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22/02/2015

Lecture commune Elizabeth Gaskell

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Nous nous sommes lancées avec joie dans la lecture commune organisée par Fanny pour le challenge XIXe siècle. Ce challenge devait nous amener à lire un roman d'Elizabeth Gaskell. Emilie a choisi Femmes et filles et Fanny Cranford. 

 

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Cranford est un charmant petit village dans lequel vivent presque uniquement des femmes, sorte d’Amazones rejetant et craignant les hommes. Le lecteur est invité à entrer dans un décor fait de cottages, de rues pavées, de dentelles, de thés et de scones par une narratrice, extérieure au village mais logeant chez Miss Matty. Nous nous retrouvons donc dans un groupe de vieilles filles de bonne famille mais pauvres. Leur vie quotidienne est animée par des parties de cartes et de thés fumants pendant lesquels les commérages vont bon train. Un rien surprend ces femmes qui ne sont jamais sorties de leur village et qui fuient les hommes. Leur excitation est à son comble lorsqu'un magicien débarque à Cranford et leur effroi est à son apogée lorsqu'une série de cambriolages a lieu dans le village. Et que dire de leur stupéfaction lorsqu'elles remarquent que leurs domestiques fricotent avec des garçons du village ou lorsqu'elles apprennent qu'une dame de leur groupe prévoit de se remarier! La narratrice, Mary Smith, est parfois aussi crédule que ces dames mais elle s'amuse aussi avec le lecteur de leur ridicule. Le lecteur sourit, rit parfois devant les réactions et répliques de ces vieilles dames tendres et étonnées par toute chose. Malgré leur peur des hommes et malgré l'image aristocratique qu'elles tentent de défendre, ou qu'elles font semblant de défendre, elles deviennent amies avec tous ceux qui ont le coeur bon, à l'image de Monsieur Brown qui les choque tout d'abord par son peu d'éducation et par ses goûts littéraires ou le docteur Hoggins véritable rustre selon elles.

Ce roman est délicieux de bout en bout. Chaque chapitre nous plonge un peu plus dans ce petit univers que l'on voudrait visiter véritablement. Petit à petit, le lecteur rencontre de nouveaux personnages et il s'imagine finalement très bien à la table de ces dames et échangeant des ragots avec elles. Nous ne pouvons que nous attacher à ces personnages tendres, drôles (parfois malgré eux), modestes et généreux. La pudeur est également l'un des beaux sentiments de cette communauté: l'attachement entre deux personnages se lit plutôt à travers un serrement de main plus intense que par de longs discours. Tout est infiniment joli dans ce roman qui ne ressemble à aucun autre. Elizabeth Gaskell montre sa grande maîtrise de l'ironie (qui n'est pas sans nous rappeler celle de Jane Austen) et de l'émotion calculée au millimètre près. Son écriture est magnifique et très élégante.

J'avais adoré Nord et Sud et j'ai tout autant aimé Cranford même si les deux romans sont incomparables. Vous l'aurez compris, Cranford est un chef-d'oeuvre plein d'humanité et d'une tendresse contagieuse. Elizabeth Gaskell est un auteur à lire et à relire au plus vite !

 

Avez-vous vu l’adaptation de Cranford par la BBC? Qu'en avez-vous pensé?  

Fanny

 

 

