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17/06/2019

La sorcière de Salem, Elizabeth Gaskell

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De nouveau je triche un peu avec une autrice anglaise mais un fait historique et une intrigue qui se déroule aux Etats-Unis. 

La Sorcière de Salem débute par l'arrivée de Loïs Barclay dans la ville de Boston en 1691. Orpheline, enfant unique, Loïs se voit forcée d'immigrer aux Etats-Unis après le décès de sa mère. Elle quitte la vieille Angleterre pour la Nouvelle Angleterre, le coeur gros et se remémorant la malédiction qu'une vieille sorcière lui a lancée lorsqu'elle était enfant. Cette femme accusée de sorcellerie, maltraitée et insultée par tous, a prédit que la petite Loïs connaîtrait un jour ce sort. 

Loïs se rend à Salem où l'attendent un un oncle, une tante, un cousin et des cousines qu'elle n'a jamais rencontrés puisque sa mère et son oncle ne se sont plus vu depuis fort longtemps après un différend religieux. Loïs vit tout d'abord une existence apaisée à Salem, aux côtés d'une tante qui reste distante avec elle mais aussi de cousines qui s'attachent rapidement à la jeune anglaise. Loïs devient la confidente de Grace, la plus âgée de ses deux cousines. Son étrange cousin, Manasseh, lui demande instamment sa main, jurant qu'il entend une voix les menaçant tous les deux d'une mort terrible s'ils ne deviennent pas époux. Loïs n'a de cesse de repousser le jeune homme. Alors que la tante voudrait éloigner Loïs de son fils, que Grace est jalouse de la complicité de l'anglaise et du jeune pasteur, l'hystérie s'empare de Salem. Des jeunes filles affirment que des sorcières vivent à leurs côtés et tous sont décidés à les croire ... 

Elizabeth Gaskell décrit ces événements tragiques qui ont marqué durablement la conscience collective et qui fascinent toujours aujourd'hui. L'autrice nous donne à voir la paranoïa qui s'empare de la ville mais aussi du microcosme de cette famille qui semblait raisonnable. Loïs Barclay ne fait pas partie des véritables personnages historiques ayant vécu ces événements mais la fiction n'empêche pas l'autrice de retranscrire la folie collective et l'atmosphère de délation et de soupçon même si le roman est très court. L'héroïne va croiser sur son chemin des acteurs historiques comme le juge du procès des sorcières, John Hathorne, grand-père de l'auteur Nathaniel Hawthorne.

La Sorcière de Salem est un titre peu connu d'Elizabeth Gaskell. J'ai aimé lire ce court roman mais je regrette que la romancière n'en ait pas fait un récit plus long pour développer la personnalité des personnages et la description de la chasse aux sorcières dans Salem. 

Lu dans le cadre de la journée du surnaturel organisée par Titine et Lou. 

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16/06/2019

Mary Ventura et le neuvième royaume, Sylvia Plath

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J'ai lu pour la première fois Sylvia Plath il y a deux ans et j'ai été époustouflée. La Cloche de détresse fait partie de ces livres qui marqueront ma vie de lectrice. Depuis, je cherche à découvrir la biographie de l'autrice et à lire l'ensemble de ses œuvres. 

Les éditions de La Table ronde ont lancé une nouvelle collection, "La Nonpareille". Cette collection publiera quatre nouvelles inédites par an dans un petit format.

Mary Ventura et le neuvième royaume est la première publication de "La Nonpareille" et l'objet livre est très beau. 

Il s'agit d'une nouvelle que Sylvia Plath a écrit en 1952, quelques mois avant sa première tentative de suicide, alors qu'elle était étudiante. Le magazine Mademoiselle refusa de la publier. 

