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15/11/2014

Je voulais te dire, Louisa Young

 

 

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Je remercie tout d'abord Madame Liebow et les éditions Baker Street de m'avoir envoyé ce roman et de m'avoir ainsi fait découvrir cette histoire.

Tout débute par pur hasard lorsque Riley reçoit une boule de neige en plein visage dans Kensington garden. Cette boule de neige a été lancée par le cousin de Nadine Waveney et permet la rencontre entre deux enfants qui ne se quitteront plus. Riley et Nadine viennent de deux milieux que tout oppose: il appartient à la classe ouvrière alors qu'elle est bourgeoise. Pourtant, Riley intègre petit à petit le monde de Nadine en travaillant pour Sir Alfred, un peintre ami de la famille Waveney et développe ainsi des ambitions inhabituelles pour sa classe sociale.

Nadine et Riley deviennent de jeunes gens et leur amitié enfantine se transforme en amour impossible. La famille de Nadine, qui s'était attachée à Riley lorsqu'il était enfant, ne voit plus d'un très bon oeil le jeune homme qu'il est devenu et s'oppose à l'idée d'une quelconque relation amoureuse. Lorsque la guerre est déclarée, Riley, comme tous les autres, est persuadé qu'elle sera courte et il s'engage pour toute la durée de la guerre. Il semble prendre cette décision déterminante sur un coup de tête car il considère son amour pour Nadine comme impossible et il ne désire pas l'ennuyer avec ses sentiments.

La guerre engendre une multitude de rencontres et le lecteur découvre alors de nouveaux personnages comme Peter le supérieur de Riley dans les tranchées, Julia son épouse vivant à l'arrière et cherchant inlassablement à se perfectionner physiquement pour le retour de son mari mais aussi Rose, cousine de Peter, qui est une infirmière courageuse et n'espérant plus se marier.

Les destins de ces deux couples et de Rose ne cesseront alors plus de se croiser pendant la guerre mais aussi après.

DSCN3112.JPGJe découvre Je voulais te dire après avoir lu le second tome, Ravage, mais je retrouve avec joie les personnages. J'ai passé un agréable moment avec ce livre et j'ai toujours aimé suivre le destin de ses personnages même si je connaissais par avance ce qu'ils allaient devenir.

Louisa Young aborde d'une manière originale la première guerre mondiale en s'intéressant au travail de la médecine et aux progrès effectués pour "rendre" un visage aux gueules cassées. J'ai particulièrement aimé les moments où Riley réapprend à vivre en communauté et à montrer son visage.

J'ai aussi beaucoup aimé le traitement de la condition féminine en temps de guerre. Les trois personnages féminins nous apportent trois points de vue différents sur la guerre et sur la place des femmes. Elles considèrent toutes les trois qu'il est nécessaire de s'engager et d'aider les blessés. Julia, qui n'en est pas capable, apporte un regard intéressant sur la société du début du XXe siècle et elle en est une des premières victimes. Elevée pour être belle et pour rendre heureux son mari, elle n'est plus rien lorsque son mari n'est plus là et qu'elle ne peut plus être admirée par d'autres hommes. Julia devient alors le symbole des femmes qui n'ont pas réussi à faire aussi ce pas de géant que la société a effectué en temps de guerre en donnant une place de premier choix aux femmes devenues chauffeuses d'ambulance, infirmières, travailleuses dans les usines ou encore agricultrices.

J'ai aimé découvrir à la fin du roman que certains personnages avaient existé et que Louisa Young a puisé son inspiration dans sa propre famille. Et enfin,étant une grande admiratrice et lectrice de James Matthew Barrie, le père littéraire de Peter Pan, j'ai été heureuse de retrouver l'auteur devenu personnage sous la plume de Louisa Young.

Fanny 

Roman lu dans le cadre du lecture commune avec Claire, Fanny et Isabelle et du Challenge Première guerre mondiale organisée par Claire !  c43t.jpg3257094219.jpg  

15/10/2014

Ravages, Louisa Young

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 Résumé de l'éditeur:

Ils se sont battus côte à côte dans les tranchées des Flandres quatre années durant, ils sont revenus en Angleterre, l'un totalement défiguré, l'autre sombrant dans l'alcool et se réfugiant dans un univers peuplé de fantômes; aussi dévasté psychologiquement que son camarade l'est physiquement. La guerre a aussi beaucoup éprouvé les femmes qui les attendaient : elles vont essayer de les comprendre, mais les dégâts sont lourds et les séquelles tenaces ; la réadaptation est un défi permanent.

Trouver du travail quand la seule vue de votre visage fait fuir n'est pas chose aisée..mais Riley Purefoy a de la ressource et va s'inventer un métier sur mesure. Quant à Peter Locke, de toute apparence une véritable épave, le chemin pour qu'il se retrouve et renoue avec la vie sera long et tortueux. Dans cette puissante suite à son roman best-seller, Je voulais te dire, Louisa Young relate le difficile retour " à la normale " après les terribles années de guerre, véhiculant encore une fois un message profondément humaniste.