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Dans les années 1820, Molly Gibson vit dans la petite ville rurale anglaise de Hollingford. Sa mère est décédée alors qu’elle était encore une toute petite fille et elle a été élevée par son père, médecin très respecté et apprécié de sa communauté, pour devenir une jeune femme généreuse, douce et intelligente. Molly est proche de son père et lui est très attachée. M. Gibson quant à lui, s’il n’est pas très démonstratif, reste néanmoins un père totalement dévoué à sa fille dont il veille au bonheur mais aussi à la bonne éducation. Ainsi, quand il découvre que l’un de ses apprentis s’est épris de sa fille, il envoie Molly quelques temps chez ses amis, les Hamley, une grande famille aristocratique des environs habitant un magnifique château. Molly y devient une amie chère de Mme Hamley et parvient également à adoucir M. Hamley, au premier abord un peu bourru. Les Hamley finissent par considérer Molly comme leur fille, eux qui n’ont que deux fils, Osborne et Roger. Molly va d’ailleurs avoir l’occasion de les rencontrer lors d’une de leur visite à leurs parents et va particulièrement se lier d’amitié avec Roger, le cadet de la famille et grand passionné de sciences. Pendant cette absence de Molly, son père décide de se remarier et ce dans l’intérêt de sa fille. Très absent du foyer du fait de son travail, il désire avoir un chaperon et surtout une mère pour Molly, maintenant que celle-ci entre dans un âge où de nouveaux enjeux se présentent et face auxquels le père sent que la présence d’une femme pour sa fille serait bénéfique. Il va donc épouser Mme Kirkpatrick, elle aussi veuve et qui a une fille de l’âge de Molly : Cynthia. Ce mariage est un bouleversement pour Molly qui a du mal à s’en réjouir. Sa vie va être complètement changée par l’arrivée de cette belle-mère, avec laquelle elle va devoir composer, et de cette demi-sœur, à laquelle elle va beaucoup s’attacher mais qui va se révéler très différente d’elle.

Le sous-titre du roman est « An Everyday Story » et c’est bien ce qui nous est offert par l’auteur. Elizabeth Gaskell nous dépeint ici plusieurs familles et s’intéresse plus particulièrement aux relations familiales : entre père et fille, mère et fille/belle-fille, père et fils etc et c’est ce qui rend le roman très riche en fournissant beaucoup de matière pour les intrigues de l’histoire. Le roman est aussi très  drôle. Gaskell utilise à ravir l’ironie jusqu’à parfois pousser les personnages jusqu’à la caricature, pour le plus grand bonheur du lecteur… Mme Gibson, par exemple, est ainsi bien sûr obnubilée par le désir de marier Cynthia et Molly et de préférence sa fille avant sa belle-fille même si elle se défend de traiter Molly comme sa propre fille. Ce désir est pour Gaskell l’occasion de nous offrir des scènes et discours de Mme Gibson très drôles !

Les personnages sont très attachants mais surtout intéressants car ils évoluent beaucoup au cours du roman. Molly, notre héroïne m’a beaucoup plu car elle est pleine de qualités mais présente aussi ses petits défauts ce qui la rend plus réelle et crédible. Je l’ai trouvée très touchante dans sa relation avec son père et son destin m’a tenue en haleine. Le roman est long mais je ne me suis pas du tout ennuyée, au contraire ! Les nombreux personnages offrent des moments drôles qui viennent rythmer une intrigue très intéressante. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’il ne m’a pas été possible de me douter de la fin du roman avant d’y arriver. J’avais mes espoirs pour le destin de Molly et des autres personnages, mais le roman est ponctué de révélations et rebondissements qui viennent à chaque fois remettre en question la fin qui semble tracée, ce qui m’a tenue accrochée jusqu’au bout !

Ce roman est le dernier écrit par Elizabeth Gaskell et reste inachevé car elle n’a pas eu le temps d’écrire le dernier chapitre. Ses intentions pour le destin final des personnages sont néanmoins connues et nous sont révélées en fin de livre, mais il faut avouer que l’on aimerait bien lire le dénouement de la belle plume de Gaskell elle-même !

Vous l’aurez compris j’ai adoré ma lecture et je crois même que Femmes et Filles est venu supplanter Nord et Sud dans mon cœur, que j’avais pourtant beaucoup aimé !

Emilie

 

Merci beaucoup à Fanny pour ce beau challenge qui 2071237519.pngnous a permis de mieux découvrir Elizabeth Gaskell ! 