La nouvelle débute sur le quai d'une gare. Une jeune fille est encouragée par ses parents à monter dans le train. Elle n'en a pas envie, semble craintive mais ses parents insistent et elle s'exécute. Ce voyage et cette séparation d'avec les parents semblent alors devenir symboliquement le passage à l'âge adulte, la découverte de l'indépendance et l'inquiétant choix de notre destin. Elle découvre alors dans le train un monde qui commence par la fasciner, elle se lie avec une autre passagère, profite du wagon-restaurant avec joie mais petit à petit l'atmosphère devient oppressante. La voyageuse qui l'accompagne lui explique que le train ne s'arrêtera pas avant le neuvième royaume. Ce dernier arrêt est un lieu mystérieux et inquiétant mais la plupart des passagers " se résignent" à y descendre selon elle. Mary panique, elle est déterminée à ne pas se résigner et à descendre du train avant d'arriver au neuvième royaume. 

" Il n'y a pas de voyage de retour sur cette ligne, dit la femme avec douceur. on ne revient pas en arrière une fois qu'on est neuvième royaume. C'est le royaume de la négation, de la volonté pétrifiée. Il a un tas de noms différents."

Sylvia Plath qualifiait cette nouvelle de "vague conte symbolique". Ce récit qui semble tout d'abord assez léger se complexifie au fil des pages pour s'enrichir d'une lecture symbolique. Ce voyage en train d'une jeune fille devient la métaphore de diverses interprétations. Mary Ventura et le neuvième royaume est une nouvelle captivante dont la chute est inattendue. Le lecteur trouve déjà en germe les qualités et la complexité de La Cloche de détresse. La plume de Sylvia Plath ne laisse pas le lecteur au repos, il retient son souffle et lit d'une traite ce récit. 

Mary Ventura et le neuvième royaume est une très belle lecture pour les amoureux de Sylvia Plath et pour ceux qui voudraient la découvrir.

Je remercie vivement les éditions de La Table Ronde pour leur confiance et pour la publication de ce petit bijou. 

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15/06/2019

Rendez-vous avec le mal, Les détectives du Yorkshire, Julia Chapman

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Comme beaucoup d'entre vous je suis tombée sous le charme de la série des Détectives du Yorkshire l'année dernière. L'Angleterre, un duo d'enquêteurs attachants, une intrigue plaisante et les sublimes couvertures d'Emily Sutton ont suffi à me conquérir dès le premier tome, Rendez-vous avec le crime.

J'ai donc retrouvé Samson O'Brien, Delilah Metcalfe et les habitants du village de Bruncliffe avec joie en lisant ce second tome.

Tout commence avec la visite de Mme Shepherd à l'Agence de Recherche des Vallons appartenant à Samson. La vieille dame est persuadée que de curieux événements ont eu lieu à la maison de retraite de Fellside Court, la maison de retraite dans laquelle le père de Samson vit également. Elle dit avoir été témoin de plusieurs vols et se pense en danger. Samson croit tout d'abord avoir affaire à une vieille dame un peu sénile, dont l'imagination s'emballe. Pourtant, quand Mme Shepherd est retrouvée morte et que ses camarades témoignent de la peur qu'elle a manifestée durant les heures précédant son décès, Samson regrette de ne pas avoir pris sa demande d'aide au sérieux. Il peut alors compter sur Delilah pour l'épauler dans cette nouvelle enquête.

Rendez-vous avec le mal offre un très bon moment de lecture. Je l'ai même préféré au premier tome. Même si l'intrigue policière n'est pas très complexe, j'avais découvert l'assassin rapidement alors que d'habitude je ne brille pas dans la résolution des enquêtes, elle est agréable à suivre et pleine de rebondissements. Les personnages sont attachants, le duo d'inspecteurs que l'on aime suivre dans leur déboires personnels, mais aussi la troupe de personnes âgées de la maison de retraite. L'humour est également bien présent dans les dialogues. Même si nous ne sommes pas dans la saison propice, j'ai aimé me retrouver à Noël dans le village de Bruncliffe.

Julia Chapman et ses détectives du Yorkshire sont une solution idéale pour passer un agréable moment et si vous cherchez un roman qui se dévore.

Lu dans le cadre de la journée Julia Chapman organisée par Lou et Titine.

