseur est l'unique film du réalisateur Charles Laughton. Le film a été malmené par la critique lors de sa sortie mais il est considéré aujourd'hui comme un chef-d'oeuvre. Robert Mitchum est incroyable dans ce rôle de méchant hors du commun qui est vraiment une représentation absolue du Mal et ce conte noir n'est pas terrorisant pour l'adulte mais il est dérangeant et terriblement prenant.

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En 1930, en Virginie, alors que la pauvreté règne, le révérend Harry Powell, tueur en série, est arrêté par la police pour avoir volé une voiture. Il rencontre en prison un homme condamné à mort pour avoir volé une importante somme d'argent et tué deux personnes lors d'un hold-up afin de nourrir sa famille. L'argent n'a pas été retrouvé et il est avoue au révérend qu'il a eu le temps de le donner à ses enfants. Sorti de prison, Harry Powell retrouve la famille du condamné à mort, épouse la veuve et cherche l'argent. Il est prêt à tout pour mettre la main sur le magot et son habit de révérend le protège de tous les soupçons ....

  

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L’invraisemblable vérité de Fritz Lang est une pépite trop peu connue avec la belle Joan Fontaine datant de 1956. Le suspens est incroyable dans ce film et la chute est très réussie et intelligente. Le public va de rebondissements en surprises et tombe dans le piège tissé par Fritz Lang.

Un journaliste et un rédacteur en chef militent contre la peine de mort: ils sont persuadés que certains condamnés à mort sont innocents. Ils décident de monter "un faux meurtre" pour prouver au monde entier que la police et la justice se trompent parfois. Ils fabriquent des preuves pour faire accuser le journaliste d'un crime qui le conduira à être condamné à mort. Le plan prévoit également la fabrication d'autres preuves pour montrer que le journaliste est innocent le moment venu. Alors que le plan est lancé, un événement imprévu va bouleverser leur projet et ils ne pourront plus faire machine arrière ...

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Le Secret derrière la porte et House by the River sont également des films de Fitz Lang qui vous feront frissonner.

 

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Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? est un film de Robert Aldrich de 1962 avec la terrifiante Bette Davis et Joan Crawford. Ce film saura vous tenir en haleine jusqu'à la fin et les deux actrices sont excellentes.

Jane, ancienne enfant vedette dans les années 20 et oubliée par le public d'aujourd'hui, vit avec sa soeur Blanche. Le destin a inversé les rôles: alors que Baby Jane tombait dans l'oubli lors de son adolescence, Blanche adulte est devenue une actrice célèbre. Après un mystérieux accident de voiture, Blanche est immobilisée dans un fauteuil roulant et met fin à sa carrière. Elle devient dépendante de Jane qui s'occupe de cette sœur auréolée de gloire qu'elle jalouse. On tremble alors pour Blanche; proie facile pour sa sœur un peu folle, qui se déguise encore en cette Baby Jane que le public a oublié, pleine d'aigreur et qui a soudainement tous les pouvoirs sur Blanche.

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Connaissez-vous certains de ces films ? Pouvez-vous m'en conseiller certains que vous aimez ?

Je vous souhaite de bons films sous la couette !

Fanny

 

15:42 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7)

21/10/2016

Chanson douce, Leïla Slimani

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La cruelle chanson douce de Leïla Slimani commence par cette phrase qui n'est pas sans nous rappeler le début de L'Etranger d'Albert Camus : "Le bébé est mort."

