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13/06/2015

La Chaine d'Amour, Daphné du Maurier

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La Chaine d’Amour est le premier roman de Daphné du Maurier. Il s’agit d’une saga familiale dans laquelle on suit quatre générations. On découvre tout d’abord Janet Coombe alors qu’elle est encore une toute jeune femme sur le point d’épouser son cousin Thomas. Ils vivent à Plyn, petit port de Cornouailles où Thomas dirige le chantier naval. Janet a toujours été plutôt singulière. Elle aime la mer et aurait voulu être un homme pour pouvoir partir à la découverte des océans. Jeune mariée, elle goûte un temps le plaisir d’avoir un mari aimant, sa propre maison ainsi que les joies de la maternité, mais elle se retrouve vite rattrapée par son attirance irrésistible pour la mer. Janet a six enfants mais n’est véritablement proche que de Joseph, son deuxième fils. Ils partagent tous les deux cette passion pour la mer et sont liés par une relation fusionnelle. Janet va vivre son rêve de conquérir les océans à travers Joseph, qui devient marin et travaille dur pour obtenir son brevet de capitaine. Lorsqu’il l’obtient, un navire est fabriqué dans le chantier naval familial avec une figure de proue à l’effigie de Janet. Cette surprise est la joie ultime pour Janet.

Dans la deuxième partie du roman, on suit la deuxième génération de cette famille et plus particulièrement Joseph. Bien qu’épanoui sur les eaux, il cherchera toute sa vie à retrouver une complicité équivalente à celle qu’il a eu avec sa mère, à présent décédée. Il place tous ses espoirs en son fils ainé Christopher, auquel il s’efforce de transmettre sa passion pour les eaux. Cela devient son seul et unique but, allant jusqu’à l’obsession. C’est donc naturellement que dans la suite du roman on suit le destin de Christopher puis celui de sa propre fille Jennifer, portrait craché de son arrière-grand-mère Janet…

Difficile de parler de cette histoire sans trop en dévoiler…. J’ai beaucoup aimé ce roman car il nous fait découvrir des générations et personnages très différents mais tous très intéressants, même les plus sombres. J’ai particulièrement aimé le personnage de Jennifer. Née plusieurs décennies après Janet, elle ose aller contre la bienséance et prendre son indépendance pour suivre ses envies et ses rêves. C’est également elle qui apporte la vengeance tant attendue depuis plusieurs générations dans cette famille.

La mer occupe une place importante dans ce roman. Bien que très différents, tous les membres de la famille Coombe sont liés par la mer et la passion qu’elle inspire. Qu’ils s’éloignent du petit port de Plyn volontairement ou non, ils finissent tous par y revenir.

Daphné du Maurier nous offre ici également une très belle fresque des passions humaines en dépeignant entre les personnages l’amour, la solidarité tout comme la haine et la vengeance. J’ai avant tout été marquée par la belle relation entre Janet et Joseph. Leur relation est forte et fusionnelle au point de ne plus laisser aucune place aux autres membres de la famille. C’est ce lien et la transmission par la mère de sa passion à son fils qui cèlent le destin de Joseph ainsi que des générations suivantes. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur nous dépeint les relations au sein de cette famille. J’ai navigué avec les personnages et ai été tenue en haleine jusqu’au bout !

Emilie

08/06/2015

Le jardin secret, Frances H.Burnett

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Mary Lennox est une petite Anglaise solitaire et capricieuse qui vit avec ses parents en Inde. Sa mère, belle jeune femme admirée par tous ne daigne pas s'intéresser à sa fille dont elle a confié l'éducation à ses domestiques. Mary ne sait pas aimer car elle n'a jamais été aimée par ses parents et ses domestiques craignent ses caprices. Devenue soudainement orpheline, Mary est confiée à un oncle inconnu vivant à Misselthwaite, un immense manoir dans le Yorskshire.