 

28/01/2015

Le livre d'un été, Tove Jansson

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Sophie a perdu sa maman à sa naissance et depuis elle vit ses étés avec son père et sa grand-mère dans une cabane sur une île du golfe de Finlande. Elle est alors en harmonie avec la nature et les animaux. Elle vit pleinement et ses sens se développent grâce à sa grand-mère qui lui apprend à ressentir et à voir ces belles petites choses que nous ne voyons plus véritablement. Rien ne se passe réellement dans ce roman qui est à la fois un roman initiatique et un conte dédié à la nature. Cette grand-mère, sorte de sorcière bienveillante et bienfaisante, passe le flambeau de l'amour de la nature à Sophie et ne renonce pas à des aventures sur l'île malgré son âge. Sa complicité pudique avec sa petite fille est très touchante. Malgré sa fatigue, elle suit sa petite fille dans ses découvertes, l'accompagne et lorsqu'elle ne le peut pas elle revit à travers elle ses années passées et ses souvenirs. Ensemble, elles mangent le monde à pleines dents.

Le début de ce roman est atypique et nous déroute: les chapitres se suivent sans lien perceptible en décrivant les observations et activés de l'enfant et de la grand-mère sur cette île. Elles reconstruisent Venise avec des allumettes et bouts de bois dans le marais à côté de la maison, Sophie écrit un livre sur les vers de terre, elles plantent des fleurs, cherchent le dentier de la grand-mère tombé dans les fleurs ou écoutent les oiseaux. La curiosité de l'enfant fait naître des conversations graves qui ont pour sujet la mort, l'oubli, la vieillesse et Dieu.

Ce court roman de la Finlandaise Tove Jansson (très connue pour ces romans enfantins et pour les personnages des Moomins) n'a pas été sans me faire penser à certains écrits de Colette. Comme chez l'auteur française, l'enfance et l'amour de la nature ont la part belle dans ce roman. Le roman ne plaira pas à tous à cause de sa construction et d'une certaine simplicité. C'est justement cette simplicité qui est belle. La pudeur des personnages, leur complicité qui dépasse les mots et qui n'est visible qu'à travers leurs gestes et leur sensibilité font de ce roman une oeuvre douce et touchante à découvrir.  

 

" Elle demanda comment Dieu pouvait faire attention à tous les gens qui le priaient en même temps.
- Il est très sage, murmura la grand-mère en somnolant sous son chapeau .
- Réponds correctement, dit Sophie . Comment a-t-il le temps?
- Il a des secrétaires ...
- Mais comment arrive-t-il à exaucer votre prière s'il n'a pas le temps de parler avec ses secrétaires avant que ça ne tourne mal?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu'elle ne trompait personne et, finalement elle déclara qu'il s'était arrangé pour que rien ne puisse arriver entre le moment où on priait et celui où il recevait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arrivait quand on tombait d'un sapin et qu'on priait pendant qu'on était en l'air."

Fanny

21/01/2015

Frankie Addams, Carson McCullers

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Frankie Addams, adolescente aux jambes de sauterelle, a 12 ans et ne trouve plus de place dans sa vie qu'elle trouve trop étroite. Sa mère est décédée à sa naissance, son père l'ignore, les filles de son quartier ne veulent pas l'accepter dans leur club parce qu'elle est trop jeune, son cousin de six ans, John Henry, l'ennuie et l'agace et Bérénice, la femme à tout faire noire, la bouscule parce qu'elle comprend trop bien son mal être. Frankie souffre: elle ne supporte plus de vivre dans cette maison et dans cette ville du Sud des Etats-Unis qu'elle trouve laides, elle se sent prisonnière d'elle-même et elle a l'impression d'être abandonnée par tous car elle n'appartient à rien en étant trop jeune pour les adolescentes, trop vieille pour les enfants du quartier. Le passage de l'enfance à l'âge adulte est douloureux. Alors que cet été s'étire sans fin, que la radio annonce la Libération de Paris, que les parties de cartes dans la cuisine avec Bérénice et John Henry se multiplient, Frankie apprend que son frère va se marier. Elle rêve alors de quitter la ville avec son frère et sa fiancée pour les accompagner lors de leur lune de miel et faire ainsi le tour du monde. Ce rêve devient une obsession et une nécessité. Frankie étouffe et son comportement oscille entre profonde mélancolie et violence contre le monde mais aussi contre elle-même. 