Leïla Slimani nous livre la fin de l'intrigue dès le premier chapitre: Myriam rentre plus tôt du travail pour passer davantage de temps avec ses enfants et découvre les corps de Mila et d'Adam, tués par Louise, la nounou, qui a tenté de se suicider. Nous n'avons alors plus qu'une seule question: Pourquoi Louise en est-elle venue à tuer deux enfants qu'elle semblait aimer ? Connaissant la fin et ayant ainsi une supériorité sur les personnages, le lecteur prend de la hauteur et regarde alors les protagonistes s'animer, comme s'ils étaient de petites poupées, jusqu'au dénouement. Le roman rembobine la chronologie et on retrouve Myriam, débordée, se laissant submerger par l'aigreur et les regrets, ayant l'impression d'être exclue de la vie et qui décide de trouver une nounou pour pouvoir reprendre son travail d'avocate. Paul et Myriam ont choisi Louise, une sorte de Mary Poppins: elle est parfaite, aime immédiatement Mila et Adam, fait à manger et range l'appartement. Myriam retrouve avec joie son travail et la carrière de Paul prend un nouveau tournant. Le couple rentre de plus en plus tard, Louise s'immisce de plus en plus dans leur vie. Le couple ne peut plus se passer d'elle et Louise, veuve, sans nouvelle de sa fille, a enfin l'impression de plus souffrir de la solitude et de faire partie d'une famille aimante. Petit à petit, Louise semble agir étrangement mais elle est toujours plus dévouée à la famille. Myriam et Paul remarquent ces bizarreries, envisagent de la congédier mais ils ne franchissent jamais le pas. Une relation complexe et ambiguë s'est crée entre cette famille et la nounou et le piège se referme tout doucement sur eux.

Chanson douce est un thriller et un conte cruel de notre vie moderne qui aborde de nombreux sujets. Leïla Slimani dresse un portrait criant de vérité d'un jeune couple qui ressemble à tant de couples d'aujourd'hui: Myriam a besoin de travailler pour ne pas devenir une horrible mégère mais elle culpabilise à chaque instant de laisser ses enfants, Paul, qui s'était juré de ne jamais avoir de principes rigides, se montre autoritaire lorsqu'il s'agit de l'éducation de ses enfants. L'auteur aborde également le thème de l'argent: ces couples égoïstes, laissent entrer ces nourrices dans leur intimé mais ils ne les connaissent pas véritablement et ne cherchent pas à les aider face à leurs problèmes financiers.

Leïla Slimani décrit avec beaucoup de tendresse ces nounous, vivant dans la précarité, venues du bout du monde qui protègent et aiment des enfants qui oublient leur nom et qui ne les reconnaissent pas dans la rue lorsqu'ils sont devenus adolescents. L'écriture de Leïla Slimani est tranchante, efficace et nous tient en haleine durant tout le roman.

Vous l'aurez compris, j'ai tout aimé dans ce roman. Chanson douce est une très belle réussite !

"Il y a les mères aussi, les mères au regard vague. Celle qu’un accouchement récent retient à la lisière du monde et qui, sur ce banc, sent le poids de son ventre encore flasque. Elle porte son corps de douleur et de sécrétions, son corps qui sent le lait aigre et le sang. Cette chair qu’elle traîne et à qui elle n’offre ni soin ni repos. Il y a les mères souriantes, radieuses, les mères si rares, que tous les enfants couvent des yeux. Celles qui n’ont pas dit au revoir ce matin, qui ne les ont pas laissés dans les bras d’une autre. Celles qu’un jour de congé exceptionnel a poussées là et qui profitent avec un enthousiasme étrange de cette banale journée d’hiver au parc."

"Son cœur s'est endurci. Les années l'ont recouvert d'une écorce épaisse et froide et elle l'entend à peine battre. Plus rien ne parvient à l'émouvoir. Elle doit admettre qu'elle ne sait plus aimer. Elle a épuisé tout ce que son cœur contenait de tendresse, ses mains n'ont plus rien à frôler."

Merci à Price Minister pour les Matchs de la rentrée littéraire !