Elle souligne le gâchis de tant d'existences, d'énergie et de potentiel, démontrant le gouffre qui sépare ceux qui se sont battus de leurs proches qui ne parviennent pas à imaginer la réalité effroyable vécue par ceux qui ont été dans les tranchées, et en seront hantés toute leur vie. Avec ce portrait d'une société encore sous le choc de ce séisme, tiraillée entre espoir et affliction, lumière et ténèbres, la volonté de reconstruire sa vie et le poids de souvenirs écrasants, Louisa Young lance un cinglant réquisitoire contre la guerre et loue le courage et la résilience de toute une génération.

 

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Mon avis:

Je tiens tout d'abord à remercier vivement la maison d'édition Baker Street, Madame Liebow et Babelio pour ce beau cadeau ! Le livre en tant qu'objet est très beau, je trouve que la couverture et le titre sont très bien choisis et donnent envie de découvrir le roman.

Le lecteur suit le retour à la vie civile de deux soldats anglais qui reviennent des tranchées meurtris par les innombrables ravages de la guerre. Riley est défiguré et ne sait comment s'habituer à ce nouveau visage qui inspire la pitié de ceux qui le voient. Il ne sait comment retrouver sa place dans un pays qui ne veut plus lui donner de travail alors qu'il a sacrifié quatre ans de sa vie pour le sauver. Quant à Peter, il retrouve une femme changée et un enfant timide. Il noie son chagrin dans l'alcool et trouve un infime réconfort en lisant sans répit l'Iliade et l'Odyssée. Mais le lecteur vit également ce retour de l'Enfer du point de vue des épouses de ces deux soldats, Julia et Nadine et d'une amie, Rose.

Comment faire lorsque son mari ne parvient plus à parler, que l'on ne peut plus embrasser ce qui lui tient lieu de bouche et qu'il n'est plus celui que l'on a connu? Comment reconstruire une vie de famille avec un homme qui vous fuit et qu'un lourd silence s'abat sur la maison que rien ne parvient à rompre? Comment faire pour se débarrasser de son sens du devoir et conquérir sa propre liberté lorsque l'on est une femme en 1919?

Ces hommes, véritables héros à qui leur pays doit tout, luttent désormais pour gagner une paix tourmentée par les fantômes des amis laissés sur les champs de bataille en France.

Cette reconstruction de soi et le retour à une vie "normale" (même si leurs vies ne seront plus jamais "normales" après ce traumatisme) sont lents et le chemin vers une réconciliation avec la vie est semé d'embûches.

 

Le lecteur qui a lu le premier roman de cette série, Je voulais te dire, détient un plus grand nombre d'informations sur les personnages et sur ce qu'ils ont vécu pendant la guerre. Néanmoins, je n'ai pas encore lu Je voulais te dire et j'ai tout de même adoré Ravages car Louisa Young guide son lecteur avec minutie et nous donne les clés pour comprendre les personnages et deviner leur passé. Ravages se suffit à lui-même.

 

L'écriture et l'intrigue de Louisa Young m'ont séduites du début à la fin. Le lecteur est happé par ces histoires d'amour et d'amitié. Certains événements chamboulent le récit et l'auteur tient son lecteur en haleine jusqu'à la fin. Le cadre de l'après guerre est très bien rendu et tous les ennuis que rencontrent les personnages sont très intéressants car ce ne sont pas forcément les premiers problèmes qui nous viennent à l'esprit lorsque l'on pense à une guerre.

La vulnérabilité mais aussi la force de ces personnages les rendent très attachants et le lecteur entre totalement en empathie avec ces hommes et ces femmes.

J'ai beaucoup aimé la grande pudeur et sensibilité de ce roman où toutes les souffrances se devinent dans les silences entre les personnages et s'imaginent dans les regards qu'ils se lancent.

 

Ravages est un très bel hommage aux hommes tombés pour leur pays, aux hommes revenus détruits physiquement et mentalement mais aussi aux femmes qui ont lutté de leur côté, qui les ont attendus et qui étaient prêtes à reconstruire la paix avec eux à leur retour. Je conseille donc très vivement la lecture de ce très beau roman !

 

Quelques phrases du roman:

" Le temps file, et ils souffrent tous. Il y a eu tant de silence, et il est si difficile de dire si c'est le silence du repos, de la paix et de la réflexion, ou celui de la peur et de la solitude, du vide et des faux-semblants. Est-ce qu'ils sont en train de mourir, là, derrière leurs portes fermées? Ou bien est-ce qu'ils essayent de s'y faire à leur manière, en prenant le temps qu'il faut?"

 

Fanny

 

Lu grâce aux Editions Baker Street et grâce à Babelio!

 

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Le roman entre également dans le challenge Première Guerre mondiale chez Claire

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