Ce roman est singulier: je n'ai jamais rien lu qui puisse y ressembler. Le lecteur entre petit à petit dans l'univers de cette adolescente en souffrance. Le début peut paraître un peu long car Carson McCullers est soucieuse de plonger le lecteur dans l'esprit de Frankie. Dès lors les doutes, les souffrances et le mal être de Frankie deviennent ceux du lecteur. Cette lecture n'est pas aisée parce qu'elle met le lecteur dans des situations délicates: il se sent enfermé, parfois violent et mélancolique tout comme son héroïne. Le dénouement est inattendu et notre gorge se noue lorsque l'on tourne la dernière page. Je pense vraiment que ce roman ne peut pas laisser indifférent.

Vous l'aurez compris, ce roman est un véritable coup de coeur que je ne suis pas prête d'oublier et Carson McCullers est une sublime découverte! Un grand classique américain à lire au plus vite !

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"- Je voudrais que demain ne soit pas vendredi mais dimanche. Je voudrais déjà être partie d'ici.

- Il viendra ce dimanche, avait dit Bérénice.

- J'en doute. Il y a si longtemps que je veux quitter cette ville. Après le mariage, je voudrais ne pas revenir ici. Je voudrais aller quelque part, et que ce soit pour de bon. Je voudrais avoir cent dollars et pouvoir m’en aller vraiment et ne plus jamais revoir cette ville.

- Les choses que tu voudrais, ça fait beaucoup à mon avis.

- Je voudrais être n'importe qui excepté moi. "

Fanny

24/12/2014

Noël à Thompson Hall, Anthony Trollope

 

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Noël à Thompson Hall regroupe quatre nouvelles d'Anthony Trollope dont deux se déroulent à noël.

Dans la première nouvelle, Noël à Thompson Hall, Mrs Brown cherche par tous les moyens à persuader son mari de se rendre en Angleterre, dans sa famille, pour fêter Noël. Cela fait huit ans que Mrs Brown n'a pas fêté Noël dans sa famille et dans son pays mais cette année elle ne cèdera pas aux caprices de son mari !Cette nouvelle multiplie les quiproquos et les malentendus qui feront sourire le lecteur et qui lui rappelleront une comédie de boulevard.

Dans La Jeune fille du télégraphe, Lucy, jeune femme modeste mais possédant une détermination exemplaire, rencontre des difficultés financières lorsque son frère décède et qu'elle doit devenir indépendante. Cette héroïne, petite soeur de Jane Eyre, force l'admiration par sa modernité, son indépendance et son regard sur la condition féminine. Elle deviendra une amie mais aussi une sorte de guide pour Sophy, jeune fille cherchant un mari. Un nouveau voisin viendra perturber l'équilibre et l'entente entre les deux jeunes femmes colocataires.

Dans la nouvelle Alice Dugdale, Trollope fait encore la part belle aux jeunes femmes volontaires, déterminées et indépendantes. Alice Dugdale, jeune fille modeste s'occupant des enfants de sa belle-mère, est courtisée par le major Rossiter, jeune militaire admiré dans toute la région. Néanmoins, la mère de ce jeune homme a pour ambition d'avoir pour belle-fille une jeune femme en vue et non une modeste fille de médecin. Rossiter s'éloigne de son amour de jeunesse, Alice, pour passer des séjours chez l'important couple Wanless et ses nombreuses filles. Madame Wanless cherchera à marier l'une des filles, la plus belle bien entendu, à Rossiter au grand regret d'Alice. Le major ne saura plus quelle jeune femme épouser...

Les deux héroïnes de Plumplington met en scène Polly, fille d'un commerçant ayant fait fortune et Emily, fille d'un riche banquier. Ces deux jeunes femmes ont un point commun: elles veulent toutes deux épouser un homme que leur père juge d'une condition inférieure. Polly et Emily s'allient pour déjouer les plans de leur père respectif afin d'épouser les hommes qu'elles aiment. Aidées par le pasteur de la ville, elles ont l'ambition de faire céder leurs pères avant les fêtes de Noël !

 

L'objet livre est très beau: la couverture est magnifique et la maison d'édition L'Herne a glissé dans les nouvelles de belles illustrations de petite taille mais aussi sur des pages entières.