Fanny

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16/10/2016

The Girls, Emma Cline

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Evie passe quelques jours toute seule dans la maison d'un ami avec vue sur la mer. Alors que le fils adolescent de son ami fait irruption dans la maison pour passer une nuit avec sa petite amie, Evie se souvient de sa propre jeunesse. Lorsque ses parents se sont séparés et que sa meilleure amie a pris ses distances, Evie s'est retrouvée seule et s'ennuyait. Elle était une adolescente dans les années 60 en Californie et elle traînait sa solitude dans un parc ou un super marché lorsqu'elle rencontre par deux fois Suzanne, une jeune femme mystérieuse à la beauté envoûtante. Evie est immédiatement attirée par Suzanne et devient prête à tout pour parler à cette jeune femme brune qui semble différente de toutes les personnes qu'elle a rencontrées.

Suzanne la conduit au repère de son groupe, un vieux ranch dans lequel la saleté, le désordre et le partage entre jeunes gens font loi. Personne ne possède rien, chacun pioche dans un sac de vêtements commun, chaque membre a un rôle dans la maison et les enfants grouillent partout sans que l'on sache qui sont les parents. Evie, délaissée par sa mère et son père qui s'occupent davantage de leur nouveau conjoint respectif, trouve dans ce ranch un foyer et dans ces jeunes gens une nouvelle famille parmi laquelle on trouve un lot de jeunes femmes admiratives et envoûtées par Russell. L'influence de Russell, manipulateur et séducteur, est immense sur les autres habitants du ranch et il devient une sorte de gourou pour ces jeunes femmes: il donne les ordres, elles les exécutent. A 14 ans, Evie découvre une nouvelle vie dont les horizons sont plus vastes et la liberté sans limites. Toutes les frontières fixées par la société de l'époque n'existent : la propriété privée et la propreté sont bannies du ranch alors que la drogue, l'alcool, le sexe, le vol font partie intégrante de cette vie commune. Evie, à la recherche de sa propre personnalité et d'affection, abandonne la gentille adolescente qu'elle était pour devenir un membre à part du ranch. Elle adopte tous les principes et les règles de vie que le groupe prône tant elle est attirée par Suzanne. Mais au fur et à mesure le verni s'écaille et ce groupe ressemble de plus en plus à une secte aux yeux d'Evie. La violence de Russell s'accrue, Suzanne prend ses distances et certains membres quittent le ranch. Spectatrice de tous ces changements, Evie aperçoit de plus en plus distinctement le nouveau chemin violent et fou que semble suivre la secte.

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The Girls est inspiré par l'histoire de la secte dirigée par Charles Manson qui commis des assassinats d'une grande violence et sans véritables motifs apparents à la fin des années 60 en Californie dont celui de Sharon Tate. Charles Manson prévoyait les meurtres, "ses filles" les commettaient. Ces meurtres bouleversèrent les Etats-Unis et l'image bien gentille et insouciante des hippies de la fin des années 60 disparut avec cette secte.

Emma Cline met en scène la fascination du mal et de la violence. Evie est fascinée par Suzanne, la meurtrière la plus violente du groupe et même lorsqu'elle prend connaissance des assassinats, les filles sont toutes envoûtées par la folie de Russell et le lecteur est également happé par la descente aux enfers du groupe. Ce roman est étrangement prenant. Une fois qu'Evie fait partie de la communauté du ranch nous sommes piégés par un double élan: le lecteur veut suivre ces personnages fous qui le fascine également mais en même temps il est mal à l'aise durant divers scènes glauques.

The Girls est également un roman d'apprentissage: Evie perdra son innocence dans ce roman et deviendra une adulte hantée par ce qu'elle a vécu avec cette secte.

J'ai d'abord eu un peu de mal à entrer dans le roman : la première partie qui nous montre Evie adulte n'est pas la plus prenante et puis il faut s'habituer au ton du roman. Les 100 dernières pages sont haletantes et sont vraiment l'apogée du roman. Evie adulte s'interroge: qu'aurait-elle fait si elle était partie avec le groupe qui allait assassiner la famille ?