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11/06/2019

Le Signe des 4, Arthur Conan Doyle

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J'ai un peu triché avec cette lecture, Conan Doyle est un auteur écossais mais il n'y a pas plus anglais que son héros ! 

Sherlock Holmes s'ennuie ferme. Pour conjurer l'absence d'enquête, il est prêt à se droguer sous l’œil inquiet du docteur Watson lorsqu'une jeune femme demande à le voir. Mary Morstan leur explique que chaque année elle reçoit par la poste une perle d'une grande valeur. Son père a disparu depuis longtemps. Cette fois-ci la perle est accompagnée d'une lettre qui lui fixe un mystérieux rendez-vous. Elle demande alors à Holmes et Watson de l'accompagner et d'épier cette rencontre. 

De multiples aventures suivent : un meurtre, un trésor disparu, des révélations et une course poursuite en bateau. Pour résoudre le meurtre présent, Sherlock Holmes devra résoudre une énigme vieille de plusieurs dizaines d'années et chercher la solution dans une lointaine colonie : L'Inde.

Le Signe des quatre est un roman distrayant et agréable. Depuis ma lecture de l'Etude en rouge, il y a plus de deux ans, je souhaite découvrir les aventures de Sherlock Holmes dans l'ordre de parution pour suivre l'évolution des relations entre les deux héros. Dans Le Signe des quatre, le lecteur assiste à la rencontre du docteur Watson avec celle qui va devenir sa future épouse. Même si la fin est particulièrement réussie, l'enquête de ce tome-ci m'a moins conquise que celle de l'Etude en rouge ou du Chien des Baskerville. 

 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Titine et Lou.

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07/06/2019

La mort dans les nuages, Agatha Christie

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Melle Giselle, une française d'un certain âge, est assassinée dans un avion qui relie l'aéroport du Bourget à celui de Croydon. Elle a été piquée par un dard empoisonné et les passagers se souviennent d'avoir chassé quelques guêpes pendant le vol. Personne n'était assis à côté de la vieille femme, personne n'a rien remarqué de spécial, personne ne s'est approché d'elle si ce n'est les stewards. Hercule Poirot lui-même, assis tout près de la victime, n'a rien vu. Pourtant, l'assassin se trouve forcément parmi les voyageurs. Mais lorsqu'une sarbacane, vraisemblablement l'arme du crime, est retrouvée sous le siège du célèbre détective et qu'il devient ainsi le premier suspect, Hercule Poirot se promet de résoudre l'énigme et de se disculper. 

C'est toujours un plaisir de retrouver Hercule Poirot et l'ambiance si particulière des romans d'Agatha Christie. La Mort dans les nuages m'a tout d'abord décontenancée : je pensais que le roman serait un huis clos dans l'avion, à la manière du Crime de l'Orient Express mais très rapidement les suspects rejoignent la terre ferme et vaquent à leurs occupations. Hercule Poirot enquête alors entre Londres et Paris, collaborant avec la police française pour résoudre ce meurtre qui les laisse tous sans voix. Remise de cette première surprise des allées et venues entre la France et l'Angleterre, je me suis rapidement plongée dans l'intrigue et n'ai pas découvert l'identité de l'assassin. J'ai apprécié ma lecture mais La Mort dans les nuages n'est pas le meilleur des Agatha Christie. Il reste toujours le plaisir de suivre le cheminement des petites cellules grises d'Hercule Poirot et ce n'est déjà pas rien !

 

Lu dans le cadre de la lecture commune d'une Agatha organisée par Lou et Titine. 

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30/05/2019

Le 8e mois anglais

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Je suis ravie de retrouver le mois anglais une nouvelle fois. Ce rendez-vous, ces lectures, ces discussions sont vraiment de véritables bonheurs.

Je suis devenue très irrégulière sur le blog mais je n'imagine même pas manquer le mois anglais organisé par Lou et Titine cette année ( et de gros bisous pour Cryssilda ).