Ce recueil de Trollope fut ma première lecture de cet auteur que je lirai de nouveau avec plaisir ! Sans être inoubliables, ces nouvelles furent plaisantes à lire. J'ai particulièrement aimé me plonger dans les nouvelles ayant pour cadre les fêtes de Noël. Enfin, Trollope dresse de beaux portraits de personnages féminins résolument modernes et indépendantes.

Fanny

 

Lu dans le cadre du Challenge XIX siècle chez Fanny2071237519.png

02/11/2014

Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

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Suite au mariage de sa cousine avec laquelle elle a été élevée à Londres, Margaret Hale retourne vivre auprès de ses parents. Elle retrouve son village d’enfance : Helstone, où elle goûte et apprécie une vie plus calme faite de grandes promenades. Cette nouvelle vie à la campagne se retrouve vite bouleversée quand son père, pasteur, décide de quitter sa paroisse car il éprouve des doutes quant à l’église qu’il sert. La famille Hale doit donc quitter Helstone et emménage à Milton sur les conseils du vieil ami de la famille, Mr. Bell, qui voit là-bas l’endroit idéal pour permettre à Mr. Hale de se reconvertir en professeur privé. Ce déménagement est un choc pour l’ensemble de la famille car Milton, ville du nord de l’Angleterre, est une ville industrielle spécialisée dans le textile et offre ainsi un environnement et un mode de vie très différents de ce que la famille a pu connaître jusqu’alors. Margaret découvre progressivement les tensions qui existent au sein de Milton entre patrons et ouvriers. Au hasard de ses promenades elle se lie d’amitié avec une famille d’ouvriers, les Higgins, dont la fille Bessy est malade à cause des poussières de coton. A travers sa relation avec cette famille, Margaret découvre la misère et les conditions de travail difficiles des ouvriers. Elle est aussi amenée à côtoyer les grands patrons de Milton, et plus particulièrement Mr. Thornton, jeune patron brillant et élève de son père. Les relations entre Margaret et Mr. Thornton sont difficiles et marquées par l’incompréhension. Si Mr. Thornton essaye d’expliquer et justifier ses convictions de patron, il ne parvient pas à convaincre Margaret qui le voit comme un responsable de la vie difficile et tragique des ouvriers. Une série de malentendus va également venir perturber les relations entre Margaret et Mr. Thornton et rendre une possible entente encore plus incertaine.

 

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman et l’ai trouvé avant tout très intéressant. A travers l’opposition entre le nord et le sud de l’Angleterre, Elizabeth Gaskell nous dépeint le conflit entre deux classes, les patrons et les ouvriers. Bien que dépendantes l’une de l’autre, ces deux classes se déchirent et s’affrontent. Ceci nous est dépeint en grande partie grâce aux discussions politiques entre Margaret et Mr. Thornton, dans lesquelles les deux personnages s’opposent et, à travers eux les patrons et les ouvriers, que Margaret défend avec passion. Ce contexte est ainsi un vrai appui pour l’histoire et l’intrigue mais il présente également un intérêt en lui-même et permet au lecteur de se plonger dans la révolution industrielle anglaise.

Tout au long du roman, le lecteur découvre de nombreux personnages, dont certains très attachants, comme par exemple Bessy ou l’amusant Mr.Bell. J’ai également beaucoup aimé les personnages de Margaret et Mr. Thornton, qui forcent l’admiration chacun à leur façon car ils sont tous deux très forts mais aussi parfois vulnérables, ce qui les rend également très attachants. Je dois aussi dire que j’ai beaucoup aimé retrouver en eux et dans leur histoire un peu de Lizzie et Mr. Darcy…:)

 

Je suis ravie d’avoir (enfin !) découvert Elizabeth Gaskell et me réjouis à présent de lire ses autres romans ! En attendant je vais vite me jeter sur les adaptations de Nord et Sud car elles me font de l’œil depuis un bon moment !

Emilie 

 

Lu dans le cadre du challenge Les 100 livres à lire au moins une fois chez Bianca et dans le cadre du challenge XIXe siècle chez Fanny !   

 

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19/10/2014

L'Hôtel Stancliffe, Charlotte Brontë

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Sachant que je voue un culte aux soeurs Brontë et que Jane Eyre et Les Hauts des Hurlevent comptent parmi mes romans préférés, ma partenaire de blog, Emilie, a eu la bonne idée de m'offrir L'Hôtel Stancliffe pour mon anniversaire.