Avant de lire The Girls j'avais entendu des avis dithyrambiques sur le roman. Mon ressenti est moins enthousiaste: j'ai beaucoup aimé The Girls mais ce ne sera pas le livre de l'année pour moi. L'engouement pour le roman est tout à fait mérité: The Girls est vraiment une lecture atypique qui créer un ressenti complexe chez son lecteur qui ne peut pas rester indifférent. Même si The Girls ne fut pas un coup de cœur je sais que ces filles-là vont rester une lecture marquante pour moi.

" C'est seulement après le procès que certaines choses se précisèrent, cette nuit-là formait maintenant un arc familier. Tous les détails et les anomalies étaient rendus publics. Parfois, j’essaie de deviner quel rôle j’aurais pu jouer. Quelle responsabilité me reviendrait. Il est plus simple de penser que je n’aurais rien fait, peut-être les aurais-je arrêtés, ma présence étant l’ancre qui aurait maintenu Suzanne dans le monde des humains. C’était un souhait, la parabole convaincante. Mais il existait une autre possibilité lancinante, insistante et invisible. Le croque-mitaine sous le lit, le serpent au pied de l'escalier: peut-être que j'aurais fait quelque chose, moi aussi. Peut-être que ça aurait été facile. "

Merci à Babelio et aux éditions de La Table ronde.

J'ai partagé ma lecture avec Fanny du Manoir aux livres !

Fanny

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17/09/2016

Le témoignage du pendu, Ann Granger

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Le témoignage du pendu est le cinquième volume des enquêtes de Benjamin et Elizabeth Ross. Mills, un condamné à mort, demande comme dernière volonté de s'entretenir avec l'homme qui l'a arrêté: Benjamin Ross. Avant de mourir, il veut soulager sa conscience : pendant dix-sept il a gardé le silence mais aujourd'hui il veut témoigner sur un crime dont il a été le témoin. Piégé par l'orage en pleine campagne, Mills chercha refuge dans la seule maison des alentours. Il s'approcha de cette maison et aperçut par la fenêtre un vieil homme se faire tuer par une jeune femme. Effrayé, il fuit et se tut pendant dix-sept. Benjamin Ross ne sait que penser: Mills dit-il la vérité ou est-ce une astuce pour retarder sa condamnation à mort? Lizzie se propose alors pour retourner sur les lieux, retrouver cette maison et le nom de la victime. Alors que Mills est exécuté et que le couple Ross espère trouver assez de preuves pour ouvrir officiellement l'enquête, Monsieur Canning, bourgeois londonien, déclare que sa femme et sa fille ont été enlevées par des malfaiteurs à la recherche d'une rançon. Le doute s'installe dans l'esprit de Benjamin: il pense avoir aperçu la veille cette femme et son enfant dormant sous un pont de Londres. Benjamin et Lizzie devront alors résoudre deux mystères : comprendre la disparition de Madame Canning et Charlotte afin de les retrouver vivantes et trouver des preuves pour confondre une meurtrière qui a échappé à la justice pendant dix-sept ans.

Ce cinquième tome est, selon moi, le moins réussi de tous. Mon ressenti est mitigé: j'étais ravie de retrouver ce couple pour une nouvelle enquête et l'ambiance de l'Angleterre du XIXe siècle décrite par Ann Granger me plait toujours autant. Mais cette double intrigue ne m'a pas convaincue. Le début était prometteur mais la disparition de Madame Canning et sa fille vient se greffer à la première enquête sans apporter de véritable intérêt à l'histoire. L'enquête de la disparition est intéressante parce qu'elle décrit la condition féminine et les malheurs que les femmes du XIXe siècle devaient fatalement subir. Mais elle n'est pas intéressante en elle-même et elle est vite résolue par le lecteur. L'intrigue concernant le meurtre vieux de dix-sept est plus palpitante mais elle s'essouffle à cause de la seconde enquête qui l'a ralentie. Enfin, Lizzie Ross n'est pas assez présente à mon goût.
J'espère que cette petite déception avec Le témoignage du pendu sera effacée par un sixième volume qui aura les qualités des volumes précédents !