Une nouvelle vie commence alors pour Mary qui se rend en Angleterre et qui est confiée à une jeune fille, Martha, qui pour la première fois de sa vie n'obéit pas à ses ordres. Son oncle ne souhaite pas la rencontrer. Ce manoir est rempli de mystère et Mary, s'ennuyant fermement, décide de les percer à jour. Elle entend parler d'un jardin fermé depuis dix ans, depuis la mort de sa tante et dont la clé aurait été enterrée par son oncle miné par le chagrin depuis la disparition de son épouse. Mary fait la rencontre d'un vieux jardinier bougon et d'un rossignol qui semble la comprendre. Cet animal va lui permettre de découvrir la porte cachée et la clé du jardin secret.... Ce lieu magique et hors du temps va transformer Mary du tout au tout. Petite fille blême, n'aimant pas lier des amitiés et sortir, elle va devenir un petit être ne vivant que pour ce jardin qu'elle bêche et fleurit et elle va s'attacher à Martha, à ce vieux jardinier et à Dickon. Mary est fascinée par Dickon, petit gars du Yorkshire qui vit en harmonie avec les bête et qui lui va apprendre tout ce qu'il sait. Ils auront à coeur de rendre vie à ce jardin.

Cependant, un second mystère reste à percer. Mary entend des pleurs la nuit et elle se décide à découvrir leur provenance. Elle rencontre alors un jeune garçon infirme et qui se dit mourant et qui n'est autre que son cousin. Cette rencontre entre une fillette qui renaît à elle-même et Colin, un garçon malade et insupportable sera salvatrice pour de nombreux personnages.

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(Illustration d'Inga Moore) 

Ce roman de Frances H.Burnett est un classique de la littérature jeunesse anglaise. J'ai trouvé que le sujet et son traitement étaient très poétiques. Certains détails et personnages secondaires sont mignons et apportent un grand charme à ce roman qui ressemble davantage à un conte. La magie du quotidien occupe une place importante dans cette histoire. Nous sommes transportés tour à tour dans la lande du Yorkshire et dans ce jardin sauvage mais aussi fleuri avec soin. Ce roman est une telle ode à la nature que les pages embaument le parfum des roses.

Je suis persuadée que si je l'avais lu étant enfant il ferait partie de mes romans favoris au même titre que La Gloire de mon père ou Les quatre filles du docteur March.

Fanny 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou,  Titine et Cryssilda !

 

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02/06/2015

Les intrus de la Maison Haute, Thomas Hardy

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Les intrus de la Maison Haute est un recueil de deux nouvelles. La première s'intitule Le bras atrophié et la seconde donne son nom au recueil.

Le bras atrophié raconte l'histoire de Lodge qui amène dans sa ferme sa nouvelle épouse: Gertrude. Elle est jeune, belle et douce. Sans le savoir, elle a pour pire ennemie une laitière des environs: Rhoda Brook, ancienne maîtresse de Lodge et mère de son unique enfant illégitime. Après une nuit mouvementée par des cauchemars, Rhoda rencontre la nouvelle Mme Lodge avec qui elle sympathise. Gertrude souffre soudainement d'une douleur au bras. Il s'atrophie petit à petit et Rhoda, qui a une réputation de sorcière, culpabilise en pensant qu'elle a provoqué la douleur de sa nouvelle amie sans le vouloir. Mme Lodge demandera à Rhoda son aide pour combattre son mal et elle ne pourra la lui refuser.

Au début de la nouvelle Les intrus de la Maison Haute, Charles Darton chemine avec son ami Johns pour se rendre à cette fameuse maison placée en hauteur et habitée par Sally, sa promise. Alors que la mère de Sally s'apprête à accueillir Charles pour le dîner, un homme en haillons entre dans la Maison Haute. Cet homme que les deux femmes ne reconnaissent pas immédiatement est le frère de Sally qui revient d'Australie. Ce frère revient avec une épouse et deux enfants. Ces arrivées vont chambouler les projets matrimoniaux de Sally et Charles.

Ce recueil de nouvelles de Thomas Hardy est plaisant à lire même s'il ne m'a pas envoûté comme l'avait fait Une femme d'imagination et autres contes. Les dénouements de ces deux récits sont vraiment surprenants et nous retrouvons des pointes de cet aspect tragique inhérent à toutes choses chez Hardy.

Ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable mais il m'a permis de me promener dans la campagne anglaise et de découvrir cet auteur que j'admire depuis ma lecture de Loin de la foule déchaînée.