Comme toujours, il est tentant de préparer une PAL démesurée et j'espère réussir à participer à toutes les lectures communes possibles sans forcément toutes les chroniquer. 

  • Un cosy mystery : 3 juin : Agatha Raisin, Chantage au presbytère, MC.Beaton
  • Album ou roman jeunesse : 4 juin : relecture de Harry Potter à l'école des sorciers
  • Agatha (Christie / Raisin / Frost) : 7 juin : La Mort dans les nuages, Agatha Christie
  • Album ou roman jeunesse avec le challenge ou Julia Chapman : 15 juin : Rendez-vous avec le mal, Julia Chapman
  • RDV surnaturel (roman adulte ou jeunesse / BD avec fantômes, vampires, sorcières…) : 17 juin : La Sorcière de Salem, Elizabeth Gaskell 
  • Journée victorienne (auteurs victoriens ou récits ayant lieu à cette époque) : 21 juin : Shirley, Charlotte Brontë
  • Et sans lecture commune : Jeunesse perdue de Daphné du Maurier et Le signe des quatre d'Arthur Conan Doyle

Bon mois anglais à tous !

Vous pouvez retrouver le mois anglais sur facebook ( la page "le mois anglais ") et sur instagram ( le compte "lemoisanglais")

Merci encore Lou et Titine.

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17/05/2019

La mort de Camus, Giovanni Catelli

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Albert Camus a-t-il été assassiné ? L'accident de voiture qui a coûté la vie au prix Nobel en était-il vraiment un ? Et si l'Histoire avait passé sous silence la vérité sur ce qu'il s'est passé le 4 janvier 1960  ?

Giovanni Catelli ne se contente pas de se poser ces questions mais il y répond dans La mort de Camus.

Albert Camus est mort depuis bien longtemps lorsque l'auteur découvre une curieuse note dans le journal intime du traducteur et poète tchèque Jan Zàbrana. Durant l'été 1980, il écrit qu'un de ses amis a appris de source sûre que l'accident qui a tué Albert Camus maquillait un meurtre. Le pneu de la voiture de la famille Gallimard aurait été volontairement tailladé. L'ordre de tuer Camus avait été donné par le ministre des affaires étrangères Sepilov et aurait été exécuté par un espion russe. 

Depuis 1957, Albert Camus attaque explicitement ce ministre russe dans des discours en dénonçant son rôle dans les massacres qui suivirent la révolution hongroise de 1956. Les Soviétiques ne pardonnent pas non plus à Camus d'avoir soutenu la candidature et l’obtention du prix Nobel de Boris Pasternak en 1958. Pasternak, dont Le Docteur Jivago est interdit en URSS, est considéré comme un ennemi public. 

Par ses prises de parole, Camus gêne l'URSS mais aussi la France qui s'apprête à organiser une rencontre entre le Général de Gaulle et Krouchtchev en mars 1960. Les services secrets français sont infiltrés par des espions du KGB  qui ont tout intérêt à taire les véritables causes de la mort de Camus.

En suivant les traces de Camus, Pasternak et Zàbrana, entre Paris, Moscou et Prague, l'auteur réunit des témoignages et propose cette hypothèse à laquelle nous avons envie de croire. Le lecteur suit cette enquête avec un plaisir évident découvrant les milieux intellectuels pendant la Guerre froide mais aussi un récit glaçant des faits et gestes du KGB parvenant à dissimuler leurs crimes sous les apparences de simples accidents.  

La mort d'Albert Camus se lit d'une traite, comme un roman policier haletant qui interroge le passé pour tenter de restaurer la vérité des faits.

« Une fois assimilées les preuves présentées par Catelli, il devient difficile de ne pas arriver à cette même terrible conclusion. Ainsi, « accident de voiture » devrait désormais être classé au rang d'assassinat politique » – et c’est ainsi que, à quarante-six ans, Albert Camus a été réduit au silence. »  Paul Auster

 

Je remercie vivement les éditions Balland et monsieur Giovanni Catelli pour cette découverte. 

 

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