Fanny

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle chez Fanny et de A year in England chez Titine.

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06/09/2016

Chaleur du sang, Irène Némirovsky

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L'été dernier, j'avais lu et adoré Suite Française. J'avais été bien incapable de partager mon avis tant le roman était dense, riche et beau. Avec Chaleur du sang, roman plus court, je m'en sens à peu près capable.

Le roman se déroule dans les années 30 dans la campagne bourguignonne. Silvio, un vieil homme, assiste au mariage de Colette, la fille d'une amie, et de François. Le lecteur suit plusieurs couples : il y a Colette et François, fraîchement mariés, Brigitte, mariée à un vieil homme mais qui aime passionnément son amant Marc et Hélène et François, les parents de Colette, qui s'aiment comme au premier jour lorsque Hélène était encore l'épouse d'un premier mari. Les destins de ces trois couples sont tous entremêlés par des secrets qu'ils pensaient enfouis mais qui resurgissent lors d'un événement tragique qui affectera Colette et Françoise. Du haut de sa sagesse et sa solitude, Silvio, le narrateur, observe ces passions amoureuses et se souvient de sa propre jeunesse, à l'époque lointaine où il brûlait encore de cette "chaleur du sang", disparue pour lui aujourd'hui.

Ce roman est un tableau réaliste et acerbe de la campagne et des paysans qui n'est pas dénué de tendresse pour le monde rural. Chaleur du sang est une tragédie, celle de la jeunesse qui brûle et se consume dans ses amours et ses égarements et celle de la vieillesse qui se meure par manque de passions. Irène Némirovsky dresse un sublime portrait de la jeunesse et de la vieillesse. C'est également la tragédie de tout un village dans lequel tous les habitants semblent liés par un même destin inéluctable. L'événement tragique qui bouleverse la vie de ces trois couples parait inévitable au regard du passé de leurs ancêtres et de leurs secrets. L'écriture d'Irène Némirovsky est incroyablement belle, délicate et poétique. Je suis de nouveau sous le charme de l'intrigue, des personnages et de l'écriture d'Irène Némirovsky.

"Je ressemble à un faune : un vieux faune vraiment, qui ne court plus les nymphes, qui se cache au coin de son feu. Et comment décrire les plaisirs que j'y trouve ? Je jouis de choses simples et qui sont à ma portée : un bon repas, un bon vin, ce carnet où je me procure, en y griffonnant, une joie sarcastique et secrète ; par-dessus tout la divine solitude. Que me faut-il de plus ? Mais, à vingt ans, comme je brûlais !...Comment s'allume en nous ce feu ? Il dévore tout, en quelques mois, en quelques années, en quelques heures parfois, puis s'éteint. Après, vous pouvez dénombrer ses ravages. Vous vous trouvez lié à une femme que vous n'aimez plus, ou, comme moi, vous êtes ruiné, ou, né pour être épicier, vous avez voulu vous faire peintre à Paris et vous finissez vos jours à l'hôpital. Qui n'a pas eu sa vie étrangement déformée et courbée par ce feu dans un sens contraire à sa nature profonde ? Si bien que nous sommes tous plus ou moins semblables à ces branches qui brûlent dans ma cheminée et que les flammes tordent comme elles veulent."

Fanny

 

21/07/2016

Les Quatre soeurs, Enid, Hortense et Bettina, Malika Ferdjoukh et Cati Baur

J'ai longtemps vu des articles sur ces bandes dessinées avant de me lancer. C'est chose faite et je regrette de ne pas avoir découvert ces cinq formidables sœurs avant ! La série s'appelle Quatre sœurs alors qu'elles sont cinq (c'est comme pour Les Trois Mousquetaires, on en enlève un au décompte). Quatre sœurs sont avant tout des romans jeunesse écrits par Malika Ferdjoukh devenus des bandes dessinées sous le crayon de Cati Baur.