Fanny 

Lu dans le cadre de la lecture commune Thomas Hardy du mois anglais organisé par Lou, Cryssilda et Titine

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16/05/2015

Loin de la foule déchaînée, Thomas Hardy

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Comme bon nombre d'entre vous, j'ai très envie d'aller voir le film de Thomas Vinterberg qui sort le 3 juin et j'ai voulu lire le roman avant de voir son adaptation cinématographique.

Loin de la foule déchaînée s'ouvre sur la description physique et psychologique de Gabriel Oak, un berger travailleur qui possède son propre troupeau à Norcombe. Il croise par hasard la belle Batsheba Everdene dont il tombe amoureux dès les premiers regards. Très rapidement, il lui demande de l'épouser et elle refuse espérant un parti plus intéressant. Batsheba Everdene hérite alors du domaine de son oncle fortuné qu'elle doit apprendre à gérer toute seule. De son côté, Gabriel Oak a perdu son indépendance économique à cause de divers revers de fortune et doit désormais se trouver un patron. Alors qu'il parcourt la campagne du Wessex pour trouver un emploi, il aide par hasard des ouvriers agricoles à éteindre un feu qui se déclare dans une propriété et sauve ainsi les récoltes du propriétaire qui n'est autre que Batsheba elle-même. Elle lui procure un emploi et Gabriel, devenu un employé comme un autre, n'envisage plus un possible mariage avec celle qui est devenue sa patronne. La disparition de Fanny, une employée de maison de Batsheba, partie rejoindre son fiancé, s'ajoute aux ennuis de la ferme. Batsheba est une femme de poigne qui prend ses responsabilités à bras le corps et qui épate tous les patrons masculins de la région lorsqu'elle se rend aux marchés pour vendre ses productions. Tous l'admirent, sauf Monsieur Boldwood, le plus riche propriétaire des environs. Par jeu et par fierté, Batsheba, ne supportant pas qu'il l'ignore, fera tout pour attirer son attention à ses risques et périls. Alors que Monsieur Boldwood a remarqué Batsheba plus qu'elle ne le souhait et qu'il la poursuit par de pressantes demandes en mariage, notre héroïne rencontre Francis Troy dans une forêt et elle tombe immédiatement sous son charme. Ce sergent à la réputation douteuse va chambouler la vie de tous les personnages...

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Thomas Hardy dresse une galerie de personnages attachants parce que plein d'espoirs et d'attentes. L'espoir est le fil conducteur de chaque personnage. Fanny espère que son fiancé pour qui elle a tout quitté finira par l'épouser, Boldwood espère séduire et épouser Batsheba, Gabriel, à force de travail et de sacrifices, espère retrouver sa bonne situation et grâce à celle-ci se faire accepter par Batsheba. Quant à cette dernière, elle espère de tout coeur ne pas avoir fait d'erreurs dans ses choix.... Tous ces personnages sont très forts et ne laissent pas indifférents. On s'attache à eux pour des raisons différentes: Fanny est entreprenante et risque tout par amour, Boldwood est un homme désespérément amoureux de Batsheba et parfois désespérant, Batsheba est courageuse, Troy regrette certains de ses actes et Gabriel est d'une fidélité et d'une honnêteté sans fin. Gabriel Oak (qui porte bien son nom puisque Oak signifie chêne) gagne notre sympathie dès les premières pages du roman et ravit parfois la place de héros du roman à Batsheba.  

Les paysages et le travaux agricoles sont décrits minutieusement par Thomas Hardy et le lecteur a presque l'impression de sentir l'odeur du foin coupé ou d'entendre la faux qui s'abat. On a l'impression d'avoir sous les yeux un tableau de John Constable. La nature est un personnage important de ce roman et chaque personnage semble en faire pleinement partie.

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(Le chant de blé, John Constable, 1826)

Loin de la foule déchaînée est un grand classique avec des personnages forts et une intrigue palpitante. Les rebondissements sont nombreux et si certains liens entre les personnages ou actions sont devinés par le lecteur d'autres sauront le surprendre au fil de sa lecture.

La plume de Thomas Hardy m'a paru moins savoureuse que dans Une femme d'imagination et autres contes mais cela est peut-être d à la traduction ou au travail de l'auteur au fil des ans puisque Loin de la foule déchaînée est son premier roman. Malgré cela, son écriture ensorcelle toujours le lecteur.