C'est à Zamorna, royaume fictif, et plus précisément à l'Hotêl Stancliffe que se déroule l'action. Le lecteur accompagne le narrateur,  Charles Townshend, lors de ses nouvelles rencontres et retrouvailles avec une galerie variée de personnages.

Ce court roman n'est pas aisé à lire car il n'a pas d'intrigue forte ni de personnages attachants. Plusieurs scènes et tableaux semblent se succéder sans avoir une finalité claire.

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L'inspiration de ce récit trouve ses origines dans l'enfance de Charlotte Brontë: son jeune frère, Branwell, reçut des soldats de plomb qu'il partagea avec ses trois soeurs. Les soldats de plomb déclenchèrent des jeux d'écriture et les enfants rédigèrent les aventures de leurs héros et inventèrent des royaumes fictifs. Ils formèrent alors des binômes d'écriture: Charlotte et Branwell d'un côté et Emily et Anne de l'autre.

Dans L'Hôtel Stancliffe, le lecteur retrouve le royaume et de les personnages inventés par Charlotte et Branwell.

Même si le lecteur passionné de Jane Eyre ou de Villette ne retrouvera pas la magie de ces romans, il ne peut qu'admirer les qualités de l'écriture de Charlotte Brontë qui n'a que vingt-deux lorsqu'elle rédige L'Hôtel Stancliffe. Je ne conseille pas ce roman aux lecteurs qui voudraient découvrir Charlotte Brontë mais il peut être intéressant pour les initiés.

 Fanny

 

Lu dans le cadre du Challenge XIXe siècle chez Fanny ! challenge-xixe.jpg

14/09/2014

Vipère au poing, Hervé Bazin

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Ecrit en très peu de temps, comme si l'auteur ressentait une nécessité pressante de vomir son enfance, Vipère au poing est un long cri de haine d'un adolescent contre sa mère. Cette mère, plus diabolique et malfaisante que toutes les belles-mères des contes de Perrault, surgit dans la vie de ses deux garçons élevés par leur grand-mère à la suite de la mort de cette dernière et s'installe dans le domaine familiale avec un père démissionnaire et un petit frère inconnu.

La tragédie commence alors et Folcoche, c'est ainsi que ses trois fils la surnomment, empoisonne la vie de ses enfants en leur faisant subir toutes sortes de tortures: elles les bat, les prive de nourriture, de chauffage... Faible, le père préfère s'enfermer dans son bureau pour épingler et étudier toutes sortes de mouches et ferme les yeux sur ce qu'il se passe sous son toit. Les trois frères décident alors de contrer les plans de leur mère et Jean (le deuxième enfant qui n'est autre qu'Hervé Bazin) devient le chef de l'opposition.

Dans ce roman largement autobiographique, Hervé Bazin raconte les souffrances enfantines qui n'ont pas été sans conséquences sur sa vie d'adulte et sur son rapport aux autres. La haine et la méfiance furent les premiers sentiments dans son coeur d'enfant et ils laissent des traces indélébiles dans sa vie d'adulte. Ce roman est inoubliable car il crée une figure maternelle comme on a peu l'habitude d'en croiser mais aussi parce que loin de vouloir nous apitoyer sur son enfance, Hervé Bazin déploie une ironie mordante sur toutes choses: sur sa famille, sur la bourgeoise, sur tout ce qui a fait sa vie d'enfant et qu'il rejette en bloc. 

J'avais lu ce roman en classe 3e, il s'agissait donc d'une relecture pour moi. J'ai apprécié cette relecture qui m'as permise de découvrir ce roman avec un nouveau regard apporté par les années.

Ce roman montre avant toute chose aux adolescents qui le lisent que l'on survit à toute chose et que l'adulte n'en est que plus fort.

Le lecteur se souvient longtemps de cette lecture dans laquelle il voit un enfant soumis et humilié devenir un jeune homme qui avance une vipère à la main et qui brandit devant lui son enfance malheureuse surmontée.  

Fanny