Chaque tome s'attache à une sœur et à une saison. Charlie, l'aînée, tire le diable par la queue pour subvenir aux besoins de ses sœurs depuis la disparition de ses parents et pour que la Vill'Hervé, la maison familiale, ne tombe pas en ruines. Chaque sœur a un caractère bien trempé et de petits secrets. Chacune voit, à certains moments, le fantôme de leurs parents auxquels elles se confient ou demandent de l'aide. L'horrible et très drôle (bien malgré elle), tante Lucrèce, leur tutrice légale ne les aide pas et n'est là que pour les enquiquiner. Les cinq sœurs font de nouvelles rencontres amicales ou amoureuses dans chaque tome et ces personnages se retrouvent au fil de la série.

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Le premier tome porte le nom d'Enid, la plus jeune de la fratrie, et se déroule durant l'automne. Enid, c'est une enfant un brin sauvage qui considère les animaux, les chats de la maison mais aussi les chauve-souris, comme ses amis. Elle est persuadée d'entendre hurler un fantôme dans le parc autour de la maison la nuit mais personne ne la croit. Alors que ses sœurs aînée se démènent pour trouver de l'argent pour que la Vill'Hervé ne s'écroule pas, que Bettina jalouse Colombe qui vit avec elles pour un moment, Enid n'a qu'une obsession : retrouver Swift, sa chauve-souris disparue après une tempête.

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Le deuxième tome, Hortense, se déroule durant l'hiver et suit le parcours de la quatrième sœur. Hortense est une adolescente timide et elle n'aime rien tant que lire et écrire dans son coin. Hortense se cherche dans ce tome: qui va-t-elle devenir ? Comment faire pour ne plus devenir écarlate dès qu'un professeur l'interroge ? Et si la solution était le théâtre ? Hortense va alors se lancer sur les planches pour se trouver.

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Dans le troisième tome, le dernier paru à ce jour, Bettina, la peste de la fratrie cherche à reconquérir un amoureux dont elle n'a pas voulu dans le livre précédent. Bettina a 14 ans et elle aime tout particulièrement se pomponner, être remarquée par les jolis garçons et rigoler avec ses copines. L'argent manque à la Vill'Hervé et Charlie décide de prendre un locataire dans la maison mais ce joli cœur fait tourner la tête des filles et plus particulièrement de l'aînée en couple avec un gentil médecin de campagne.

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Cette série est un véritable coup de cœur. Les cinq sœurs sont très attachantes, elles le sont tellement que j'ai bien du mal à trouver une préférée. J'ai peut-être une petite préférence pour Bettina, cette peste superficielle qui cache son bon cœur et dont les traits d'ironie me font bien rire. Elles inspirent toute une grande tendresse au lecteur. L'histoire de ces cinq sœur faite des espoirs et des souffrances de chacune est très agréable à suivre au fil des tomes. Malika Ferdjoukh a crée une atmosphère, de petites intrigues et des personnages qui ont un quelque chose de plus qui nous donne envie de nous replonger dans ces livres aussitôt terminés. Rien ne manque dans cette série : ces sœurs sont drôles, intelligentes, solidaires et très humaines avec leurs petits défauts. Les dessins de Cati Baur sont vraiment magnifiques, ils sont tout doux et poétiques. Les cinq sœurs sont belles comme des cœurs et les représentations des paysages alentour et de la Vill'Hervé sont très réussies.

Enfin bref, pour conclure, on aimerait bien que ces cinq sœurs soient nos voisines !