Loin de la foule déchaînée est un roman brillant et qui entre immédiatement dans la liste de mes livres préférés. Je reste toujours admirative et sans voix face à un grand talent. Je suis définitivement conquise par la plume de Thomas Hardy, par ses descriptions de la campagne du Sud de l'Angleterre et par ses personnages puissants.

Merci mille fois, Monsieur Hardy.

 

Voici les premières lignes du roman:

" Quand le fermier Oak souriait, les commissures de ses lèvres touchaient presque ses oreilles, ses yeux se plissaient jusqu'à ne plus former que deux fentes et un faisceau de rides apparaissait autour d'eux, qui dessinait sur son visage comme les rayons d'un soleil levant sur un croquis rudimentaire."

Fanny

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle chez Fanny !  

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07/05/2015

Les indiscrétions d'Hercule Poirot, Agatha Christie

 

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Richard Abernethie, chef de famille et aîné d'une fratrie disparue à l'exception d'une sœur et d'un frère, succombe très rapidement à une maladie qui le diminuait et qu'il ne voulait pas combattre après la mort de son épouse et de son unique fils. Le jour de son enterrement, son cadet et sa cadette ainsi que ses nièces et neveux s'étonnent de la rapidité de sa mort. C'est sans compter sur Cora, la soeur cadette de Robert, qui lâche comme un pavé dans la mare que son aîné a été assassiné par un membre de la famille et qu'ils ont tous eu raison d'étouffer l'affaire. La famille et Monsieur Entwhistle, l'avoué et ami de Robert, sont stupéfaits et ne savent plus quoi penser. Oui ce serait possible, Richard est mort très rapidement et les dispositions de son héritage ne font pas que des heureux. Non, ce serait impossible, Cora ne dit que des bêtises depuis qu'elle est toute petite, elle est écervelée... Cependant, parfois, elle touche dans le mille pour le plus grand malaise de tous... Le doute n'est plus permis lorsque cette même Cora est brutalement assassinée le lendemain de l'enterrement. Quelques jours plus tard, c'est au tour de la dame de compagnie de Cora et sa confidente de recevoir un gâteau empoisonné à l'arsenic.

Dépassé par les événements, Monsieur Entwhistle décide alors d'appeler un vieil ami, Hercule Poirot qui doit se faire passer pour un étranger désirant acheter le domaine de Robert que la famille ne peut pas garder. Notre détective préféré entre en catimini dans la famille, furète, écoute les conversations en faisant semblant de ne pas les comprendre à cause de son anglais approximatif ...

Les indiscrétions d'Hercule Poirot est très réussi et le suspense est entier. Il ne fait pas partie des romans les plus connus d'Agatha Christie mais je crois qu'il va faire partie des meilleurs que j'ai lus. L'intrigue est plus compliquée qu'elle n'y paraît et Hercule Poirot lui-même ne sait plus par quel bout dénouer cette énigme. Il joue alors le tout pour le tout et recherche l'unique preuve qui pourrait confirmer ses hypothèses. Et le lecteur découvre alors un meutrier qu'il aurait du identifier depuis le début puisqu'Agatha Christie avait pris soin de nous laisser un indice bien visible.

N'est pas Hercule Poirot qui veut !

Fanny

06/05/2015

Une femme d'imagination et autres contes, Thomas Hardy

 

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Une femme d'imagination et autres contes est ma première lecture de Thomas Hardy et elle fut un véritable coup de foudre dès les premières pages !

Dans ces quatre contes, Thomas Hardy nous plonge dans le destin de quatre femmes amoureuses au XIXe siècle: Phyllis, Sophy, Caroline et Ella. Quelques soient les conditions sociales ou l'âge de ces femmes, elles souffrent de la toute puissance masculine qui leur impose des unions ou leur interdit des amours. Cette Angleterre du XIXe siècle est faite par les hommes, pour les hommes et les femmes n'ont que la place qu'ils veulent bien leur concéder. Elles ne disposent ni de leur vie, ni de leur personne.

Dans Le hussard mélancolique de la Légion germanique, Phyllis se retrouve confrontée à un choix cornélien. Elle est déjà fiancée à un bon parti mais elle aime en secret un soldat étranger qui lui propose de fuir. Le véto du fils conte la vie de Sophy, tyranisée par son fils qui s'y entend pour faire du chantage à sa mère et pour lui pourrir la vie. Quant à Caroline, elle ne contrôle plus son corps et son âme lorsqu'elle entend la musique d'un mystérieux violoniste dans Le Violoneux des contredanses. Dans Une femme d'imagination, Ella s'égare en tombant amoureuse d'un poète dont elle n'a vu que le portrait et dont elle lit la poésie. La première et la dernière nouvelle furent celles qui me touchèrent le plus.

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Thomas Hardy a dû être une femme dans une vie antérieure pour aussi bien comprendre et exprimer les tourments, les sentiments et les maux de ses héroïnes. Les quelques pages de chaque conte sont aussi denses et riches que le serait un roman et rien ne manque à notre lecture. Cette richesse contenue dans quelques pages m'a rappelé la force des nouvelles de Stefan Zweig.

L'écriture de Thomas Hardy est sublime et la traduction de Magali Merle est plus que réussie. La plume de Thomas Hardy est distinguée et fine comme s'il effleurait avec beaucoup de tendresse et de douceur ses héroïnes devenues de fragiles figures de porcelaine qu'il ne voudrait surtout pas abîmer.

Ces contes sont des pépites d'or et l'on reste sans voix devant tant de beauté.

"En ces temps-là, à la campagne, les jolis miroirs étaient plus rares que de nos jours, et celui que Phyllis avait devant les yeux emporta son admiration. Elle s'y mira et, voyant comme elle avait les yeux battus, s'efforça de leur donner plus d'éclat. Elle se trouvait dans ce pitoyable état d'esprit qui conduit une femme à s'avancer en automate sur le sentier qui, à ses yeux, lui est assigné."

Lu dans le cadre du challenge du XIXe siècle chez Fanny

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Fanny 

 

27/03/2015

L'Affaire Protheroe, Agatha Christie

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La vie est paisible et même un peu ennuyeuse à Saint Mary Mead. Les vieilles demoiselles se retrouvent autour d'une tasse de thé pour échanger les derniers commérages, tout le village se connaît et les jours se suivent sans surprise.

Jusqu'au jour où le pasteur Monsieur Clément donne rendez-vous au colonel Protheroe dans son bureau. Un petit fait de plus sans importance, seulement voilà, quand le pasteur arrive dans son bureau, le colonel Protheroe est mort. Détesté par tous, le colonel avait mille et un ennemis qui souhaitaient sa mort et le pasteur lui-même avait affirmé quelques jours auparavant que sa disparition serait bénéfique au plus grand nombre. Alors que les inspecteurs et le pasteur lui-même enquêtent sur ce crime, le peintre du village M. Redding va se livrer à la police. Son pistolet est l'arme du crime, il a été le dernier à voir le colonel vivant et il s'est disputé avec lui peu de temps auparavant... Tout concorde et l'affaire est sur le point d'être classée lorsque Madame Protheroe s'accuse d'avoir tué son mari... Les inspecteurs ne savent plus où donner de la tête et le pasteur ne sait plus quoi penser de ses ouailles. Heureusement, parmi ces vieilles dames vivant tranquillement dans un cottage, espionnant tout, furetant partout et commérant sur toute chose, il y a Miss Marple. Avec son sens inouï de l'observation, avec sa logique infaillible et sa connaissance approfondie de la nature humaine sans même sortir de son jardin, elle aidera Monsieur Clément et les enquêteurs à retrouver l'assassin !

L'Affaire Protheroe est le premier roman dans lequel le personnage de Miss Marple apparaît. Le pasteur Clément est au centre du roman: il en est le narrateur, le crime est commis chez lui, il suit les inspecteurs dans leurs investigations mais il écoute également les avis de sa voisine Miss Marple. L'héroïne d'Agatha Christie se fait discrète dans ce roman. Comme toujours, elle est bien trop intelligente pour nous autres, vils mortels (tout du moins pour moi) et elle trouve infailliblement l'assassin. La fin du roman est très surprenante et le récit est mené tambour battant sans ornements descriptifs.

Pour conclure, comme toujours , j'ai eu un immense plaisir à lire ce roman d'Agatha Christie et j'ai ressenti une véritable tendresse pour Miss Marple.

Fanny