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Fanny

 

29/06/2016

L'été avant la guerre, Helen Simonson

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Beatrice Nash arrive à Rye, petite ville rurale du Sud de l'Angleterre, durant l'été 1914. Elle est la nouvelle professeur de latin de l'école de Rye. Orpheline depuis peu, Beatrice sait que ce poste lui permettra de s'affranchir de la tutelle de sa tante bourgeoise et de mener la vie qu'elle souhaite en restant célibataire et en écrivant. Agatha Kent, femme à fort caractère influente dans le village, l'accueille, la chaperonne et lui présente le beau monde du village mais aussi les familles moins fortunées. Beatrice rencontre également les deux neveux d'Agatha: Daniel, poète cynique, extravagant et d'une grande beauté et son cousin Hugh, médecin intelligent et drôle. Beatrice n'est pas insensible aux charmes de Daniel et à l'intelligence de Hugh. Elle s'attache également à Agatha qui la défend et la protège des attaques de la femme du maire, Bettina Fothergill, première concurrente et ennemie d'Agatha. Le cercle d'Agatha Kent compte également un écrivain de renom que Beatrice admire, la fille du pasteur militant pour le droit de vote des femmes, des bourgeoises et plus tard un professeur belge réfugié en Angleterre avec sa fille. Alors que Beatrice rêve de publier un recueil des lettres de son père, que Daniel désire créer une revue poétique avec un ami et que Hugh fait des projets matrimoniaux et professionnels, la guerre est déclarée. Elle chamboule la vie de tous les personnages: homme et femme, envoyé au front en France ou resté en Angleterre.

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Les personnages imaginés par Helen Simonson sont très attachants. Ils sont le point très positif du roman: ils sont intelligents, drôles, sensibles et ne peuvent laisser insensibles. J'ai adoré les échanges sarcastiques ou moments de tendresse entre Daniel et Hugh. Agatha Kent est également très vive, tendre et drôle. La petite "guéguerre" qu'elle mène contre l'épouse du maire pour avoir la plus grande influence possible dans le village est très drôle. Helen Simonson a su équilibrer des instants de légèreté et d'ironie et d'autres tragiques et touchants dans son roman. La fin est très réussie et particulièrement émouvante. 

J'ai trouvé que le roman était un peu trop long, particulièrement au début. J'ai cru que Beatrice occuperait dès les premières pages son poste de professeur et que la guerre serait déclenchée très rapidement. Le début est trop long mais je crois que l'auteur avait tout de même besoin de tout ce temps pour créer une certaine ambiance et pour nous présenter tous les personnages du village. L'ambiance est réussie : entre ragots, guéguerres, amitiés, vieilles rancunes, rivalités, le lecteur s'amuse de tous ces personnages et a vraiment l'impression de faire partie du village. On a un peu l'impression de se trouver dans le village de Donwnton Abbey ou dans celui des Dames de Cranford d'Elizabeth Gaskell.

Helen Simonson parvient également à dresser le portraits des laissés pour compte du début du Xxe siècle: les femmes et les pauvres. Les femmes sont encore les gentilles marionnettes qui doivent faire ce que la société attend d'elles: Beatrice ne peut pas disposer de son héritage comme elle l'entend, elle ne peut pas affirmer qu'elle écrit sans se faire traiter d'idiote, l'intelligente Abigail a été retirée de l'école car elle doit être une sage petite servante, Mme Witte, divorcée et écrivain à succès est la pariât du village. Les pauvres sont destinés à le rester et même le directeur d'école n'espère pas que la culture et l'enseignement puissent leur permettre une ascension sociale. Beatrice semble être l'héroïne du roman mais de nombreux personnages ont une place très importante. Helen Simonson a dressé le portrait des hommes et des femmes de toute une époque qui s'apprête à sombrer dans l'horreur.

L'été avant la guerre contient des longueurs mais reste une lecture agréable. Les personnages intelligents, drôles et l'ambiance créée dans le roman sont plein de charmes.

Je remercie les éditions Nil et Babelio pour cette agréable lecture !

Fanny

Lu dans le cadre du mois anglais chez Cryssilda et Lou.

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